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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Attendus et craints de tous, ils n'ont jamais cessés d'être là !

La révélation, ce n'est pas eux, mais celui qui vient après...

-"Je ne rêve pas, d'ailleurs, je ne dors presque plus, du moins pas comme je le voudrais.

Pour ne plus penser, je passe mes nuits avec les écouteurs sur la tête et j'entends toute la misère du monde vomir sa litanie, ses fictions et ses réalités faussées par de mielleux propos...

J'entends ces choses construites pour captiver, celles qui sont là pour empêcher de penser...

Ecouter, écouter, écouter...

Je préfère ça aux idées qui m'assaillent, au mal être, à ce déséquilibre d'une conscience malade d'elle même, à cette infirmité qui touche les êtres brisés, étouffer la douleur du cœur déchiré mêlée à d'autres souffrances dont on feint d'ignorer la torture.

Ecouter, écouter, écouter...

Voir et oublier, puis, ne plus regarder ce qui se trame, mais entendre, entendre avec mon cœur malade et pas avec cette partie de moi qui jacte ce qu'elle peut de délires raisonnés.

Les cigales métalliques crissent un tissu toujours présent mais qui se fait plus léger avec l'épuisement. Comme si tout ralentissait avant d'être englouti.

Ecouter, écouter, écouter...

Je refais le tour de tout ce que le soleil a éclairé de réussite. Je laisse au sombre versant l'obscurité de la défaite. Les paysages défilent, les ambiances, les regards dérobés et ceux complices d'un secret si personnel...

Je n'arrive plus à m'émerveiller de ces choses simples et naturelles. Je sais que c'est beau, mais je ne ressent plus ce serrement, cette joie d'être en vie là, simplement.

Il ne me reste plus que ce bruit de fond pour cacher cette voix stupide qui m'angoisse, qui commente tout. Alors, je me noie dans l'absurde de tous les mensonges, de tous les dénis, jusqu'au K.O, jusqu'à ce que je finisse par renoncer, que je sombre, abandonné dans le puits profond du néant vers cette petite mort d'où l'on revient de tout.

Ecouter, écouter, écouter...

Chaque nuit est un naufrage et chaque matin, j'émerge dans la douleur de l'obscurité d'un répit trop court. Viennent alors ces gestes sans cesse réappris, ce rituel d'automate désarticulé qui s'efforce de survivre sans trop savoir pourquoi. Ma carcasse résonne du cliquetis de mes os qui s'entrechoquent à chaque pas. La raideur m'accompagne avec la douleur son amie.

Puis, le besoin d'un silence impossible. Ces sifflements aigus, lancinants qui reprennent le dessus comme une foule de cris perçants qui clouent le moindre raisonnement. J'ai fini par les supporter et finalement ils masquent assez bien ce que je ne veux entendre.

Ecouter, écouter, écouter...

Enfin des images, des formes, viennent les fantômes de la nuit glissant dans la faible lumière du petit matin. Des projets, un ordre qui prend formes et reliefs. Tout s'éclaircit, les cris deviennent murmures. Je vois, j'entends, je comprends, je ne crois plus, je sais et je connais chaque pas, chaque marche pour les avoir partagé, pour les avoir vécu avec tous ceux qui les ont fait.

Là, je le vois, c'est lui, celui qui était là avant. Lui, l'un des quatre destructeurs. Je dis son nom et il s'éloigne. Ses frères se dressent le long des murs. Chaque nom les éclaire et ils replongent aussitôt dans l'obscurité du néant.

Ecouter, écouter, écouter...

Les fils du sacrifice ne meurent jamais. Chaque jour ils sont là tenant les hommes sous leur pouvoir perfide. Eux qui ne sont rien, enfants du néant dont on a fait des dieux sanguinaires, ils réclament leur dû quotidien.

L'un est richesse, sur son cheval argenté il asservit les esclaves de l'illusion.

