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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Entre savoir et repères... Être ou ne pas être ?

La confusion éducative que l'on rencontre souvent de nos jours naît d'un manque de discernement entre le pourquoi et le comment dans l'acquisition affective de modèle ainsi que dans l'appropriation des repères limitatifs induits et d'autre part celle de savoirs qui n'ont de valeur réelle que par la pratique, le tout dans un contexte déshumanisant, faute de moyens...et de motivations !

La violence inductive, met au défi permanent dans la recherche de limites. Plus que la confrontation resituant prioritairement l'ordre normal, dans la peur du paroxysme, c'est l'abandon qui se substitue aux valeurs et principes sensés humaniser un public qui a perdu les repères fondamentaux du respect réciproque.

Il est un temps pour tout et chaque chose ne peut se réaliser que dans son temps propre bien que les interactions soient permanentes !

Avant que de savoir, apprendre à se connaître, mais sans référence, difficile de se situer. Avant tout enseignement par l'exemple donné, si les repères affectifs et identitaires ne sont pas acquis ou sont perturbés, le malaise se répercutera dans les actes d'apprentissage et nuira à la compréhension, à l'appropriation et donc toute la pratique s'en trouvera elle aussi malaisée par la multiplication de tentatives agressives découlant du fait que l'on n'a pas encore trouvé un centre d'intérêt unificateur permettant la cohérence et l'ouverture.

Les tentatives dont la violence peut s'exprimer avec une intensité démesurée ne cesseront de se multiplier jusqu'à trouver les limites de leur exaspération par l'épuisement affectif causal.

Il y a un problème identitaire dans l'acquisition référentielle et affective dont l'enseignement des savoirs dépendra et notamment la réalisation concrétisée.

Le contexte premier d'évolution, c'est le noyau familial qui permet de donner les repères fondamentaux et d'asseoir un climat d'affection confortant l'aspect identitaire de référence.

Sur une base saine, avec une règle saine, alors c'est sainement que l'on peut aborder le monde extérieur. Non pas que ce soit une condition garantissant la réussite ou le bonheur, mais cette base arrière identitaire est toujours celle du repli chaleureux, qui permet la compréhension en même temps qu'elle assure la recharge énergétique par l'affection retrouvée.

Le premier principe éducatif et non le moindre puisqu'il interfère en permanence dans tout ce que nous faisons, même à notre insu, c'est l'imitation issue du désir d'être reconnu et identifié comme composante du groupe social.

Nous reproduisons les attitudes et les désirs de ce qui nous entoure ou nous nous y opposons en réaction d'une expérience fondatrice qui déplace les repères de valeurs et leur centre d'intérêt. D'une première identité au sein du groupe familial, l'être s'individualise soit dans la lignée traditionnelle, soit en réaction, en opposition, ou encore au reflet des expériences et des modèles extérieurs rencontrés...

Il n'est jamais vain de resituer le pourquoi avant que de tenter de réaliser le comment...

Si élémentaires qu'elles puissent paraître, voir puériles, l'enfant a toujours ce besoin impétueux d'être reconnu et notamment de se sentir intégré par rapport à des valeurs qui lui sont familières et clairement définies.

Or, ce sont principalement les adultes qui l'entourent qui sont à même de lui rappeler ces codes de vie par l'exemple qu'ils inspirent en suscitant le désir de l'imitation et de part le savoir qu'ils transmettent, surtout s'ils le démontrent par la pratique.

Dés qu'il y a rupture du schémas de cohérence par un exemple déviant son comportement, l'enfant perd ses repères et révise son évaluation des valeurs de référence pouvant aller jusqu'à la reproduction de la déviance...

Le "faites comme je dis, mais pas comme je fais" est une règle qui va contre tout fondement d'apprentissage. Aussitôt, c'est la dissonance qui apparaîtra flagrante alors que la "leçon" perdra tout son sens.

L'enseignant est le modèle de référence, l'exemple à suivre et le dépositaire rassurant la confiance de l'élève. En la trahissant, c'est tout le système de valeurs qui s'écroule.

Nul n'étant parfait, il devient impératif de rappeler à l'enfant qu'il est reconnu pour le conforter dans l'estime qu'il a de lui afin qu'il puisse relativiser les errements comportementaux de ses référents déchus...

L'apprentissage des mécanismes doit conduire par l'observation des effets à la découverte causale et ouvrir les consciences par l'expérimentation. L'appropriation petit à petit devient personnelle et finit par faciliter l'intégration de nouveaux concepts, de nouvelles références, de nouvelles règles et donc de nouveaux comportements adaptés à la vie dans un monde cruel.

L'acceptation de règles sociétales ne se peut sans qu'il y ait eu une pré cohérence établie par l'ouverture d'un précédent. Or, il est plus facile de faire admettre ce qui s'impose naturellement.

Les contraintes que la vie dans la nature impose sont d'autant plus admissibles que leur impératif répond par l'adaptation plus que par l'artifice d'un raisonnement peu fondé...

En milieu naturel, les techniques de déplacement, d'alimentation, de protection suscitent leur adhésion plus facilement qu'une leçon de mathématique ou d'histoire !

De même la notion de vie en collectivité se découvre et se renforce par la prise de conscience découlant de situations difficiles qui demandent la cohésion du groupe entier pour les résoudre.

