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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

De la peste à la gangrène...

Longtemps ravageuse et aussi redoutée que parfois salutaire, la peste nous fascine encore en agitant au fond de nos inconscients cette crainte de la révélation autant que de l'anéantissement de nos identités propres sous une mort niveleuse à la quelle nul n'est réellement prédisposé à pouvoir échapper...

La gangrène rappelle un autre fléau et non le moindre : la Lèpre !

Par contre si la lèpre, moindre étendue dans sa capacité à se généraliser ronge les chairs, la gangrène les pourrit sans que l'on en ressente de douleur. L'odeur caractéristique de la décomposition s'abat en une malédiction personnelle non contagieuse.

C'est peut être en cela qu'elle frappe moins les esprits car elle donne la sensation d'avoir la chance d'être épargné par une sorte de justice sacrée, aveugle de surcroît...du moins pour ceux qui ne sont pas atteints.

Ce côté personnel de cette malédiction souvent fatale se solde par l'amputation d'un membre, si l'on s'y prend à temps...

Or, si le principe se généralise, alors, il est trop tard !

Imaginons qu'un matin vous vous réveillez avec la main droite ankylosée et que trois de vos doigts (ceux qui se tournent vers vous lorsque vous désignez quelque chose ou quelqu'un...) aient pris une teinte noirâtre...

A priori, il y aurait de quoi s’inquiéter sérieusement, mais après avoir fait le bilan des causes possibles, vous ne voyez aucune blessure qui puisse en être à l'origine.

A midi, vous constatez que presque la totalité de votre main droite est devenue noire. Alors, redoutant cette vérité tout en la rejetant, vous vous décidez enfin à aller consulter un médecin...

Mais, ce grand spécialiste du corps demeure perplexe !

Il s'agit bien d'une gangrène, mais sa couleur semble provoquer une transparence provoquant des changements sans que les cellules n'en paraissent réellement se décomposer.

Les noires remplacent les roses ou plutôt les roses changent progressivement de couleur.

In fine, vous changez de caractéristiques, vous changez d'identité, mais vous survivez quand même...

C'est alors que vous émergez de votre cauchemar et que votre toubib vous annonce que l'opération s'est bien déroulée. Une bonne partie de votre main a disparu sous un pansement encore neuf.

La seule chose qui demeure est cette peur de l'odeur de décomposition encore accrochée à vos narines et une douleur profonde, comme un deuil d'une partie de vous même.

Alors, peut être vous rappellerez vous cet instant où votre corps a ouvert la porte à la maladie pendant que votre esprit était en vacances...

La blessure était là, justement parce que votre conscience était si confiante qu'elle était ailleurs !

Croyez vous qu'une maladie puisse être salvatrice ?

Croyez vous qu'il faille mourir pour aller mieux ?

Le médecin, votre famille vous montrent que le corps qui ne se défend pas, comme l'âme qui s'égare, ne mènent qu'à la destruction de ce que vous êtes vraiment.

Mais parfois, perdre un membre vaut mieux que perdre la vie, surtout si l'usage que l'on en fait est de nature à vous handicaper plus qu'à vous servir réellement.

Il y a là un paradoxe gênant mais si révélateur de nos conditions de vie.

Odin sacrifia un œil pour mieux voir ce qui se passe à l'intérieur et Thor y laissa un bras pour une main tendue...

D'autres, à ces exemples, nous ont enseigné cette nécessité. Lug à la grande main en est une évolution tout comme celui que l'on nous imposa en tant que copie plus réelle de l'original...

Chaque époque vit ses gangrènes, celles qui nous pourrissent de l'extérieur vers l'intérieur et celles qui sont en nous depuis que nous renonçons à nos identités d'origine en prônant ce que nous croyons savoir sur ce que nous tentons d'oublier et qui est notre connaissance originelle, mais bien réelle celle là !

Il y a réellement matière à réfléchir, à redescendre vers le fond de nos poussiéreux placards où nous avons enseveli sous un orgueil déguisé, l'enfant que nous sommes toujours sous l'écorce d'un vieux chêne desséché...

Ce qu'il en est de nous intérieurement est aussi vrai extérieurement et peut être devrions nous nous réveiller avant que la Gangrène n'ait totalement accompli sa funeste besogne..

Bonne réflexion !

G.

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