C'est lui le grand menteur. Il possède ceux qui croient posséder et vend toujours très cher ce que l'on croit qu'il offre. Damnation éternelle à tous ses serviteurs.

Le second est pouvoir sur son destrier sombre aux sabots ferrés d'acier. Il piétine les hommes, asservit les femmes et transforme les enfants en vieillards desséchés. Seul l'esprit l'intéresse, le reste est insipide, inabordable et si inaccessible de simplicité.

Aveugles et cruels sont ses sujets, marionnettistes manipulés eux mêmes. Rapaces promis aux tourments de la faim éternelle, jamais rassasiés de mensonges, de fausses promesses. Ils se prennent pour des grands mais sont si ridicules qu'un moindre grain de sable leur paraît une montagne. Prisonniers de leur état en quête d'éternité, feuilles mortes balayées sans cesse par le vent de l'histoire.

Le troisième est haine sur sa monture en peau craquelée, tout en nerfs en dessous. Il grandit et se renforce avec le temps. C'est le grand dévoreur, l'ogre insatiable. Seuls en sont préservés les cœurs purs, les petits en bas age.

Rictus en masque d'un cœur qu'ils se sont arraché, ses serviteurs hurlent leur folie parfois en mots éteints, vides de sens sinon du venin qui tout consomme. Leurs maux sont pleins de fiel et de dents, de crocs, de rancœur qui les détruisent de l'intérieur bien plus qu'ils n'en projettent alentours.

Le miroir est leur ennemi et chaque fois qu'ils se voient, alors fureur grandit enflammant leurs sens bouillonnant de bile. S'ils n'étaient si lâches ils iraient jusqu'à tuer eux mêmes.

Le quatrième est rejet qui dresse tant de murs d'indifférence sur les os blanchis de son destrier.

Le maître des nœuds, l'étrangleur qui se nourrit de silences et de regards fuyants.

Il se vêt de la peur, de la sueur des lâches et abreuve le sol du sang des innocents.

Il toise du regard ceux à la main tendue, au ventre affamé, mais aussitôt le détourne lorsque sur un visage famélique apparaît une lueur d'espoir.

Ses serviteurs sont des ombres rampantes fuyant au moindre vent toute réalité. Ils sont légions aussi sourds qu'aveugles volontaires. Leur cœur est desséché. Ils sont vides de tout sens. Le déni les empli comme outres de vin mauvais.

Ecouter, écouter, écouter...

Tous vivifiés dans la mort du sacrifié. Ils se repaissent des chairs putrides, des carcasses refroidies, sans cœur. Ils sont les avides d'âmes égarées. Ils en font l'élevage et ne manquent jamais de bétail.

Les quatre sont toujours là derrière le rideau quotidien de l'aube naissante. Ils sont dans chaque rue, chaque jour les voit grandir un peu plus. Chaque nuit les éclaire. Ils connaissent tous les lits de la terre.

Incrédules, la plupart du commun tressaille en croyant que demain ils viendront les étreindre alors qu'ils sont déjà là, parmi eux, en eux, ils ne nous ont jamais quitté !

L'enfer, c'est tous les jours, toutes les nuits, il n'y a aucun repos.

Alors, riches et puissants, tremblez car le fléau penche de votre coté. Bien que dénués de cœur, si votre esprit dépasse le poids d'une plume vous serez broyés sous la meule infernale des jours et de l'ennui. Où que vous soyez, seule la mort vous délivrera du poids de vos erreurs, mais il sera trop tard pour racheter le prix d'une vie insignifiante...

Finalement vous n'aurez trompé que vous mêmes. Le manteau du déni s'envolera révélant la misère.

Que seront vos actes s'ils ne sont pas sincères, en quoi allégeront ils tant de négligence d'orgueil et de mépris

Oyez, oyez, oyez !

Il est temps car chaque jour est une fin en soi et un jour tout finira..."

G.

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