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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Samedi quelque chose...Le Carcannet...le vent chargé d'humidité et le froid qui descend sur les pentes. La pluie, avec une belle musique pleine de promesses. Des cèpes...des girolles...quelques sparasis !

Bien sur nous avons du arrêter la récolte des patates dont le champ était ravagé par des vaches pas sages...Dommage !

La semaine qui vient annonce du beau temps et le soleil dorera à point, je l'espère, nos coteaux. Le vert ressortira, s'il ne gèle pas.

Je vais aller me ressourcer quelques temps sur d'autres rivages et me laisserez vous un peu de lactère pour mon retour ?

RDV dans une semaine...

Gilles.


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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

L'Oracle de la montagne.

 

 

Qui oserait faire un pas de plus sur ce terrain infesté de pièges ?

Alors ?

J'attends !

Qui ?

Sorti du rang, un homme maigre, au visage osseux et aux grands yeux gris, s'avance.

Soldat ! Dis nous ton nom avant de te risquer plus avant.

Adaguerry est mon nom !

Mais si je me souviendrais de toi, toi tu n'en auras pas besoin longtemps.

Aussitôt il s'élance, pique sa lance en terre et saute le fossé. Roule sur le côté et descend le talus. Il évite les trappes et contourne les frappes.

Accélérant de plus belle, il reprend appuis sur le manche et passe au dessus d'une palissade de pieux. Ni les traits, ni les flèches ne l'éffleurent. Enfin rendu dans les rangs adverses il éclabousse de sang les murs de marbre blanc.

Suivant l'exemple du porteur de lance, la troupe se meut et s'élance.

Telle une louve enragée elle emporte sa force au coeur de la mélée. Les os se brisent et les corps s'affaissent. Ceux qui résistent périssent et les autres s'enfuient.

Enfin lorsque la place est prise, un cri puissant monte des rangs. La fureur retombe et laisse la face épouvantable d'une dernière grimace.

Le héros a survécu et le cavalier est tombé.

La lance une fois de plus ne s'est pas brisée.

Toi, l'appelle le roi, dis nous quel est ton secret.

Majesté, j'ai seulement regardé. Les yeux et les sens ouverts, le passage s'est révélé.

Je n'ai fait que de le suivre et je suis arrivé avant que de partir.

Mais, déjà on l'emporte, au dessus d'un pavois il disparaît dans la nuée.

Les années passent et délaissant les combats, il se replie au delà.

Seul, il regarde les hommes qui viennent à lui et lisant en eux le passage, il les instruit par ses présages. L'on vient plus que l'on accours et chacun craint non pas sa parole mais sa vérité.

Force de voir que ses yeux se fatiguent et toujours appuyé sur sa lance, l'antique guerrier écoute le coeur des hommes plus que ne les voit.

Ses mots sont plus précis et le verbe incisif révèle les malheurs à éviter.

Plus de fatalité pour ceux qui sont éclairés. Ils repartent heureux ou malheureux et chacun se félicite de l'effort de monter à la consultation de l'oracle de la montagne.

Il ne demande rien et on lui donne tout.

Ce qu'il dit, il l'entend et dans ses bras ouverts laisse passer le vent de l'histoire des hommes et de leurs manies. Guerres, misères et maladies pleurent de bien des plaintes que le bon sens évite en s'y prenant à temps.

Non pas que dure la paix plus longtemps mais en avisant, il évite d'autant les moindres appétits de la vorace ennemie.

Aveugle il sait mieux que personne la chose discordante qui met en péril le doux équilibre que de vivre heureux là où les autres expirent.

Vivre est déjà bien assez et sentir là où les autres ne peuvent voir est un lourd fardeau. L'Oracle porteur de lance vieillit prématurément tant en sagesse que dans ses os. L'empereur de ce monde vint le consulter et il ne reconnu pas le guerrier avisé.

Diminué, mais toujours aussi vif, il savait déjouer les pièges tendus par ses visiteurs.

Il savait aussi leur renvoyer avec finesse les impasses élégantes de beaux discours creux des vérités essentielles.

Parler pour parler ne mène à rien. Ce qui est primordial, ce sont les actes qui fondent réellement l'expérience !

L'Oracle avait horreur des baratineurs de tous poils et souvent il se murait dans un silence salutaire.

Tant il en avait entendu qu'il faillit en devenir sourd. Fuir ce qu'il réprouvait était devenu sa ligne de conduite et avant que certains aient levé la semelle de leur premier pas, lui, s'était réfugié au plus secret de la profonde forêt.

Le temps passe et les gens sont usants. Force de leurs passages qu'il en creuse des chemins. A force, la force s'épuise et l'on finit souvent seul de s'être vu si mal entouré.

Nul ne sait ce qu'est devenu Adaguerry le guerrier fabuleux, pas plus que l'Oracle de la montagne. Cependant, disent les fées, de l'autre côté de la réalité, ils seraient toujours là où on ne les attend pas.

