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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Lorsque mes pensées se posent sur quelque sommet ou vallée secrète, parfois le souvenir d'une certaine traversée rejaillit.

C'était...hier, ou du moins il y a quelques années...

Un repas entre copains à refaire le monde et à voyager immobile dans nos rêves d'alors.

Jean Loup Petitqueux, Stéphane Aggéry, quelques autres et moi même dans un cocktail de questions que se posent les jeunes sur nos montagnes sauvages...

Comment vivre et faire vivre dans ces contrées en survie ?

A cette époque la communication renvoyait à l'imagerie de la frontière sauvage, de la Liberté, de l'aventure humaine et de la ressource.

Pertuzé venait de sortir sa BD "Les chants de Pyrène" renforçant un peu plus l'idée de traverser dans la longueur ce qui se fait communément dans une orientation Nord Sud ou le contraire,

Plus que se fier au magnétisme, se réorienter et retrouver un sens différent en allant vers là où le soleil se lève. Partir du Pays Basque et voyager dans un monde magique vers la mère de nos civilisations, la Méditerranée !

Il est souvent des choses que l'on fait sans vraiment savoir ce qui nous motive réellement et cette traversée fut révélatrice de trésors enfouis.

En survie, personne ne l'avait vraiment fait...si ce n'est nos anciens dont c'était en fait une habitude nomade fondatrice de nos cultures.

Communiquer était un mot que nous avons bâti par les relations médiatiques de Jean Loup, notamment avec J PRADEL de France Inter et d'autres journalistes de son giron.

Parler et faire parler, attirer l'attention au travers de quelque chose d'original pour que les yeux et les intérêts se tournent vers ce Pays qui est un monde plus qu'une frontière.

Ça, c'était la façade. L'aventure Pyrénéenne allait nous confronter à un géant endormi sur les pentes des estives ainsi qu'à tout un peuple mythique marchant dans nos pas, avec nous et en nous.

Cette aventure d'un autre temps, c'était un peu comme les auberges espagnoles de l'époque Franquiste !

On n'y trouve vraiment que ce qu'on y amène sincèrement.

Lorsque nous sommes partis d' Hendaye avec nos sacs ultra légers, sans tente ni duvet, juste le minimum et sans vivres, le contenu allait s'alourdir par l'expérience humaine à un point si personnel qu'il serait difficile de le partager. Le secret de cette humanité qui se révèle dans la joie, la douleur, les faux espoirs et cet entêtement digne de nos peuples Pyrénéens, nous inspira de ses facettes multicolores.

Deux dans la confrontation, dans chaque décision, qui finalement suivait un même chemin, qui parfois se partagea pour mieux se retrouver. Nous ne savions ce que nous connaissions et en avançant nous remontions le temps à l'envers des montres et du courant déshumanisé de l'ordinaire.

Bien sur, le regard s'ouvre et se ferme comme les ouïes des truites sauvages de nos torrents. Tantôt, c'est sur les crêtes, tantôt vers les vallées, tantôt sur nos semelles, parfois c'est sur le tout, puis sur rien, ou encore le sait on vraiment, ce qui est en nous, qui nous dépasse et nous tire en avant vers notre destinée ?

Partir en automne, c'est un peu comme à celle de nos vies qui mûrissent et dont on peut apprécier les fruits. Le savions nous si c'était uniquement la richesse cachée que l'été avait concentré et qui nous motiva ?

Voyager au delà du voyage, survivre parce que la vie manque de sel, de cette sensation de faim, de l'errance initiatique qui finalement n'a rien de si hasardeux,

Tant et tant nous ont précédés sur les pentes, dans le creux des sentiers et ont posé la pierre de la mémoire sur le cairn salvateur.

Il y eut la faim, la soif, les crampes et les ampoules aux ampoules des ampoules... Il y eut les certitudes et les doutes, la déception et la peur parfois...

Il y eut aussi et surtout des rencontres avec des gens magiques sortis au détours d'un chemin et qui nous illuminèrent de leur humanité.

Que ce soit ce garde forestier en Pays de Nystos, cette mémé et le poirier merveilleux qui nous offrit le miel solaire, ces douaniers tentateurs de l'impossible défi, tous furent magiciens.

Jean Loup s'en est allé en sauvage éveillé.

Bien sur, nul n'est parfait, mais je garde souvenir et cultive le meilleur de ce que nous avons ensemble traversé.

Puissent les étoiles savantes l'éclairer et le guider vers d'autres aventures...

Gilles.

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