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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Le faiseur de rêves.

Il était une fois un être étrange qui changeait de forme tout en restant le même.

Cette déconvenue l'agaçait au plus haut point qu'il arrivait à ne plus comprendre ce qu'il lui arrivait. Entre sa bouche et ses oreilles, il était toujours un écart si grand que les paroles qu'il exprimait n'arrivaient que trop tard à leur destination.

Ainsi, s'il était un géant, seul le nain lui succédant entendait un langage qui lui était étranger. Pourtant il était ce géant et ce nain à la fois !

Alors que devenu esprit des bois, il errait en silence, la lassitude le prit et il s'étala au pied d'un grand chêne.

A peine fut il endormi que la métamorphose le gagna et dans un mélimélo de cauchemars, il s'éveilla en sursaut.

N'en pouvant plus, il s'enfonçat au plus profond de l'épaisse forêt.

En chemin il rencontre un centaure et aussitôt le questionne.

Mais à peine il demande que déjà il se transforme et ne comprend qu'à moitié la réponse.

Il recommence et là c'est l'inverse qui se produit.

Le centaure surpris lui fit signe de le suivre.

Ainsi ils arrivèrent bon an mal an devant la chaumière d'un sage.

Je vois, dit ce dernier en constatant le perpétuel changement.

Aussitôt, le voilà qui revient du fond de son laboratoire avec à la main une harpe et une potion qu'il avait concocté.

Bois lui dit il en mimant le geste.

Le temps que le remède fit effet, le sage se mit à jouer.

Si tu veux te comprendre, il va falloir t'écouter !

Non pas comme tu en as l'habitude, mais autrement. S'il est un langage qui n'en est pas un, mais que comprennent, ressentent et tissent les êtres, c'est bien l'harmonie !

N'entends tu pas les oiseaux si différents et qui se comprennent pourtant ?

Ce faisant, pour la première fois le géant se tut, le nain se cacha, l'elfe apparut et vint un être si différent que l'on appela Om.

Om portait en lui tout et son contraire, mais pour pouvoir se parler, il devait se taire.

En jouant de la harpe, il se mit à danser. Ainsi naquit le rêve.

La musique voguait comme vent sur la plage et enfin il riait car tout n'était qu'harmonie. Cependant, le soleil montait à l'horizon et sous les pieds de Om vint naître une ombre grandissante.

Om tout blanc, se mit à jouer avec son ombre noire.

L'un tirait sur les cordes et l'autre intimement liée le suivait dans ses pas.

Plus tard, beaucoup plus tard, Om qui voulait se retrouver seul entra dans une grotte et là son ombre le laissait sur le pas de l'antre que le soleil ne pénètre.

Om était heureux mais lorsqu'il était dans le gouffre, il était solitaire. Alors, le géant apparaissait, puis le nain et encore l'elfe.

Saisissant la harpe magique, tour à tour ils se parlèrent.

Lorsque Om sortit de sa caverne, c'était la nuit et son ombre s'était enfuie.

Seul, le monde lui paraissait triste et soudain sous la lune naissante elle sortit de l'onde.

Voyant qu'elle lui revenait plus belle que jamais, il fut pris d'une envie terrible que de la posséder.

Mais, si docile qu'elle fut, elle se refusa.

Alors terriblement blessé, le nain s'endormit pour tisser une toile et capturer la lune.

Ainsi de jour comme de nuit, elle serait toujours là.

Cependant le ciel était vivant et d'un coup se couvrit. Il vint du Nord de lourds nuages gris. Profitant de l'aubaine, la lune s'y cacha.

Alors, le géant se lève et fort de son savoir écarte les nuages.

Souffle, souffle mais il en vient sans cesse et si l'un se dérobe aussitôt l'autre prend sa place. L'elfe silencieux arrive et s'empare de la harpe.

Jouant comme du miel voici que le ciel s'éclairci.

Il vient une rosée et Om retrouvant sa pareille s'apaise et puis s'endort.

Depuis, devant la solitude et parfois les envies, l'homme parle à son âme de belles mélodies. Lorsque chante la harpe, glissant de mille cordes des perles de ce monde font un divin nectar.

Qui s'y prend à s'en régaler, s'enivre de bonheur et redevient simplement cet enfant endormi qui rêve sur un banc...

Voilà, mon histoire est finie, fermez donc les yeux et qui sait en vagabondant sur les rebords du monde si vous ne trouviez pas le centaure ou le sage faiseur de rêves..

G,

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