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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Extraits de l'interprétation d'analyses par l'ONEMA...

Résultats - Interprétation

La retenue de Puyvalador est située dans le Capcir (le plus haut plateau pyrénéen) dans le département des Pyrénées-Orientales. Le plan d’eau s’étend sur une surface de 91 ha pour une profondeur maximale mesurée en 2010 de 21 m. Le lac reçoit les eaux de l’Aude et du Galba.

La retenue est gérée par EDF (GEH Aude-Ariège) pour l'hydroélectricité. La baignade et les activités nautiques ne sont pas autorisées sur le plan d’eau (ne sont plus autorisées et demandez vous pourquoi !).

La cote du plan d’eau varie de façon saisonnière entre 1408 et 1421 m NGF en fonction des apports et des besoins énergétiques. Le lac est gelé en surface en période hivernale, de décembre à mars environ.

Le temps de séjour étant réduit et la stratification thermique peu marquée, l'évaluation du niveau trophique du plan d'eau par la diagnose rapide s'avère délicate.

Diagnose rapide

La retenue de Puyvalador présente une qualité générale la classant dans la catégorie des plans d’eau eutrophes. Les flux de matières sont importants dans la masse d'eau avec une production primaire élevée selon la chimie de l'eau et l'indice phytoplanctonique, qui génère une demande en oxygène assez importante pour sa dégradation. La charge interne en phosphore et en matière organique dans le sédiment est importante et peut constituer une source d'éléments nutritifs potentiellement remise à disposition dans les eaux par relargage depuis les sédiments.

État chimique

...Même si le compartiment sédiment n’est pour l’instant pas pris en compte en terme d’évaluation de l’état chimique, il convient cependant de noter que de nombreuses substances ont été quantifiées dans les sédiments, notamment de nombreux HAP et PCB.

les nutriments sont déjà consommés par le phytoplancton, abondant lors de la première campagne de mai. La production est élevée sur la retenue de Puyvalador, en particulier lors de la dernière campagne. Cela génère une demande en oxygène importante dans les couches profondes pour la minéralisation de la matière organique, d'où l'indice dégradation assez élevé. Celui-ci a pu être sous évalué du fait d’une dernière campagne précoce. Cependant, le fréquent renouvellement des eaux influe de manière positive sur cet indice en favorisant l’oxygénation de la masse d’eau.

La charge du sédiment en phosphore et en matière organique est très élevée et reflète également les apports passés. Le relargage existe mais il est limité par le bon niveau d’oxygénation de l’hypolimnion.

Concernant les indices de pleine eau, l’Indice Planctonique affiche une valeur élevée (55) correspondant à un niveau eutrophe. En effet, l’indice augmente avec les blooms de cyanobactéries observés en période estivale. L'indice chimie des eaux n'est pas très pertinent car altéré par les mouvements hydrauliques dans la masse d'eau et par les périodes de prélèvements. Il est probable que l'azote soit limitant en période estivale, profitant au développement des cyanophycées qui génèrent une grosse quantité de matière organique à dégrader.

La chimie du sédiment affiche un niveau eutrophe alors que l’Indice Oligochètes le place en limite oligo- mésotrophe. Le potentiel métabolique du sédiment est élevé mais la matière organique reste très abondante et à prédominance algale (C/N = 9,5). La charge en phosphore est très élevée et constitue un réservoir potentiel pour la production dans la masse d'eau.

La retenue de Puyvalador est donc classée en potentiel écologique moyen.

Les pesticides quantifiés :

Une centaine de molécules a été recherchée à chaque campagne sur l’échantillon intégré de la zone euphotique et sur l’échantillon de fond (dont seule une quinzaine figure dans la liste des 41 substances de l’état chimique).

Seul le formaldéhyde a été quantifié à 3 reprises sur les campagnes de mai et d’août, de 1,4 à 2 µg/l. Ces valeurs ont été qualifiées de douteuses lors de la validation annuelle des résultats, une contamination lors de la chaîne de prélèvement et/ou d’analyse étant privilégiée.

Les micropolluants quantifiés (hors pesticides) :

En complément des substances quantifiées déjà citées, 12 autres paramètres ont été mis en évidence :

  • Sept métaux, retrouvés plus ou moins fréquemment : aluminium, baryum, fer, manganèse, titane, vanadium (tous systématiquement quantifiés à chaque campagne sur l’échantillon intégré et/ou sur le fond), et l’uranium (quantifié seulement sur un échantillon) ;

  • Un organoétain : le dioctylétain quantifié uniquement sur l’échantillon de fond de la campagne de juin en une concentration de 0,027 µg/l ;

  • Les micropolluants quantifiés dans les sédiments :

    Quatre dérivés du benzène (BTEX) : l’éthylbenzène, le toluène et deux formes du xylène. Le toluène a été retrouvé sur l’échantillon de fond de juin (0,5 µg/l) et sur les échantillons de la campagne de juillet (0,8 sur l’intégré et 1,7 µg/l au fond). Les autres substances n’ont été retrouvées que sur les échantillons prélevés lors de la campagne de juillet, principalement au fond.

