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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par G.
Publié dans : #réflexion

1873, Puyvalador, 162 exploitations agricoles, 15 personnes en moyenne par maison !

 

2017, Puyvalamort, moins de 75 habitants permanents...

Quel progrès !

Même s'il est amer, ce "facile" constat n'explique pas tout. L'on peut considérer la dénatalité et les exodes ruraux autant que la fiscalité extravagante comme des causes fondamentales de cette sévère décrépitude.

Mais, allons plus loin...

Il suffit de discuter avec les rares survivants d'une époque révolue pour comprendre que les motivations d'antan n'étaient absolument pas celles d'aujourd'hui.

De nos jours, notre société "libérale" et foncièrement capitaliste place l'"économie" au centre de notre intérêt.

"L'intérêt est capital, c'est là le moindre des maux..."

Croyez vous vraiment Mr Jean de Lafontaine ?

Il fut une époque durant laquelle c'était la vie qui était au coeur des choses et plus que de posséder, l'important était de jouir de ce qui s'offrait à vous.

Avec une population importante de plus de 1500 âmes qui vivaient et s'organisaient sous un rude climat, les biens étaient maigres et si l'on possédait peu à beaucoup, chacun savait y trouver son compte.

Comme partout ailleurs et en bien des époques, il y avait un lot de mésententes...

Pourtant, il suffisait d'un événement malheureux, une grange qui brûle, tout le monde laissait les rancoeurs de coté pour venir en aide.

Les fourmis savaient être cigales !

La tradition générait des liens entre les générations et ce que certains aujourd'hui jugeraient "inutile", superflu, révélait et entretenait quelque chose de profond et de solide.

Les difficultés et les malheurs resserraient les relations. Un hiver qui durait de six à huit mois, c'était aussi en dehors des travaux quotidiens une autre vie voyageant de maison en maison pour de simples réjouissances autour du cochon que l'on sacrifiait respectueusement.

Car, la vie, même rude, était précieuse et respectée. L'on faisait attention à chaque chose, non pas parce qu'elle était rare, mais parce qu'elle était essentielle à la vie et que la vie était essentielle à chaque chose.

Point d'avarice, mais de la prudence et du respect et au delà, l'amour de la vie simplement !

Alors, vu d'en bas, l'incompréhension était totale de ces peuples encore attachés aux traditions d'un ancien régime !

En bas donc, l'on était "républicain", mais surtout bourgeois radical socialiste... C'était "tendance" !

De socialiste en fait, la mentalité se voulant ouverte et soi disant prosélyte, était réellement limitée et résolument tournée vers l'intérêt !

"L'intelligentia perpignanaise" fut bien niaise de son orgueil mal placé.

(L'on constate bien aujourd'hui l'étendue du désastre départemental, alors que nous avions tout pour vivre mieux !)

Cette intelligence ne visait qu'à accaparer ce qu'elle pouvait pour s'enrichir et "profiter" et profiter, c'était faire du profit ! 

Comment comprendre ceux qui jouissaient de si peu qu'ils n'avaient bien sur, besoin de rien d'autre !

La "belle excuse" !

En dehors de la "plaine du Roussillon" , le reste du monde pouvait demeurer dans une ignorance et un conservatisme désuet tant qu'ils ne demandaient pas quelques subsides...

Il y avait quelques familles ayant fait le lien entre le "Haut" de la plaine et le haut de ces contrées reculées...

L'inverse était pourtant plus réel. La mémoire est bien sélective, surtout pour ceux qui ne veulent pas se rappeler de leurs véritables origines !

Donc, à l'image d'une roue, ce qui fait un voyage harmonieux, c'est la place exacte de son axe.

Si autant de chaos perturbent notre monde, ils ne sont peut être pas sur la route mais proviennent du fait qu'en plaçant "l'intérêt" en "son centre" et non au centre de la roue, la roue se trouve désaxée...

Lorsque la Vie reprend sa place primordiale au coeur de chaque chose, alors le voyage redevient plaisir !

La sagesse et la philosophie des humains ne viennent pas de leurs cerveaux, ni de leurs portefeuilles. Elles sont au centre de toutes choses vivantes, simplement découvertes et appréciées par le regard qu'on leur porte avec le coeur !

Puissions nous voir un jour des roues qui ne soient plus voilées, ni décentrées de la vie. Puissions nous vivre un pays amoureux de la vie !

G.  

 

 

 

 

 

 

 

 

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