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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Les fruits de demain portent les graines du passé !

Depuis l'aube de ce que nous tentons d’appeler "Humanité", l'antique réflexe de la violence demeure latent dans tout ce que nous faisons.

Tant est il tenace qu'il apparaît comme légitime lorsque nous lui donnons vocation réparatrice servant d'expiatoire à tous les maux de la terre et notamment à tous ceux liés et produits par l'homme.

Or, la violence ne conduit qu'au renouvellement de la violence et celui qui vit par le glaive périt par le glaive... Non pas en ce sens qu'il risque d'être tué lui même, mais dans celui que la violence qu'il perpétue ajoute à la violence qu'il subit et donc le déshumanise un peu plus à chaque prononcé d'une quelconque sentence qu'il projette.

Par la contrainte ne se produit que la contrainte et dans un monde fait de contraintes fussent elles légitimées, il reste de moins en moins de place à la moindre parcelle de Liberté.

L'enfer est dans cet enfermement bâti au fil du temps dans ce que nous croyons imposer à tous pour le bien de chacun alors qu'il n'appartient qu'à chacun d'évoluer réellement pour le bien de tous...

Bien sur le monde est bâti sur la violence et il est difficile d'y échapper sans péril.

Mais le plus grand des périls est d'y perdre ce que l'on a de plus précieux, ce qui fait de nous des humains et non plus des bêtes plus bêtes que les bêtes !

Il y a tant à apprendre de ce qui nous entoure et nous le détruisons allègrement au nom d'une violence prédatrice qui veut imposer l'artifice au naturel, dans la confusion d'un intérêt égocentriste, sans discernement de ce qui nous est propre et de ce qui nous est commun...

Renoncer à la violence, n'est qu'un long cheminement dont nous perdons les repères faute d'un souvenir qui s'estompe au travers d'une culture en perte d'espérance et de pratique au quotidien.

Le paradoxe que nous traversons amène le concept d'une spirale infernale qui veut que plus nous pourrions hériter de toute l'expérience du passé, plus nous nous confinons dans ses erreurs en oubliant la substantifique essence qui dynamise l'évolution.

Bien des jalons ont pourtant mis en évidence les rouages de la violence perpétrée au nom d'une violence qui viserait à échapper à la violence. Un renoncement qui n'est pas fait d'un lâcher prise à tout ce que constitue la vie, mais seulement le dégagement d'un mécanisme pernicieux duquel nous sommes dépendants de part une tradition inscrite plus en réflexe que réellement consciente de ce à quoi elle est soumise.

Dans chaque verbe il y a un ver ancien qui pourrit le fruit. Dans chaque graine il y a son passé et son devenir. Pourtant nous imputons au monde et à ceux qui nous entourent les faits dont nous sommes responsables personnellement ou ceux sur les quels nous ne pouvons agir directement. La violence projetée semble dissiper ce trop plein d'énergie non canalisée qui réside en chacun, mais par le jeu pernicieux de l'astucieux miroir, nous nous la renvoyons les uns sur les autres et finalement ce qui est projeté se retourne contre celui qui l' émet...

Donc, aucune solution projetée ne peut être valable si elle n'est fondée par l'exemple donné plus que par celui imposé. Autrement dit, pour comprendre nos erreurs, il faut les avoir vécues et avoir pris conscience de ce qu'elles sont ainsi que des mécanismes qui les engendrent autant que des effets qu'elles produisent pour pouvoir construire de nouvelles attitudes propres à ce que nous sommes par de nouvelles pratiques individuelles entretenues au quotidien. Ensuite le réflexe d'imitation peut servir à propager de nouvelles attitudes en lieu et place des anciennes prisons de violence.

Toute répétition d'erreur devient cyclique lorsque l'on se coupe de la mémoire par l'estompement des valeurs qu'on leur accorde. Or la sacralisation de la violence ne fait qu'entretenir la violence puisque elle l’accrédite et finit par la légaliser en us et coutumes dont on perd la signification d'origine pour n'en conserver qu'un rite perdant de son efficacité au fil du temps...

