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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Le ciel...

Face au soleil levant, assis en haut de la montagne sur le rebord du ciel, un berger au regard d'azur ouvre son âme au monde qui l'entoure. Il le pénètre jusqu'au plus secret de la vie.

Alors, l'esprit serein, il s'échappe et vole comme l'aigle au dessus du troupeau.

Autrefois, il était misérable et lourd de ce savoir qui obstrue le regard.

Lorsqu'il quittait le foyer, ses pas étaient chargés de choses inutiles, encombrantes.

Un jour, il rencontra une abeille et avec elle, le ciel se mit à parler d'ombres et de reflets.

Ouvrant pour la première fois les yeux comme un enfant qui découvre le monde, il laissa ses bagages ridicules sur le quai d'une gare.

Tout ce qu'il avait appris n'était que constructions éphémères et souvent illusoires.

Ce jour là, il su que la vérité n'est qu'une chimère faite pour ne plaire qu'à celui qui la tisse.Chacun en fait de même sans en avoir conscience.

Mais, qui sait qu'il ne sait rien de ce qui est vraiment sinon de le connaître tout en l'apprivoisant ?

Ingénieur, docteur, architecte ou simple rôdeur, nous allons en mécaniques grippées sur le chemin de nos destinées.

Pourtant, le ciel est toujours là, autant en nous que par dessus les toits.

Relevant le regard pour suivre une abeille, nous nous apercevons sans même reconnaître que ce qui est en haut vit en chacun de nous.

Chaque étoile et chaque atome sont si semblables que nous sommes parfaits sans même le savoir. Tombent alors les préjugés que nous laissons aussi sur le quai de la gare...

Avec celui qui se libère, nous quittons un habit de béton aux fleuves de bitume pour gravir la montagne en quête de troupeaux.

L'abeille nous accompagne dans ce voyage merveilleux qui dévoile le charme de la simplicité.

Avec le berger, nous posons éternellement en vivant chaque instant toujours recommencé. Le ciel s'ouvre alors un peu plus pour qui sait y gravir sur le dos d'une abeille avide de senteurs. Plus que de savoirs, de peurs, de haines et autres menteries, bien à nous le plaisir qui monte aussi léger dans un ciel toujours bleu, laissant au fond ces choses ridicules simplement se noyer...

Vole l'abeille, vole !

Sans penser, simplement, voles.

Butines, vas et reviens au rucher.

Vibres comme une étoile dans le ciel.

Toi qui est parfaite comme tout ce qui est.

Occupes l'espace et partages la vie.

Serrée dans les rayons et libre comme l'air.

Vas et viens emplir de lumière chaque alvéole.

Comme toi dans le ciel, les étoiles.

Comme toi sur la terre, les fleurs.

Comme en moi, le ciel.

Comme en moi, la terre.

Chaque fleur que tu visites.

Chaque être que je rencontre.

Chaque pollen que tu emportes.

Chaque chose que je redécouvre.

Chaque grain que tu déposes.

Chaque vie qui en naît.

Chaque attention que je sème.

Tout l'amour qui en grandit.

Par toi se transforme la matière en soleil.

Je me dessaisis de choses encombrantes.

Lorsque tu emplis tes rayons, en moi il se fait plus de place.

Le miel que tu déverses y coule comme une source.

Le cœur plus léger, comme toi je m'envole.

Tout en haut, je m'émerveille et me ravis de voir que tout se tient, en nous laissant l'espace pour le voyage.

En moi chaque étoile grandit comme une fleur, dont je butine et m'enivre de senteurs.

En me guidant, elles redessinent mon cœur.

Alors, tout est possible et devant nous une immense prairie, reflet dont nous sommes porteurs. Les maux s'effacent. Il demeure l'essentiel coulant comme le miel.

Lumineux de bonheur, libres et charmeurs, enfants courant dans l'herbe, nous renaissons une nouvelle fois.

En bas, l'illusion continue de tisser une toile meurtrière pour qui ne la voit pas.

Sil nous faut redescendre, prenons bien garde à nous. Que le soleil nous guide en éclairant d'un rayon cet ouvrage malsain. Il faut bien vivre pourtant, comme il nous faut partir. Cependant la fenêtre d'Orient reste ouverte au souffle du vent léger.

Abeilles ouvrières, nous connaissons le rucher comme la voie des airs où nous pouvons butiner. Libre à nous que de la visiter...

G

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