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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Communiquer, c'est créer des liens, faire communiquer c'est relier !

Bassins de populations et cuvettes isolées ne peuvent exister sans ces vecteurs de communication que sont nos routes et chemins de fer.

Or, l'intérêt décroissant avec la distance ou le temps de trajet, c'est selon, il se trouve que nous ne sommes plus en tête d'un plateau ni des préoccupations politiques de nos dirigeants.

La 118 était une route nationale. Elle est devenue une "route touristique" néanmoins vitale lorsque la RN 116 et la RN 20 sont bloquées...

Alors, comme nous l'avons déjà vécu à quelques reprises, d'un seul coup tout s'inverse comme si le magnétisme de la terre venait de retrouver un ancien équilibre.

Cependant l'état de cette voie de communication délaissée par l'Etat révèle la complexité des rapports entre trois départements, qui plus est, se trouvent dans deux régions différentes...

Là est peut être le hic !

Pourtant, il me semble qu'ils sont tous ou presque du même bord...

Le canton de Quérigut, nos voisins immédiats, est isolé directement de son chef lieu pendant 6 mois de l'année. De l'autre côté, le plateau de Sault, déjà coupé en deux par le lit de l'Aude, se retrouve dans un retranchement temporel lié à l'étroitesse de sa voirie.

Si ce n'était l'état actuel des routes, ces lieux ont toujours communiqué entre eux et avec nous. Aujourd'hui, les moyens de transport ne sont plus de la largeur d'une paire de bœufs attelés. Croiser avec un bus, un fardier chargé de grumes, relève de l'exploit !

Vu que pratiquement tous les efforts se portent vers le réseau routier périphérique des cités urbaines et des axes Nord Sud, nous échappons à la marche forcée du progrès...

Si l'on se place du côté des amoureux de la terre sauvage et de l'espace naturel, qui s'en plaindrait ?

Or, il se trouve que la majeure partie de ces "amoureux" vivent le plus clair de leur temps en ville et c'est souvent une vision idyllique de la montagne qu'ils entretiennent à distance.

Pour ceux qui y vivent comme pour ceux qui en vivent, le point de vue diverge considérablement, surtout à l'heure de payer les denrées alimentaires et autres nécessaires achats.

Ne parlons pas des professionnels du tourisme qui sont soumis à une crise économique sans précédant et voient s'effondrer leur avenir avec ce changement de polarité vectoriel qui nous éloigne de tout intérêt immédiat.

Pour autant que les collectivités territoriales et l'Etat viennent d'un coup se souvenir de ces petits lopins de terre perdus avec leurs habitants si insignifiants...

Pour autant qu'inversant la polarité attractive des lois de décentralisation qui concentrent plus que n'égalisent droits et moyens...

Pour autant que les vecteurs routiers soient redessinés pour échapper aux éboulements et autres catastrophes latentes...

Pour autant serions nous "mieux" desservis ?

Cet handicap de communication n'est il pas une chance, aujourd'hui, de proposer un autre visage touristique, d'autres activités que celles, ruineuses et inadaptées, qui sont encore en exploitation ?

Retrouver un paysage humain dans un monde urbanisé, l'espace et le temps réconciliés par la qualité de vie, ne serait ce pas un projet d'avenir ?

Le problème majeur, outre le financement, serait de changer l'écrasante mentalité qui est restée cloisonnée par les habitudes d'avant la crise.

Des modèles de réussite, il en existe et y prendre référence pour les adapter demeure possible.

Seulement, peut on vraiment changer et solutionner des problèmes avec l'esprit qui les a engendrés et entretenus?

L'audace et le panache, qualités d'un Pays comme la France, sont elles définitivement perdues ?

A l'heure d'une recherche qualitative devant répondre quantitativement aux besoins vitaux, nous demeurons désespérément rivés sur un modèle obsolète. Aurons nous ce sursaut de fierté qui permet de retrouver la lucidité et la combativité suffisantes pour s'adapter avant qu'il ne soit trop tard ?

G.

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