Pire encore, cette violence s'amplifie par le déni de l'expérience qui rejette sans comprendre les racines propres à son entretient ou à sa résolution par d'autres voies que celles qu'elle ne cesse de générer. Pour que le monde échappe à sa violence, il faudrait d'abord que chacun puisse y renoncer personnellement.

Or, dans ce qui nous entoure, la violence règne en maître de tout ordre et l'exclusion ne fait que nous enfermer dans notre propre violence sans donner d'échappatoire à un trop plein d'énergie qui finit par nous détruire tant de l'intérieur que de l'extérieur...

Donc, s'il est un exemple à suivre il ne peut être que dans ce que nous faisons personnellement sans chercher à se fuir ou à trouver refuge dans ce que les autres ne peuvent de toute façon nous montrer...

Aucun "élu" quel qu'il soit ne peut que nous renvoyer notre propre image déformée par ce que nous cultivons. La solution est en chacun et il ne peut la trouver que par lui même !

Tout travail d'évolution ne trouve son fondement que par le travail sur soi, en soi et par la mise en pratique au quotidien. Rien n'est jamais acquis et si chaque jour suffit sa peine, la joie demeure à celui qui y arrive avec ses hauts et ses bas à maintenir un fil conducteur qui lui est propre.

Par ce fil conducteur, nous ne sommes plus les pantins manipulés par d'autres fils que le nôtre. Donc cette Liberté de notre attachement nous libère de toute entrave étrangère. Sans violence, si ce n'est que la douleur de lutter et de se construire soi même par soi même.

Ensuite, le regard porté à l'autre, qu'il soit intérieur ou extérieur ne peut qu'évoluer si nous ne le considérons plus comme étranger à ce que nous sommes dans ce que nous avons de commun par le respect de ce qui nous est propre en chacun.

Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais qu'on te fasse. Fais aux autres ce que tu aimerais qu'on te fit, car ce que tu fais aux autres fais le comme s'ils étaient toi même...

Au delà de ces paroles, reste cette chose commune qui fait que quelques que nous soyons, nos origines sont la même...que tout ce qui nous entoure !

Dans le renoncement à la violence, il est tout le salut de l'Humanité par la compréhension, l'écoute et le pardon dans une mémoire qui ne s'auto ampute pas des causes réelles ni des mécanismes qui les meuvent.

Par la désacralisation nous nous sommes coupés de la compréhension des mécanismes qui fondaient les cycles infernaux tout en y demeurant de plus en plus dépendants !

L'avenir bascule entre la tentation immémoriale du retour inféodé au sacré et dans l'enfermement nihiliste qui le rejette tout en s'y aliénant. Pourtant il est une autre voie de sagesse pure qui est celle du travail et qui fait de la douleur non pas la gloire du martyr mais le chemin lumineux qui entretient l'espoir conscient et lucide.

"Tu enfanteras dans la douleur" et notre monde ne rêve que de plaisirs fugaces, de batailles sanglantes dont néanmoins l'on ne subit ni les nausées des putréfactions, ni les atrocités de ce que l'on s'y inflige, ni même cette peur viscérale que l'on y cultive en guise d'instinct de conservation !

A force que de ne vivre par procuration, l'on finit par ne plus vivre ce qui est réel et une fois de plus le déni permanent masque la réalité insupportable d'un quotidien que l'on rejette ou que l'on préfère projeter sur autrui, mais si possible sans douleur pour soi !

Cependant, il est bien une chose à la quelle nul n'échappera, c'est la destination finale !

Que restera t' il alors, si ce n'est qu'un tas de cendres, un peu d'amertume et tant de choses inutiles qui ont fait d'un jardin un enfer ?

Si demain vient émerger dans le feu cuisant, plonger dans la nuit sans fin ou s'engloutir à jamais sous la terre ou dans les flots, le seul regard que nous laisserons sera celui qui fouille incrédule notre passé à la recherche de ce non devenir de l'absurde réalité. Restera peut être la trace futile d'un chemin semé d'embûches que nous n'aurons pas su fleurir du bonheur de vivre, d'aimer et tout simplement d'avoir fait vivre l'amour de l'avoir tracé par un fil conducteur que l'on appelle "Humanité".

G.

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