Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables
Belle île, l'île aux sages.

L'île aux sages.

- "Qué d'neuf ?"

Je connais une terre, comme ici solitaire, que le ciel visite et dont la vibrante énergie lui provient de la mer.

Autrefois convoitée par les hordes du Nord, elle fut un port tout autant qu'un donjon.

Plateau émergeant du mystère aux vagues assaillantes, elle résiste au temps et n'offre à l'homme que d'étranges attitudes entre drame et comédie.

La grande Sarah Bernard y trouva un refuge en un fort intérieur d'où fusent les pensées comme vagues aux rochers de la pointe des Poulains.

Désertée autrefois bien que souvent conquise, sous l'âpre pauvreté d'un sol offert aux embruns salés sa terre maigre ne pousse qu'à faire de son mieux.

La perfection illusoire n'a pas de prise sur les caractères des îliens implantés.

Le regard en oblique ils recherchent par quel aplomb se fait le niveau audacieux de venir visiter cette terre sauvage. Méfiants parfois de par cette attitude que cultivent les passants qui ne laissent qu'amertume là où d'autres cultivent leur joie.

Les Acadiens ouvragent redécouvrant toujours la beauté de ces paysages comme celle d'un premier amour toujours renouvelé.

Trois hectares de pâtures, trois pour les céréales et trois de landes aux genets épineux pour chauffer un foyer difficile et qui se contente du peu.

Un tas de pierres brutes ou une maisonnette en guise de chaumière pour vivre sous le vent une vie qui s'attache au moindre enrochement.

Falaises découpées dans un schiste argenté offrant quelques menues plages de sable doré, ses vallons y conduisent, offrant la surprise au détour d'un chemin ou derrière un rideau de roseaux complices du secret.

Rien n'est jamais bien loin, ni l'océan ni le village voisin.

Dans le cœur, deux pierres antiques, Jean et Jeanne qui ne se rencontrent que la nuit sous la voûte étoilée. Le jour est fait pour voir et la nuit pour s'entendre...

L'île entière cache ses trésors sous d'apparentes épines aussi dures que le socle rocheux de ses remparts. Sous les genêts acérés, quelques cercles magiques dont les anciens usaient pour mesurer le ciel et savoir ses secrets. L'horloge naturelle aux heures régulières ne se visite plus. Pour autant les oscillations des vagues impriment encore un rythme prenant que celui qui voyage s'y perd pour mieux se retrouver.

Inaccessible parfois lorsque gronde l'Océan, que le vent forcit en ployant le moindre taillis, elle devient un asile pour les cœurs tourmentés.

Belle par sa solitude qui rapproche les êtres dans ce qu'ils ont d'humain, faisant par la nécessité des frères de parents éloignés. Chacun sait son voisin et le service est courant de le renouveler. Entre mer et rochers les araignées ne tissent pas de toile sinon celle de festins appliqués dans la simplicité et la chaleur des petites maisons.

Chacune est un secret blotti au creux de l'île et qui se garde bien de par trop s'exposer aux vents si ravageurs.

Le sourire est modeste et franche la poignée de ce peuple farouchement amoureux de son bastion de pierres lié par un ciment que l'on vit d'amitié.

Parfois sous l'étale au coucher du soleil monte en silence un courant profond et puissant entrant dans des cavernes qu'il ébranle d'un tonnerre subit.

Antre de dragons qui ont fui la lumière, elles résonnent jusque dans les cœurs qu'elles soulèvent, imprimant cette crainte sincère et humble face à l'inconnu qui sommeille en chacun.

L'air vibre de cette énergie prodigieuse qui communique la fièvre. Alors, désireux de la vie si fragile, le rythme s'accélère.

Pas de temps à perdre car il faut saisir ce qui s'offre comme ce cadeau éphémère, beau de sa rareté, que parfois l'on s'attarde à mieux en profiter.

Sur la lande étalant sa verdeur comme insolentes et radieuses émeraudes ravies aux océans, quelques touristes en guise de moutons. Remués et pathétiques, se noyant dans le sang du meurtre renouvelé, ils partagent blottis la plongée de l'astre flamboyant au pays des enfers.

Une roche surgie du plus profond des ages semble inviter au silence que le vent assiège en sifflant sur les créneaux sombres des falaises.

La fraîcheur frémit et les cœurs se rapprochent recherchant la chaleur disparue de l'astre englouti. Dans le ciel si pur quelques goélands patrouillent. Voltigeurs téméraires, ils nous rendent ridicules de nos pas malhabiles par cette peur que l'on construit du vide et de ses précipices.

Solitude encombrée de tant de sentiments qu'il faut taire pour que mieux s'écouter, l'heure en devient grave d'autres réalités.

Les fantômes d'antan ont repris les chemins et hantent les buissons de ténébreuses complaintes. Un lièvre s'y attarde en craignant que la lune ne révèle son ombre d'infortune. Il fuit sitôt la lumière Sélène vers l'épaisseur d'une culture ou les bras d'une fée. Morgane viendra bien avec la lumière qui baisse en délaissant son costume dont elle se vêtait quant elle était Vivianne.

Terre au dessus des eaux comme ici solitaire ce plateau du Capcir dont la surface rappelle celle de ce monde éloigné et si proche que souvent les hommes tentent de l'apprivoiser. Farouches et sincères l'une et l'autre comme ces deux pierres dressées qui ne se rencontrent que la nuit, ce sont des vaisseaux de lumière à qui sait les voyager.

De Belle Île la bien nommée à celle qui enchante au dessus des terres, il est un chemin de mystères étendu dans la nuit. Un voile qui surplombe l'apre réalité mais qui tisse le rêve de diamants éblouissants.

Sous la voie lactée, l'invitation est grande pour mieux se retrouver.

La traversée enchante que ce soit celle du Carcannet magique où celle de la mer qui unit le vieux continent au monde féerique.

Invités voyageurs, surtout soyez prudents car la beauté des sites ne tient à quelques fragiles fleurs qui se fanent sitôt qu'on les froisse.

Si vous êtes attentifs et sereins l'aventure fera de vous un pont entre terre et azur, entre mers et rochers que la marée inonde de sentiments profonds.

Il suffit de savoir fermer les yeux pour mieux voir l'essentiel qui luit en chacun comme astre en plein ciel.

Alors n'hésitez plus et partez sur les routes de l'été qui voyage vers un hiver encore lointain. Une île vaut bien le détour comme une haute terre !

Si en plus elle est belle, vous n'en serez que ravis hors de ce quotidien qui cultive l'ennui.

Bon voyage et bon vent dans tous les paysages qui emplissent de rêve les voiles du chaland !

G.

Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.
Belle île, l'île aux sages.

Commenter cet article