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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

L'habitude nous joue des tours, notre cerveau aussi !

Là, tout de suite...

Lorsque nous portons un regard sur quelque objet que ce soit, ou quelque personne, que "voyons" nous réellement ?

La réalité se teinte automatiquement "d'émotions souvenirs" liées à l'image jusqu'à ce qu'elles dépassent celle ci, au point que ce qui perdure, ce que nous en retenons n'est plus ce que nous voyons mais les émotions ou les constructions induites...

A chaque nouvelle vision de l'objet ou de la personne, c'est ce qui prédomine sur les sens premiers de la perception réaliste. La réalité diffère de ce qu'induisent notre logique ou notre instinct.

Ce qui n'est pas, finit par supplanter ce qui est.

Ainsi s'inscrit un cercle fermé que nous tentons parfois de faire évoluer en nous élevant au dessus de ces dépendances induites, car nous ramenons tout à une seule chose alors que tout est complexe et ne peut se concevoir sans cette notion de complémentarité si enrichissante.

L'art se bâtit plus souvent sur ce qui est induit que sur la simple réalité de l'œuvre et donc la "beauté artistique" n'est souvent que le reflet de ces "émotions" induites.

Richesse d'inspirations qui contribuent à l'épanouissement de l'être profond, mais qui masquent la simplicité des choses de part une transcendance finalement auto provoquée et induite par ce que nous percevons de la transmission de l'artiste qui lui même est soumis au même mécanisme...

Voir réellement est difficile sans s'y être préparé et encore faut il avoir en permanence des repères qui ramènent à cette réalité...

Le symbole a toujours joué ce rôle qui permet de ramener à une "réalité", à une méthode, à un rituel ordonnançant la pratique en se libérant de la contrainte permanente de notre esclavagisme consenti. Il amène une part de conscience dans le subconscient et ouvre celui ci à la possible exploitation de ses potentiels.

La vacuité, creuset réceptif, ne peut exister sans un parfait silence de cette partie "consciente" qui veut prédominer en toutes choses sans pour autant avoir cette réelle capacité d'action ni de mémoire. La "logique" finit toujours par trouver ses limites !

Il est une différence fondamentale entre les émotions construites sous la dictée de "notre logique" et les sentiments profonds produits par un instinct qui parfois peut être aussi nuisible que le sont nos pensées...

La véritable beauté est si apparente, parce que simple de sa complexité qu'elle est difficile à percevoir tant nous ne voulons pas nous y ouvrir. Nous préférons nos "références" simplistes qui unifient par le virtuel à ce qui est complexe en le limitant. En fait ce monologue permanent nous rassure vis à vis de ce que nous pensons être notre identité. Ce déni entretenu tend à nous faire vivre une "illusion volontaire" que nous promenons de part notre "regard faussé".

Ceci explique qu'en fonction de nos états, nous ne "percevons" pas de la même chose la même "vérité"...

Notre cerveau éduqué, c'est à dire formaté dans la construction de ses réseaux de neurones et dans la transmission des données, relie automatiquement le subconscient au conscient. Nous ne devrions cependant pas oublier que nous sommes un tout avant que d'être personne, c'est à dire cette illusion d'être le centre de nos intérêts et donc par conséquent, du monde que nous percevons de façon réduite !

Lorsque notre partie consciente scrute un objet, de façon subliminale nous y superposons des images, des émotions liées à l'expérience, des constructions artificielles vis à vis de ce que nous regardons et que nous ne voyons donc pas tel qu'il est...

Il en est de même avec tous nos sens !

Entendre un prononcé sans se prononcer en cascades de questions qui finalement empêchent de suivre le fil des paroles fait de nous les esclaves d'une logique de préjugés...

Le tableau vivant finit par disparaître sous les détails, les clichés...

Il en résulte une véritable torture liée à l'étroitesse de nos limites d'autant que nous ne voulons ni les reconnaître, ni les accepter !

Or, si le conscient est limité, la partie subconsciente est capable de tout enregistrer à chaque seconde de ce que nos sens perçoivent et ce que nous en ressentons...

Voir avec les doigts, entendre par la vue, redécouvrir une construction par ses parfums, tant de choses nous sont possibles en faisant taire une partie de nos sens pour développer ou détourner une certaine attention de ce que nous lui attribuons volontiers en tatouages et autres supercheries...

Bien sots nous sommes en ces "émotions" que nous bâtissons sur nos préjugés !

Or, voir enfin la réalité débarrassée de ses oripeaux est d'autant plus difficile que la chose nous met mal à l'aise du fait que si nous avons la faculté de nous souvenir, nous avons développé d'autant plus celle de vouloir oublier ce qui nous indispose...

Le malaise vient de cette différence douloureuse entre la réalité et ce que nous voudrions tant voir !

Nous fuyons cette réalité éphémère d'autant qu'elle nous fait perdre plus que la vie mais cette "identité" égoïste que nous supplantons à toute autre.

Le seul drame n'est pas dans la mort, ce qui est tragique, c'est la vie lorsque l'on est incapable de la réussir comme nous la voudrions et donc qu'elle engendre cette insupportable douleur de "vivre" ou de survivre... D'où ce mensonge permanent qui masque si bien la dure réalité !

Alors, que si nous acceptions chaque seconde, chaque chose telles qu'elles sont plutôt que telles que nous les espérions, le bonheur simple serait en permanence à notre portée.

L'éternel est dans le présent car le présent est éternel !

De même, dans le cas de vertiges, le litige se fonde entre ce que perçoit notre oreille interne et ce que nous disent nos yeux... Alors, le cerveau ne sait plus à qui se fier et donc commande aux yeux de s'aligner sur ce que nous "entendons"... Tout vacille !

Beaucoup ont des problèmes pour s'endormir et nous savons tous que lorsque nos sens se délient de ce que nous associons par nos perceptions à nos idées, la détente amène la récupération salvatrice par le repos de l'esprit, donc du corps, donc de l'âme. Or nous maintenons dans la peur une tension par la conscience et ce fol espoir de demeurer "éveillés", c'est à dire vivants, existants dans "notre identité" que nous refusons de perdre.

Il faut savoir mourir à cette vie de "personne" pour retrouver une unité dans ce qui nous dépasse, ce tout dont nous sommes parties et sans lequel nous ne sommes rien !

Mourir de vivre et vivre de mourir...

G.

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