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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Il faut savoir mourir pour vivre mieux !

Ce qui nous revient comme image du sacrifice est ce concept judéo-chrétien de l'immolation d'une "innocente" victime pour alimenter la faim et apaiser la colère d'un dieu vengeur ou d'un ennemi sanguinaire.

Les pratiques rituelles du sacrifice sont souvent basées sur le détournement et la substitution pour leurrer celui ou ceux réclamant une contre partie à ce droit de vengeance qu'ils exigent comme légitime.

Or si l'on considère que les dieux sont souvent la projection de la condition humaine dans des cieux dominant toutes choses, il devient évident qu'avant de se garder des dieux, c'est avant tout la recherche d'un apaisement de cycles de revanche que l'on veut écarter de lendemains funestes de soi envers soi même ou éventuellement des autres envers soi.

Ce n'est pas forcément le coupable qui était sacrifié, mais justement un des siens afin que ce dernier puisse ressentir le tort qu'il avait causé à autrui tout en désamorçant ses effets pervers aux conséquences exponentielles...sur la société toute entière !

Dans notre société codifiée par des textes, la justice se substitue à la main vengeresse de l'individu et brise par sa puissance et son impersonnalité le retour possible d'une éternelle vendetta.

Ce, du moins tant que le système judiciaire reste fiable et joue équitablement son rôle de régulateur...( Ce qui aujourd'hui se trouve bien trop souvent compromis par une corruption devenue si habituelle que ceux qui l'exercent finissent par la trouver normale...)

Il est un autre aspect du sacrifice rituel beaucoup plus ancien et certainement plus évolué que les usages sanguinaires ou ceux dont nous en faisons encore de nos jours sans même nous en apercevoir.

Plus que d'envoyer à l'abattoir de sempiternels boucs émissaires, il s'agit de sacrifier nos mauvais comportements. Plus que sacrifier nos ennemis, il vaut mieux sacrifier l'idée que l'on se fait d'eux !

C'est moins sanglant mais bien plus efficace !

Néanmoins, il faut avoir fait le distinguo entre ce qui relève du naturel, c'est à dire les sentiments profonds avec lesquels nous naissons, des émotions que nous construisons telles que la haine ou la peur. Elles sont comme les préjugés et jugements de toutes sortes, aussi artificiels que parasitaires à l'évolution et au retour vers une harmonie originelle. Ceci étant, il devient alors plus aisé de sacrifier ce qui n'est pas naturel en le déconstruisant.

L'évolution de l'individu et de la société à travers chacun passe par cette ferme résolution de travailler individuellement à tenir de fermes intentions permettant le mieux vivre en soi et avec ceux qui nous entourent. En effet, aucun texte de Loi ni "volonté commune" ne remplaceront jamais la démarche personnelle. L'un ne pouvant aller sans l'autre, le texte seul demeure dans la stérile intention si chacun n'y adhère et n'y contribue directement de sa personne.

Le reste n'est qu'Utopie dérivant souvent vers un système dictatorial tout aussi rejetable qu'abject.

La ferme intention de chacun ne peut toutefois aboutir sans que la totalité de la personne n'adhère et ne contribue chacune en sa partie au projet de transformation.

L'esprit seul demeure le parent pauvre et autant déçu que décevant face à une promesse électorale non tenue !

Sacrifier devient alors un rite conjuguant l'esprit, le corps et toute la partie sensitive du subconscient.

Comme pour détourner l'attention de l'un ou de l'autre s'engage alors un stratagème de ruse.

N'oublions pas que le gardien du conscient n'est autre que la logique, que celui de l'âme est l'instinct et que la douleur quelle qu'elle soit doit être acceptée comme salvatrice par le corps !

Rassembler alors l'intérêt des trois gardiens doit répondre par trois duperies qui les distraient de leur vigilance.

Pour détourner leur attention, là aussi rien ne vaut une innocente victime...

L'objet, ce qu'il représente et ce qu'il induit, doit cristalliser la volonté autour de l'illusion. Il devient évident alors que pour répondre en même temps à trois langages différents, seul le symbole peut tenir ce rôle que nous n'utilisons guère de nos jours sinon que par une virtualité bien souvent stérile....

Les concepts religieux fourmillent de méthodes qui souvent se rejoignent dans l'intention et sinon dans le mécanisme employé.

Que ce soit l' hésychasme, la cabale, la tradition Toltèque ou les techniques de méditation, elles trouvent toutes leur origine dans cette particularité que quelque soit le lieu ou l'époque, l'homme et sa culture puisent leur essence dans un même creuset et donc que les mêmes causes provoquant les mêmes effets, à partir des effets l'on puisse agir sur les causes...

En niant la nature humaine nous rejetons nos potentiels aux oubliettes de notre égoïsme consumériste, soi disant si moderne, mais surtout anesthésiant !

Si nous sommes des malades qui s'ignorent, c'est justement parce que nous ne voulons ni voir ni comprendre le fondement de ce qui nous agite et que nous lui substituons bien souvent une pharmacopée qui en rien ne peut remplacer le "Pharmakos", grand sacrificateur de nos mauvais penchants !

Donc, pour mieux vivre en soi ainsi qu'avec les autres, le sacrifice nous amène à mieux mourir dans ce qui nous tue par ce qui nous vivifie. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts !

Bonne réflexion !

G.

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