Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Divine comédie existentielle !

Alors qu'il serait évident par la simplicité du concept que tout est lié et forcément ayant la même origine, le divin est si impénétrable sans outils, que le projeter au cœur de la matière la plus dure permet paradoxalement de mieux le découvrir en toute chose y compris en nous.

Dans ce désir d'éternité véhiculé par le divin projeté il y a toute la peur de disparaître, la réalité de la tentation et le devenir de la prise de conscience par le renoncement intéressé.

Non pas qu'il faille renoncer à chercher ou à vivre, mais que l'évidence est plus accessible aux enfants qu'à tous ceux qui se sont formatés sous tant de préjugés et d'interdits qu'ils ont grande difficulté à percevoir et à reconnaître l'évidence !

L'obsession tient à l'inaccessible, tant le désir de s'approprier ce que représente par l'autre le modèle de l'objet convoité s'entretient par la difficulté et que cette même difficulté fait obstacle tant qu'elle attire.

La tentation diabolique se nourrit aussi de la résistance que l'on tente vainement de lui opposer. Par ce désir forcément jamais rassasié, car n'ayant d'intérêt que parce qu'il est inaccessible, se produit l'enfermement dans un mouvement d'effondrement qui s'amplifie. C'est une dynamique meurtrière qui démontre toute la subtilité de la différence par le petit pas entre sagesse et folie.

Tenter de danser sur le fil de ce glaive à double tranchant, entre attirance et rejet, vénération et hostilité, ne peut amener que la désunion de l'individu qui s'y aventure. A traverser ce gouffre insondable de l'humanité issue du divin, donc forcément divine, mieux vaut chercher le plat de l'épée que l'amère douleur du tranchant !

Le danger de la séparation et donc de l'hostilité réside dans l'incapacité de concevoir le mouvement en restant fixé sur l’immobilité du tranchant. L'incohérence et l'hostilité n'existent que par la vénération exercée d'autant que celle ci attise proportionnellement la tentation du fait que l'hostilité en grandit elle aussi proportionnellement. C'est la spirale infernale qui conduit à la réduction, à l'écrasement progressif par une pesanteur sans cesse accrue d'autant que le fil du glaive est étroit et affûté par "la pertinence" de nos préjugés...

Il ne faut pas confondre l'état, le devenir avec les stratégies développées pour assouvir le besoin existentiel d'une utopique éternité par le désir d'être désiré...

Si pour beaucoup "la fin justifie les moyens", il ne faut pas oublier que ce sont les moyens qui conduisent à la fin et qu'en conséquence, si l'important réside dans l'art, il ne trouve sa réalisation que par la matière travaillée. L'outil stratégique utilisé n'existe que par son usage porté à la matière. C'est donc par la pratique que l'art se développe et que l'oeuvre finit par trouver sa réalisation, donc une certaine forme d'éternité dans chaque instant de son évolution.

Cependant même la pierre finit par se désagréger et toute chose est vaine...

Entre tentation et renoncement se situe toute une démarche consciente du cheminement qui n'enferme pas et ne réduit pas le marcheur dans l'immobilité d'une finalité réductrice. Chaque développement, chaque pas, chaque progrès, est le résultat d'une évolution qui elle même répond par une stratégie à la volonté d'une prise de conscience de la dualité et de ce qu'elle implique d'infernal.

Tout devrait reposer sur cette motivation d'échapper à l'enfermement plutôt que de continuer dans la médiocrité réductrice qui conduit et entretient la division. Or, il est difficile d'échapper à la tentation de suivre les exemples qui nous entourent d'autant qu'ils paraissent inaccessibles et que ces utopies meurtrières ne sont que des utopies !

En revanche, ce mécanisme peut s'avérer utile si on l'emploie différemment. Par un "mensonge", l'on peut découvrir une réalité !

Ici s'installe le mythe déployé en stratégie de l'évolution pour échapper à l'enfer. Il faut tout de même demeurer conscient que le mythe n'est qu'un mythe et que tout dépend de ce que l'on place comme "vérité" au cœur du mythe !

Sinon, l'on a tôt fait de retomber dans le travers du dogme réducteur et de s'y enfermer !

Bien que les dogmes soient ce qu'ils sont, c'est à dire des contraintes érigées sur un conventionnement imposé, ils demeureront une étape indispensable à l'évolution de l'humanité tant qu'il sera possible de s'en dégager pour retrouver l'essence de l'essentiel, l'origine de toutes les origines, c'est à dire se réconcilier avec le principe créateur pour ce qu'il est en nous et en toutes choses !

L'architecture du vivant répond par ses adaptations à des contraintes naturelles qu'imposent les Lois universelles pour ce que l'on peut en saisir la cause par ses effets. Il demeure regrettable d'ériger tant de temples artificiels qui ne tiennent pas compte de l'environnement naturel tout comme tant de religions sacrifient au nom d'un Amour qu'elles contribuent à détruire.