Plus que dans un sport collectif, le rapport à la nature est primordial dans la découverte du soi et du nous qui implique la reconnaissance et la réciprocité dans la complémentarité. Le respect mutuel, seul garant de l'évolution par la contagion imitative, se forge plus facilement par l'expérience commune dans la difficulté d'un milieu hostile naturellement.

Le fait de voisiner des situations difficiles pousse à relativiser l'importance d'objets et à les resituer par leur utilisation. Garder l'essentiel ouvre au renoncement du superflu !

Le glissement vers des règles plus élaborées et donc leur acceptation ne se fera que plus naturellement d'autant que le précédent aura forgé l'expérience et consolidé le concept d'ouverture et celui du renoncement intéressé.

C'est la mise en situation qui ouvre le champ des possibles à l'intuition, à la créativité et à l'intégration dans le respect mutuel lié à la complémentarité plus qu'à la compétition mère des oppositions, des rivalités et donc de l'exclusion par le jugement.

Fondamentalement, plus que d'infuser des savoirs souvent abstraits, l'orientation par de nouvelles mises en situation déclenche le processus d'intérêt et donc contribue à la motivation dans le sens où la reconnaissance mutuelle ouvre à l'épanouissement individuel dans la cohésion du groupe.

Le verbe "intégrer" ne se conjugue qu'à la forme pronominale et sans l'implication identitaire, la théorie ne peut aboutir à la pratique.

Il est hélas fréquent de constater que le système pédagogique est plus enclin à la sélection et à l'exclusion dans ses "procédés éducatifs" qu'à la volonté de permettre l'intégration et l'évolution !

Dans un monde dont le centre d'intérêt est plus souvent égoïste, comment pourrait il en être autrement ?

L'exemple initié dans la cellule familiale, s'il n'est prolongé par l'éducation risque de se fracasser dans le monde du travail où il est plus fréquent de voir des médiocres parvenir à leurs aspirations de pouvoir en marchant sur les têtes des autres, que par le respect mutuel !

Il y a encore un monde qui doit évoluer pour que la carte génitrice de l'évolution arrive à s'imprimer durablement de comportements matriciels et notamment face aux esprits primaires dénués de la moindre humanité...

Trop souvent l'esprit d'équipe de certains sports revient à masquer la lâcheté sous le couvert de la complicité de tous. Le courage à plusieurs n'est pas du courage surtout lorsqu'il s'exerce sur de plus faibles que soi ou sur les moins nombreux !

Le nombre tend à effacer le manque d'identité par la complicité mère de la reconnaissance au sein de l'équipe et la réaction de rejet, d'exclusion, voir de racisme, d'antisémitisme, de xénophobie est courante si ce n'est perçue comme naturelle aux lâches qui s'abritent dans cet anonymat de la foule ou de la masse dont la violence est un des caractères "éducatifs"...

Les fonctions cognitives se tournent résolument vers le besoin de domination et l'irrespect ne se module que par la crainte du plus fort que soi. En conséquence toute la lâcheté se révèle d'autant plus dans le dénigrement qu'il devient un réflexe de survie, surtout en l'absence ou dans le dos du modèle autant envié que haï !

Les premières victimes de cette pédagogie de la violence sont ceux qui y croient et tentent de la faire subir à tous ceux qui sont différents. En s'enfermant dans ce processus de haine cultivée, non seulement ils se déshumanisent mais ils s'enfoncent dans un enfer les opposant de plus en plus à ce qui est différent tout en les réduisant à la comédie permanente du dominé dépendant, éternel médiocre !

Dans l'évolution, l'on peut distinguer différents stades de procédés d'acquisition adaptés en fonction des objectifs et des domaines impliqués.

Du besoin d'imiter pour s'approprier ou pour s'opposer en passant par des contraintes grandissantes, il est aussi ce domaine du non être, celui du renoncement intéressé qui permet l'ouverture du vaste champ du subconscient.

Le "non penser" permet de maîtriser la voix permanente du conscient et détermine une attention décentré du détail, une porosité dans laquelle petit à petit les éléments du savoir vont pouvoir trouver leur juste place...Le procédé commence par la prise de conscience d'être conscients à plusieurs niveaux selon des principes différents.

La conscience pure est placée sous le bon sens de la logique.

Le subconscient dépend de l'instinct, non pas dans l'animalité primaire des inconscients mais dans ce qu'il aiguise la perception et permet non seulement un stockage plus important de données, mais qu'à l'usage répété, il s'organise dans une architecture cohérente qui va faciliter l'utilisation naturelle et la restitution des savoirs appropriés.

La condition principale de ce principe réside dans la cohésion du centre d'intérêt personnel tout entier orienté sur le respect de la vie.

Dans l'ouverture de ce champ élargi par un renoncement intéressé, il y a tout un potentiel d'avenir permettant l'évolution de l'individu dans ses fonctions cognitives supérieures et par contagion imitative, c'est l'ensemble d'une espèce qui peut aussi progresser durablement !

Face à un monde qui perd le Nord, ses repères identitaires et affectifs, l'espoir n'est pas vain si la démarche du renoncement intéressé permet une orientation humaniste qui maîtrise et repousse la violence bestiale.

Être ou ne pas être, là est la question !

G.

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