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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par G.
Publié dans : #réflexion

Lorsque le sage montre la lune, l'imbécile ne voit que son doigt !

La montagne est une entité par elle même et se réduire à l'un de ses aspects, voir seulement, ou croire qu'un de ses outils en serait l'essentiel n'est que pur enfermement dans la démence.

Ôtez une remontée mécanique de l'environnement où elle est implantée, la montagne, elle, reste la montagne !

Ici deux états d'esprit semblent s'opposer, celui qui révèle l'errance dans une prison obstinée et ce concept de Liberté capable de dépasser les limites de la dualité artificielle.

Pourtant, il faut avoir connu les murs de sa prison pour prendre conscience de leur apparence et enfin les dépasser...

Si l'on considère les acteurs et les milieux dans les quels ils évoluent ou s'enferment, alors toute la difficulté survient lorsqu'ils se rencontrent et s'avèrent souvent incapables de communiquer.

Chacun a développé son propre langage et ne fait aucun effort pour entendre d'autres que ses mots...

Le prestataire résonne en rendements, en séjours et richesses et le paysan s'enferme dans les mêmes considérations appliquées à sa condition.

Les "élus" sont encore dans une autre "logique" de rendement qui veut optimiser les actions pour un retour exprimé en reconnaissance et surtout en réélection...

Pris globalement ces archétypes ne semblent pas compatibles et pour cause !

Si tous parlent de profit, aucun n'est en capacité d'une vision globale !

Aucun n'est capable de ne pas penser la montagne comme étant son domaine exclusif, sa propre montagne d'argent ou de bulletins de vote...

Si l'on étend la comparaison aux autres usagers, le problème de fond est le même !

Tous veulent "profiter" !

Pour certains c'est la saison hivernale, ils ne veulent pas voir, ni vivre d'autre "réalité" que ce pieux mensonge !

Pire peut être encore, ceux dont le concept est réduit à une seule activité, qui plus est de consommation...

Connaître la montagne, c'est être la montagne !

Pour cela et ceux là, chaque saison fait partie de la même saison, chaque versant n'est que le même mont et chaque vallée n'est que la même contrée sans frontière ni limite.

Le temps lui même n'existe plus dans la mesure où le passé, le présent et l'avenir ne forment que la même éternité !

Nulle pré destinée, le voyageur crée son propre chemin sous ses pas au fur et à mesure qu'il avance !

Être la montagne, c'est ce que l'on est montagnard, une naissance à soi même !

Pas forcément vivre de telle activité ou de telle autre, mais aimer la montagne pour ce qu'elle est et non pas pour ce que l'on voudrait qu'elle soit.

Ceci sous entend que l'aimer, c'est aussi la respecter comme étant partie de soi même et soi même étant partie de cette montagne.

Nous pourrions en dire autant de la mer, comme du désert, comme de la planète entière, comme de tout l'Univers !

Mais revenons à nos moutons...

Car, moutons tondus et tondeurs ne savent pas ou plutôt ne veulent pas savoir qu'ils peuvent être autre chose que des moutons.

Ils ne vivent qu'au travers "leur création", leur déni en fait. Pour devenir de véritables montagnards, il faudrait qu'ils se désapprennent, c'est une "dé-création" pour une recréation par laquelle ils devraient évoluer...

Or, les murs de leur prison, si immatériels qu'ils soient, pour eux sont bien réels et si confortables, d'autant qu'ils les empêchent de voyager et d'être de surcroît confrontés à autre chose que leur propre dualité artificielle.

La Montagne souffre de ces "centres pénitentiaires"  qui se juxtaposent, se chevauchent et détruisent l'harmonie vivante d'un tout composé de tant de diversité.

Alors, comme une rencontre au sommet, seul le silence devient évocateur par tout ce qui n'a pas été dit. De toutes façons les mots ne sont que des artifices étrangers les uns par rapport aux autres...

Ils sont vidés de leur silence et n'apportent que des visions différentes souvent de choses qui le sont aussi.

Pourrions nous transformer la montagne que pour autant, nous n'arriverions à faire des montagnards de ces peuples enracinés dans la négation de la vie montagnarde !

Alors, à quoi bon toutes ces réunions de sourds, de borgnes, de bègues et de bots !

Ce qu'il manque, c'est la prise de conscience et pour cela, il faut un silence et une rencontre.

Peut être est ce devant l'immensité, la beauté qu'elle porte, lorsque quelque chose en nous se met à vibrer au sommet ou dans les plis de la vaste forêt, ou encore devant ces grands miroirs suspendus que sont nos lacs, mais l'écho produit devient comme un rapt, une brûlure qui transforme à jamais celui qui la ressent.

La rencontre avec ce feu intérieur épure de l'artifice et fait place enfin au montagnard libéré ! 

Nulle école, nul monastère sinon cette montagne révélatrice d'un écho intérieur inspiré d'un reflet ou qui perçoit enfin sa réalité derrière le voile nuageux de cette mer mystérieuse...

Le montagnard est riche de son trésor qu'il transporte avec lui et en lui, ce n'est qu'une parcelle de cette montagne, elle même parcelle de vie dans l'Univers !

Voilà finalement que cette Liberté n'est qu'un mouvement qui s'anime de lui même !

Même immobile, assis devant un feu de bois, plus aucune aspérité ne retient la lumière qui vient de l'intérieur de la Montagne.

Cette Montagne devient aussi l'écho de son écho, le temple de son temple...

Si seulement un petit rayon de cette lumière pouvait toucher le front de ceux qui sont emprisonnés derrière, alors elle éclabousserait le monde d'un torrent impétueux et de rires en cascades la beauté serait féconde.

​​​​​​​Nul besoin d'artifices, seulement cette mélodie qui poursuit dans la nuit la plus étrange des étoiles, celle qui danse dans le cœur des hommes et qui fait que seule la joie demeure !

Bien des montagnards s'ignorent en mourant aliénés d'obscures folies conduites par le profit.

Le plaisir ne vient qu'après la douleur de s'être soi même accouché. L'oracle de Delphes dicta ce commandement :"Connais toi toi même".

Malheureusement, la Montagne n'accoucha souvent que de souris de laboratoires, impotentes et stériles... 

Comprenne donc qui peut et pour cela, la clef est déjà dans sa main. 

Alors, d'une main à l'autre, le courant passerait afin que par le plaisir de vivre la montagne renouvelée devienne la porte de l'éternité.

Mais, déjà ces mots se perdent car aucun d'entre eux n'est la réalité.

L'important, c'est l'expérience de vie, tout le reste n'est que déni.

Rêve mensonger ou cauchemar éveillé, libérez vous en voyageant loin des tours bétonnées, des routes déjà tracées, créez vous même votre propre sentier !

Si vous n'y êtes né, faites la montagne, devenez la montagne !

Vous verrez ainsi que toutes les montagnes n'en font qu'une... 

G.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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