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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Saison du sucre, des confitures, du rêve et de l'oubli...

Plus que la douceur de vivre, la chaleur d'un enfer qui affleure toute réalité et pousse à cet oubli des choses graves si appuyées par un soleil de plomb sur les ombres tranchées...

Plus que la saison du rêve, cette volonté obnubilée par un hiver à venir au point de l'occulter sous d'insignifiantes occupations, qui tentent tout en le révélant, cette ultime focalisation de vivre le présent sur l'omission du passé ou même de l'avenir.

Mettre le soleil en bocaux de senteurs insouciantes, aux goûts acidulés et aux couleurs chantantes. Plus que l'instant joyeux, c'est déjà le rappel de la triste raison dualiste qui déploie son damier intransigeant sous nos yeux refusant cette réalité morbide.

La vie appelle la mort et la mort appelle la vie...

Les bêtes domestiques aux estives sauvages et les touristes cherchant le frais tout en bénissant la torride chaleur, l'instant futile de superficie qui implore la profondeur du gouffre, tout est là qui mène le Lion à la vierge dans cette contrainte folle de la génération soumise à son terrible destin.

Fanfaronades et pétarades de feux éphémères qui font danser les lampions d'un carnaval permanent. L'été a ses torpeurs ridicules en siestes accumulées où se noient la mémoire et la sagesse de l'inutile révolte.

Si proche et si lointain, encadrant ce répit de dépis cultivés en rangs de framboisiers ou de tomates mûres, tout paraîtrait gratuit si abondant et pourtant si futile qu'il suffit d'un orage pour que tous courrent aux abris d'une tombe où l'on protège sa vie.

L'esprit est en vacances et le corps se languit de suées expiatoires d'un passé accusateur. Demain sera toujours demain, avec ou sans nous, seule certitude des naufragés inutiles échoués sur la plage comme phoques trop las que le soleil engraisse avant cette ultime saison qui peut être sera la dernière des dernières moissons.

Langueurs et regards vides, accablés de cette seule aventure qui met tant de chemins en doutes et qui s'annonce déjà en rentrée avilissante de l'insignifiance retrouvée.

En attendant cette fin qui s'annonce déjà, un reflux répété mêlant à la marée notre permanent combat de la vague assaillante qui renonce sans cesse et repart d'où elle vient sans vaincre, ni périr au mouvement du monde qui dirige son destin. Étalés sur le sable, sous un parasol symbolique d'un arbre dont les feuilles pareilles aux hommes s'envolent au vent maritime, ou par quelque bourrasque d'une terre agressive qui vous pousse au voyage vers d'étrangers rivages ou d'inaccessibles sommets utopiques, si invisibles aux cœurs que leur image en fait un mirage de l'espoir enseveli sous une mer de sable aux grains éparpillés sur le carrelage d'un salon parisien ou d'un bureau souterrain...

Écarté et insouciant comme vache aux estives qui rumine le savoir inutile devant cet éternel retour, l'estivant aux abois déverse sa verve de pastis en pastis, redondances plaisantes aux dames désabusées faisant mine d'écouter l'inutile mensonge dont elles savent cette chose féconde qui conduit demain à la postérité d'une ivresse suffisante croyant maîtriser ce qui en fait domine de son écrasante vérité.

Inutile voyage et qui pourtant délivre de la torride illusion que l'on croît de sa vie et qui pourtant n'a qu'un nom : fatalité !

Énervés par le vent ou par ce futur qui tenaille d'amères certitudes, le retour est chargé d'illusoires coquilles et de projets en brumeuse consistance. Les valises sont pleines et la tête bien vide si ce n'est que de cette injustice qui veut que demain, déjà, tout recommence...

G.

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