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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Un autre regard...

A trop se contempler dans un miroir, l'on ne voit que l'inverse de ce qui est !

Narcisse, imbu de son image glisse son regard sur une surface bien lisse et plus il s'y attarde plus il ne voit que ce qu'il désire, écartant la réalité, et pourtant...Il vieillit !

Voir l'inverse de ce qui est demeure un exercice ouvrant aux possibilités d'accéder aux mécanismes de la réalité.

Combien de fictions amènent à réfléchir sur ce que l'on croyait acquis et finalement permettent d'aller au delà du miroir, bien en amont des apparences ?

Le premier danger est bien celui de s'arrêter au cliché, à la première impression, à cette image figée qui célèbre les certitudes et vous noie dans l'illusion. Ce préjugé souvent absurde ne révélant que sa propre vision des choses ou du moins cette idée forgée dans l'apparence qui inhibe toute autre pensée que la sienne.

Aller au delà de la surface du miroir, c'est essayer de percer le secret d'un mécanisme bien plus révélateur que les faits qu'il implique ou rend possible... Le relatif s'insinue dans ce que d'un versant ou de l'autre de la version constatée, la seule réalité est dans ce qui provoque et pas dans ce que l'on voit. Voir, donc ne suffit pas car il faut entendre, c'est à dire comprendre l'essence qui conduit à l'objet apparent.

Même dans le pire des chaos, il est une logique qui l'entraîne, qui l'induit.

La folie n'est pas forcément sans raison, si ce n'est que la logique raisonnée à souvent du mal à l'admettre.

Si l'instinct permet souvent de se prémunir, il est parfois aussi menteur que l'apparence de l'objet et sans revisiter autrement que par la logique primaire ou la sensation déformée par le manque d'expérience, il est de fortes chances de se fourvoyer quant à ce qui motive le désir objectif ou sur les mécanismes qui sont fondateurs de la réalité.

Si l'on considère un état donné et que l'on tente d'en remonter aux sources de son origine, sans prendre l'inverse de ce qu'il est, la diagonale ne peut s'établir et donc la croisée des chemins ne se peut entre deux parallèles. Par une autre issue, un autre état, l'on peut remonter à l'intersection de divergence et petit à petit découvrir les forces et mécanismes fondateurs de la réalité.

Tout peut paraître relatif, du à un certain hasard, pourtant, si l'on remonte assez haut dans l'alignement des points de convergence divergence, alors tout finit par s'éclairer et le mécanisme apparaît dans toute sa logique de réponse à la variabilité des forces opposées ou convergentes.

Si l'utopie s'arrête sur un cliché, une conception, l'uchronie révèle le mouvement, la possible alternance et en amont du comment l'origine du pourquoi !

Lorsqu'une situation est de fait déficitaire, inductrice d'un chaos et que nul ne se résout à évoluer, il suffirait pourtant de prendre l'inverse et de voir ce qui favorise la réussite. Si ces facteurs dégagés ne sont pas présents dans la situation délicate conduisant à l'échec, au déficit, alors soit il faut les provoquer ou carrément se remettre en cause pour faire évoluer ses comportements par d'autres stratégies.

Tout n'est cependant pas forcément possible et ce sont les conditions limitatives qui induisent la réduction des possibles à un certain éventail de changements.

En supposant une aggravation, c'est à dire en concevant un état de l'objet plus dégradé que ce qu'il est réellement, l'on peut aboutir à un empirisme qui ne sera pourtant pas forcément la réalité objective future de l'objet.

Ce n'est qu'en modifiant les variables que la réalité future peut évoluer ce dans la limite des possibles...

Cependant, si l'on arrive à remonter au mécanisme originel, alors avec peu d'effort, tout peut basculer !