Paradoxe de l'absurdité une fois de plus lié au refus de l'évidence par l'attrait de l'inaccessible utopie !

Contrairement à bien des dogmes se réclamant de la vie pour repousser la mort, c'est en côtoyant la mort que l'on apprécie la vie. Par expérience, l'essentiel, c'est ce qu'il reste lorsque l'on a renoncé à tout ce qui est superflu. Non pas qu'il faille vivre en ascète et refuser tout confort, mais simplement savoir apprécier ce que l'on a et cultiver ce bonheur éphémère des petites intentions plutôt que l'illusion des grands événements !

Plus que la mort en elle même ce que nous craignons c'est la peur qu'elle engendre du fait de l'inconnu qu'elle représente et qui fait de nous des étrangers sans repère, sans identité, dans un autre monde que le nôtre. Qu'il y ait un autre monde ou pas, seule la peur demeure et la fascination de l'impossible retour en rend l'attrait encore plus grand.

Le mécanisme du désir est aussi présent dans cette tentation empreinte de rejet et de cet impossible réconciliation dans la finitude des choses.

Que l'un se sacrifie et d'autres l'imiteront. Jusques dans l'absurde le désir de l'inaccessible entretient le besoin morbide, surtout s'il est paroxysme du renoncement et de toute évidence logique. Même dans ce qui peut paraître absurde il est une logique de désir qui échappe à la logique conventionnelle, celle de l'imitation pour être et devenir, même dans l'absurdité du sacrifice ultime.

Que le mensonge devienne "vérité", toute la force du déni n'augmentera que l'attrait par cet inaccessible dont on a placé la barre bien au dessus de toutes nos capacités...

Seul l'instinct de vie peut alors détourner de la logique irréparable entretenue par le désir du sacrifice. Le subconscient, ultime bouée de secours d'un conscient à la dérive demeure l'ultime rempart contre l'irréparable absurdité.

Dans la substitution de la logique de mort à celle de la vie, il y a tout ce conditionnement qui aurait pu se centrer et finir autrement s'il n'y avait cette manipulation dogmatique transformant un être sain en bombe humaine.

Le problème majeur dans cet irrationnel, c'est qu'il répond par une rationalité érigeant une logique face à la quelle il est difficile de démontrer l'absurdité par la logique de vie puisqu'il s'agit d'une logique de mort débouchant sur une promesse d'éternité...

Le chaos n'est pas perçu comme déstructurant mais comme une autre possibilité d'organisation.

En fait ce qui s'oppose entre les deux concepts réside plus dans les moyens que dans la finalité, malgré que la finalité soit un but justifiant les moyens...

Le serpent se mord la queue et pour qu'il nous rende notre liberté, il faudrait lui couper la tête une bonne fois pour toutes !

C'est bien dans la tête que réside l'explication obsessionnelle qui établit la stratégie conduisant à la destruction par un esclavage consenti. La culture fanatique est un résultat ambigu fondé sur le déni et motivé par le mécanisme pernicieux du désir.

Dans la chaîne forgée par les interdits, chaque maillon fortifie le déni et conduit l'esclave par la difficulté, voir l'aspect inaccessible du désir d'un hypothétique paradis devenu abordable par le sacrifice.

Par contre, c'est le renoncement total, cette envie d'en finir avec toute logique de vie, même celle d'après la mort, qui pousse à l'auto destruction. Il y a donc une différence fondamentale entre suicide et sacrifice, l'un se focalisant par les moyens de finir, de fuir une réalité et l'autre dans l'objectif de réussir une utopie.

Entre ces deux concepts débouchant par l'absurde il en est encore d'autres qui s'illusionnent de bien finir une réalité pour retrouver une "vérité" plus réelle que la réalité...

Pour retrouver une certaine conscience, il faut dépasser la croyance et être capable de voir et de comprendre pour évoluer et développer d'autres comportements, d'autres attitudes.

A partir de là se situe la démarche d'un renoncement intéressé tissé ici et maintenant tout le long du chemin de vie qui fait fi de toutes les illusions et des promesses utopiques faites par les marchands de sable et autres manipulateurs...

Là où beaucoup ont seulement vu le sacrifice d'un dieu fils de l'homme, je préfère y découvrir cet extrême renoncement intéressé d'un homme divin qui ridiculise la mort, ses servants de violence et de haine, en prônant un Amour désintéressé devenu le centre de l'Univers !

S'il fut sacrifié, ce fut contre sa volonté, seulement pour démontrer toute la responsabilité qui ne repose en fait que sur les épaules des hommes et donc non endossable par un quelconque dieu gourmand de sacrifices !

Là est certainement le seul véritable prophète qui n'a pas été encore véritablement compris...

Relire les évangiles sous cette optique refusant le sacrifice et la violence pour que les hommes assument leur pleine responsabilité et donc redeviennent libres et égaux devant le choix crucial, voilà qui devrait amener de quoi évoluer !

Bonne réflexion !

G.

Commenter cet article