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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Que de chateaux et de prisons construits au nom de la Liberté !

Il est des frontières qui ne valent que pour les traverser...

Nord et Sud se rencontrent et mélangent intimement leurs cultures pour nous élever vers des cimes réputées infranchissables. Pourtant, ces montagnes sont un monde dont les cols sont des passages. Sises autant entre les pays qu'entre deux eaux, l'une ouverte vers l'Occident océanique et l'autre convergente de cultures et de richesses Orientales., Le château Pyrénéen peut nous délivrer des prisons que bâtissent les obscurantistes de tout poil !

Entre terres et ciel, sempiternellement survolées ou traversées, autant du Nord au Sud que d'Ouest en Est, les Pyrénées offrent à qui s'en donne la peine toutes les joies et les douleurs du voyage.

Par les unes, viennent les autres...et réciproquement !

Sans les unes que seraient les autres ?

Du Pays Basque en passant par le Béarn, la Bigorre, l'Aragon, l'Ariège, l'Andorre et les Pays Catalans, de l'Océan à la mère Méditerranéenne, il se cultive tant de richesses culturelles, de savoirs ancestraux, de peuples différents, tous unis par ce qui sépare plus que séparés par ce qui unifie...

Se sentir Pyrénéen, c'est une démarche née de longues marches. Un escalier qui monte et redescend et cette folle envie d'embrasser un ciel que rien ne peut contenir !

Plus que l'ivresse de la liberté, c'est l'humilité d'un petit village montagnard dont les maisons se blottissent les unes contre les autres pour résister aux rudes hivers. Ce sont ces veillées où l'on se perd pour mieux se retrouver en fêtant le cochon sacrifié dans une noce digne et respectueuse. Si la chaleur de l'âtre chauffe moins que certaines liqueurs, ce qui emporte voyage de bouche à oreille en histoires fantastiques. Il est ces regards qui en ont tant vu et qui d'un silence en disent plus long que la plus longue des vies...

Plus qu'une prison Parisienne ou Madrilène, les Pyrénées sont une porte ouverte sur le refuge aux dissidents, aux pourchassés, aux incompris, à tous ceux et celles qui simplement parce qu'ils existent prouvent la diversité, la tolérance et cette tempérance digne des plus antiques sagesses. Parfois plus dans le geste simple d'un laboureur que dans le discours d'un "élu", le langage prend sillage de toutes les couleurs qui de saison en saisons se bleuit à l'automne lorsque passent les palombes.

C'est dans le non dit que s'exprime le mieux ce silence évocateur d'universalité. Lorsque les mots ne valent plus face au sentiment profond d'appartenir à la réalité invisible qui réunit ce qui vit, se meut et respire le même air faisant de nos poumons la voile gonflée du navire Liberté !

Là où l'on se respecte parce que l'on est différents. Là où nos routes se rencontrent pour ne former qu'un seul lit empierré et tumultueux autant qu'un torrent joyeux. Là où l'ombre du pin protège le baiser de regards indiscrets autant venant des hommes que des cieux...

Cet éternel trait d'Union entre l'aventure et la sagesse qui fait du voyage un mouvement suspendu et du rêve une vertu. Se sentir Pyrénéen n'est pas un choix, c'est une destinée toute tendue dans la relativité des apparences avec la volonté de tout faire pour arriver à la prochaine étape.

Ici la terre est souveraine et c'est elle qui commande aux hommes raisonnables de céder à cette folie heureuse de revenir aux sources pour retrouver la jeunesse des anciens.

Là, les cendres des foyers se mélangent pour conserver autant les souvenirs que les saucissons dans un fumet de hêtre, la résine du pin ou l'âcre tanin du chêne.

Parce qu'ici, ce qui semble révèle ce qui est réalité et que nos lacs suspendus valent tous les miroirs du monde, les âmes Pyrénéennes sont amples dans de petits corps aguerris aux peines, aux douleurs, mais si forts à ce rire résonnant d'une montagne à l'autre.

Parce qu'ici tout se mérite, la reconnaissance se fait d'un signe de tête ou du salut par une main tendue qui en appelle une autre. C'est le lien qui efface le mot et assure le lendemain comme un coup de sifflet rappelle le troupeau. C'est le chien qui surveille et s'applique à tourner chaque bête sans la mordre et c'est encore dans le soir enflammé d'un rouge saisissant que nos cœurs chavirent au delà des cimes vers d'autres vallées englouties de sommeil.

Il y est bien plus à vivre qu'à mourir d'ennui et selon la saison, cette chaîne d'union réunit ceux qui aiment par delà les montagnes prochains et suivants qui viendront remuer la poussière des sentiers empruntés.

Ici, vivre c'est aimer et mourir ne se peut, tant il est d'éternité dans le rire d'un enfant poursuivant une abeille comme un soleil éclaire d'un bout à l'autre notre course radieuse.

Aussi, vous laisserai je poursuivre vos pensées sur les pentes des estives qui seront enneigées lorsque viendra le manteau du froid et que l'âtre rougira ses tisons tout en faisant éclater plaisanteries et marrons...

Puissent mes mots modestes vous avoir libérés de quotidiens funestes et si c'est peu de chose, au moins vous avoir distrait loin de ces apparences coutumières pour que ne mieux vous inviter à retrouver ce monde qui se vit, se rêve et qui chante : "Pyrénées" !

G.

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