    Sur les 176 substances recherchées sur le sédiment, 51 ont été quantifiées. Il s’agit de métaux (23 substances), de HAP (13 substances) et de PCB (12 substances).

    Trois autres substances ont été quantifiées :

  • Un plastifiant : le DEHP, quantifié en une concentration notable (1684 µg/kg MS) comparativement aux valeurs habituellement observées sur les plans d’eau des bassins Rhône-Méditerranée et Corse suivis sur la période 2007-2010 ;

  • 2 autres substances très rarement quantifiées sur les plans d’eau des bassins RM et C :

    • Un pesticide, l’oxadiazon. Il s’agit d’un herbicide ayant de nombreux usages, notamment sur cultures pérennes (fruitiers), sur tournesols, en pépinières, et en usage non agricole (désherbage des allées, jardins publics, trottoirs). Cette substance a été recherchée sur 68 plans d’eau suivis sur les bassins RM et C sur la période 2007-2010 et elle n’a été quantifiée que sur la retenue de Puyvalador à une concentration de 87 µg/kg de Matières Sèches (MS) [Limite de quantification inchangée sur la période de suivie : 20 µg/kg MS].

    • Un hydrocarbure aromatique, le biphenyle. Cette substance a été recherchée sur 68 plans d’eau suivis sur les bassins RM et C sur la période 2007-2010 et elle n’a été quantifiée qu’à quatre reprises. Sur la retenue du Puyvalador, elle a été quantifiée à une concentration de 44 µg/kg de Matières Sèches (MS) [Limite de quantification inchangée sur la période de suivie : 20 µg/kg MS].

  • Les oligochètes Les Macrophytes :

    Les métaux affichent des valeurs inférieurs ou proches des moyennes observées sur les bassins RM et

    C. Seul le zinc présente une concentration nettement supérieure à la moyenne habituellement rencontrée avec une concentration de 141,5 mg/kg MS.

    De nombreux HAP ont été quantifiés dont la moitié affiche des concentrations comprises entre 100 et 200 µg/kg MS. Certaines substances affichent des valeurs supérieures : chrysène (211 µg/kg MS) et le fluoranthène (304 µg/kg MS).

    12 PCB ont aussi été quantifiés pour une concentration totale atteignant 58,3 µg/kg MS, soit une valeur relativement élevée si on la compare aux teneurs habituellement rencontrées sur les autres plans d’eau des bassins Rhône-Méditerranée et Corse. Les concentrations mesurées en PCB oscillent entre 1 et 8 µg/kg MS selon les congénères.

    Globalement, le peuplement phytoplanctonique est déséquilibré, les groupes algaux présents traduisent une eutrophisation marquée. L'Indice phytoplanctonique (IPL) est de 55,0, qualifiant le milieu d’eutrophe (l'indice calculé à partir de l'abondance cellulaire est un peu plus eutrophe).

    Le potentiel métabolique des sédiments est très élevé (IOBL global = 15,2). En revanche, les espèces sensibles sont absentes du peuplement d'oligochètes, ce qui suggère une altération de la qualité des sédiments profonds. La présence de plusieurs espèces indicatrices de pollutions (dont Limnodrilus hoffmeisteri) confirme cette altération.

    La retenue abrite une faible diversité d’espèces d’hydrophytes et d’hélophytes. Le recouvrement global de macrophytes sur la retenue de Puyvalador est assez faible, évalué à 2-3%.

    La retenue est caractérisée par des peuplements de macrophytes assez clairsemés bien qu’en zone riveraine, de nombreuses zones humides soient présentes. On peut noter la présence de Glyceria fluitans, Eleocharis palustris et d’herbiers aquatiques à Callitriche. La relative pauvreté des cortèges ne permet pas vraiment de caractériser le niveau trophique du lac. La forte présence d’algues filamenteuses caractérise probablement des apports azotés ou phosphatés dans le lac.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que la qualité des eaux du lac se dégrade !

Après le redimensionnement des antiques stations d'épuration et la création de nouvelles unités, la dégradation continue, voir empire. Il fut cependant bien plus pratique de faire cesser les activités nautiques sur le plan d'eau de PUYVALADOR que de tenter de trouver de véritables solutions durables pour les permettre...

Quant aux pêcheurs, il n'existe pas de suivi piscicole sur ce lac...

D'une manière générale, le monde du silence prévaut autant que la langue de bois !

Lamentable, non ?

N'oubliez pas de signer la pétition et de la faire signer autour de vous, le lien :

http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2015N48074

G.

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