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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Le petit caporal.

Dans la cour immense de la caserne, figés et alignés les hommes de troupes attendent en silence. Soudain, devant un peloton...

-"Gare à vous" !

Encore un capo qui se prend pour un juteux...

-"En avion, arch..."

-"Ane, boeuf, han, oeuf....Han, heu..."

Les Pensées défilent en silence, tandis que les hommes marchent au pas.

Des capo's, il n'en manque pas. Dès qu'un gradé veut en imposer, il en nomme de nouveaux !

Plus il y a de cerveaux malades, moins on est intelligents !

C'est le coup de la fausse promotion.

Ça a la couleur du grade, le goût de la fonction, mais c'est une couillonade qui baise bien, même sans le viagra de l'augmentation !

Comme un adjuvant d'adjudant, on se sent pousser tout de suite des crocs, puis, c'est prêt à mordre et en plus...ça bave.

Par contre côté couilles...c'est pas ça !

Dès que ça pétarade, t'en verra jamais un pour passer devant. Faites ce que je dis, pas ce que je fais...des fois qu'on pourait bien me le reprocher !

Dans cette armée en compote, on nous a fait plus d'une fois le coup du népotisme rugbystique, normal dans le midi !

Mais là, depuis quelques temps, la couleur a changé.

On se croirait chez les ruscofs.

Stalinisme et copinage accouchent de ces êtres incompétants qui te pompent l'air tandis que leurs frangins te le brassent...La clim gratos !

De véritables commissaires politiques garants de l'absurdité totale et d'autant plus serviles qu'ils ne comprennent rien. Forcément, ce sont des minables qui d'un coup voisinent les étoiles et qui dans un regard se prendraient pour des dieux..

Ça tombe bien, vu que ça va chauffer.

Perception de l'armement et des munitions...

Les regards se font lourds tandis que les imbéciles sourient bêtement.

Visiblement, ces capos, ils pigeront jamais qu'en face c'est pas des tartes à la crême qu'ils t'envoient.

Puis, c'est l'attente qu'en finit pas d'espérer, les uns qui voudraient en découdre et les autres de rentrer...

Ceux qui savent ont ce regard lourd des soufrances et de l'absurdité de ce mécanisme atroce qui broie les corps et dévore les âmes. Ils ont vécu l'expérience hors du temps et d'eux mêmes dans ces espaces où l'on renonce à être ce que l'on a été.

Morts avant que d'être sont tous les survivants !

Ceux qui se sont accrochés aux débris flottants de leurs habitudes de vie, de leur culture, de leurs petits nids de certitudes, ont rencontré le visage réel et stupéfiant de leur condition humaine, réduite à la triste grimace de ce dernier rictus.

Mourir ou mourir pour faire subsister de lointains souvenirs aux quels on ne croit plus.

Dans la tourmente aigre, lorsque tout s'effondre, échapper au chaos c'est y plonger de tout son être et dans ces flots agités devenir la lâme qui emporte autant que le rocher sur le quel tant d'avenirs se brisent.

Lorsque plus rien n'a d'importance parce que tout revêt d'autres apparences et qu'on ne s'appartient plus. Lorsque c'en est un autre qui agit en nous et que nos gestes ne sont plus tout à fait les nôtres. Là, lorsque l'on en réchappe, rien n'est plus pareil.

C'est dans ce regard lourd et vide à la fois que se croisent les rescapés de tous les combats. Ceux là sont des guerriers et les autres ne le sont pas.

Marionettes indolentes ils marchent sur leurs fils, espérant une liberté qui est une utopie...

-"Arm su les paul troite, en ave han, arch !"

Et ça recommence, -"han ! Heu !...Han, bœufs !..."

Ce coup ci c'est chargés comme des mulets que tout se fige dans cette cour qui se rétrécit alors que battent les coeurs roulants comme un tambour. L'ivresse sournoise paralyse les cerveaux embrûmés. Le temps devient une lame d'acier qui déchire toute certitude. Il n'en existe plus qu'une, celle de la réalité de cet éternel présent.

Vides sont les têtes qui voient maintenant ce qu'elles ne croyaient pas.

Sous les casques vissés, les cranes apparaissent avec leurs orbites évidées sur un sourire que l'habitude arrache à l'absurdité.

Et le capo d'en rajouter : -"Hardes à vous, peaux..."

Pendant que ça manoeuvre vers d'autres horizons, plus de pensées profondes, on a touché le fond.

Les odeurs de fumées et celles des peurs suintantes sous l'uniforme de la destinée font un cortège macabre et presque reposant.

Puis, tout s'enchaine et se déchaine.

Faire corps et âme, c'est tout ce qui subsiste. A la fois bras et jambes, chacun y prend sa part devenant un morceau indissociable du reste. Fraternité oblige, quand la machine avance les sens n'en sont plus qu'un.

Au réveil de l'absurde le petit caporal est mort.

Un trou entre les épaules...

Saura t'on jamais vers où il pouvait aller ?

Si c'était en fuyant ou par quelque vengeance que sa course vagabonde s'effondra dans la boue...

Les années sont passées et c'est tellement bon qu'elles s'effacent en ne laissant au front que quelques souvenirs.

Tant de douleurs viennent comme des rhumatismes hanter parfois les coeurs.

Certains en sont brisés, d'autres s'amputent de ce qu'ils ont vécu.

Pourtant, dans un dernier sursaut et un cri de douleur, le retour au passé a le goût de la peur face à ce danger qui nous a révélés.

Transcendés mais vivants, y échapperons nous une nouvelle fois ?

Ou alors c'est fini et rien n'a d'importance...

Soldats de plomb au fond d'une boite oubliée, nous attendrons demain qu'une main malhabile vienne nous libérer...

S.

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