Il est des situations dans les quelles, l'épuisement des ressources est tel qu'il n'y a aucune issue possible. Changer du tout au tout n'amènera pas pour autant une solution valable car il est souvent trop tard. Le bilan qui se base sur l'échec seulement, ne peut conduire à la réussite dans le même cas de figure. L'erreur n'est pas dans les faits, mais dans le procédé et forcément dans ce qui l'a induit...

Si l'on prend l'histoire d'Ali Baba et des quarante voleurs, bien des possibilités peuvent être envisagées. Ali Baba devient complice du vol en volant les voleurs car il s'approprie le butin.

Maintenant, si l'on supprime le chef des voleurs, ceux ci en trouveront un autre.

Supprimer les voleurs ne conduira à rien puisque le chef recrutera à nouveau.

Le problème n'est même pas le vol, mais ce qui conduit au vol !

En agissant sur ce qui conduit les voleurs à s'organiser parce qu'ils ont besoin de voler, le problème ne sera pas résolu pour autant car il restera la motivation première, le mécanisme inducteur du vol, c'est à dire l'appropriation donc la propriété. Mais plus en amont encore est le désir de s'approprier et le désir lui même qui répond à un besoin d'imitation et donc une cause identitaire dans le besoin d'être reconnu par la propriété de l'objet dérobé.

Être reconnu implique cette réalité de l'existence et donc de la peur de ne plus exister...

C'est donc cette peur qui pousse à être reconnu par la propriété que l'on dérobe et qui conduit à s'organiser pour voler...

Donc, si l'on n'a plus peur, pourquoi désirerait on posséder pour paraître et donc voler ?

Le problème primitif réside dans la réconciliation avec la vie par l'acceptation de sa condition périssable. Chaque fois qu'un individu ou un groupe d'individus se retrouve dans une situation de crise identitaire, l'imitation de comportements déviants qui trouveraient leur raison dans la reproduction d'un désir réciproque finit par crédibiliser la déviance et donc à répandre la normalisation du vol au sein du groupe. Plus ce groupe devient important, plus le vol se répand et donc Ali Baba ne change rien à la donne !

Il n'est qu'un voleur de plus !

En revanche si la reconnaissance de comportements différents se voit récompensée, la norme peut s'inverser car l'intérêt se décentre du vol par ce besoin de reconnaissance et donc cette nouvelle identification "bénéfique". Si le référent demeure dans la logique du vol, rien ne peut aboutir et le vol perdurera comme modèle usuel et fonctionnel...

Donc, il est préférable de couper la tête de l'hydre mais aussi d'agir sur le mécanisme qui induit le vol suffisamment en amont pour que toute possibilité future ne puisse advenir.

Juxtaposer un second et même un troisième cerveau au premier ne fera que les exposer à la contamination...

Tout doit changer en même temps soit par la suppression totale, mais qui ne changera en rien le devenir puisque les causes premières n'ayant pas été modifiées les effets se reproduiront forcément si d'autres personnes s'y retrouvent soumises, soit par un changement d'objectifs et une reconnaissance basée sur la perception identitaire au travers d'un centre d'intérêt mutuel redéfini par un respect individuel dans ce qu'il peut amener de réconciliation avec le coté éphémère de l'existence !

Ali Baba devient l'observateur privilégié d'un trésor invisible car il réside non pas au fond d'une caverne mais dans le cœur des gens !

Il ne suffit pas de supprimer la misère en supprimant les miséreux, ni de faire de nouveaux riches, il suffit de ramener la paix par le respect de soi et des autres dans un renoncement intéressé induit et inductif...

La violence ne conduit qu'à toujours plus de violence, le vol à l'avarice et l'égoïsme ne répond finalement qu'à cette image furtive de Narcisse, usé par le reflet palot de son âme d'imbécile prétentieux !

Ce que Narcisse souffre vient du même mal que celui qui pousse Icare vers le plus haut pour retomber au plus bas. La désillusion rejoint la vieillesse sur l'insipide reflet d'une vie dont le cœur n'a pas trouvé sa raison d'être.

Bonne réflexion !

G.

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