L'aube pousse parfois une lance éblouissante qui plantée en terre fleurit de merveilleuses roses. Descendez au jardin pour vous en convertir et prêtez au parfum de légende l'once d'un soupir...

 

Gilles.

 

 

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

gelée de septembre 2012 005

Blanc de chez blanc !

Après une ondée illusoire, le froid, la neige en montagne et ...la gelée sur le plateau.

gelée de septembre 2012 004

Décidément, ni les regains, ni les champignons ne se montreront cet automne !

gelée de septembre 2012 018

Les vaches sont au régime sorbet et l'herbe manque cruellement.

gelée de septembre 2012 007

Dans les talus, il reste bien quelques touffes séchées et le seul gazon vert orne les cours des maisons du village.

gelée de septembre 2012 006

De mémoire de Capcinois...Nous n'avons pas souvenir d'une telle situation en cette époque.

gelée de septembre 2012 014

Souhaitons que les années à venir ne seront pas aussi sèches que celle ci !

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Guilhem...

Le retour de Guilhem.

 

gelée de septembre 2012 008

gelée de septembre 2012 010

 

Sentant leur fin approcher, l'usure ayant consommé jusqu'à leur dernier sourire, les adeptes de cette nouvelle foi chrétienne recevaient le consolament et s'ils ne passaient pas, ils poursuivaient l'endurró.

Ils ne mangeaient plus, ni ne buvaient et se laissaient mourir lentement dans les affres longues de l'épuisement et les délires de la fin.

Quelle absurdité qu'un sacrement qui se veut définitif !

Guilhem venait de vivre les derniers instants d'un de ses vieux amis et il avait eu beau déployer tous les arguments pour le faire renouer avec la vie, rien n'y fit.

Alors, pourrait il lui même suivre ce même chemin absurde qui n'était qu'une impasse volontaire au flux tournoyant de la vie ?

Au nom de quoi pouvait on se priver du don naturel qui coule en chacun comme l'eau de la première source ?

Finalement, quoi de plus naturel que cette ultime surprise qui vous prend au dépourvu. Elle viendrait bien assez tôt !

Il y avait tant de choses à faire, à voir, à découvrir. L'éternité n'y suffirait peut être pas.

Guilhem traversa le village et fut incommodé d'une odeur nauséabonde. Juste à la sortie, un bûcher se dressait et les restes déterrés d'anciens bonshommes s'y dégradaient dans la fournaise. Après les vivants, c'était les morts que l'on brûlait...

Il fit un large détour et reprit le chemin de la montagne.

Pendant que la noblesse usait de compromis, ce qui est dans leur nature, le peuple crevait de faim et tremblait sous la pression d'une église ne leur apportant que menaces et sentences au lieu du réconfort tant attendu.

Trouver une autre voie, une autre façon de donner de la raison et un sens méritoire à ce monde de fous. Guilhem ressassait en arpentant le sentier rocailleux qui l'éloignait de l'absurdité quotidienne.

Ils prônaient tous la Paix et voilà ce qu'ils en faisaient de la Paix, un charnier permanent. Il se devait une conversation avec l'ancien et il comptait bien y amener son compère maître de forge.

Il fit une halte chez le colosse et tous deux après une longue veillée repartirent au petit matin en laissant l'atelier aux mains de l'aîné.

Joan était devenu un expert dans tous les arts de la forge et de la fonte. Il maîtrisait bien plus de techniques et de connaissances que les autres ouvriers qui défilaient sans cesse pour leur voyage autour du métier.

Il avait été compagnon et de lui même, il était revenu s'établir avec le colosse rouquin qui le protégeait quelque peu de l'ombre familiale.

Ils formaient une ossature complémentaire et leur réputation n'allait qu'en grandissant.

Sachant l'art de compter, de lire, d'écrire, Joan tenait les registres aussi bien qu'un clerc. De plus il savait anticiper sur les commandes et négociait efficacement les fournitures pour les deux forges.

Avec une fierté débordante, il se voyait confier la tenue de l'illustre atelier.

Il saurait s'acquitter de sa charge par les qualités qui lui étaient reconnues.

Mais, du calme, du calme et du sang froid !

Il y avait pas mal d'ouvrage à réaliser et l'organisation demandait autant patience que courage. Les deux compères disparaissaient déjà au détour du chemin. Alors que Joan se retournait, quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver nez à nez avec son père.

Mais ? Mais ! Mais...

Ne fais pas la chèvre fiston, viens à l'abri sous le porche. Je vais t'expliquer et cela devrait prendre quelques heures.

Joan était abasourdi et plus il comprenait les étrangetés comportementales de son père, plus sa bouche s'agrandissait. Il aurait presque pu gober un oeuf d'autruche !

Maintenant, viens, nous allons à la grotte.

Mais, l'atelier ?

Ne t'en fais pas tu le tiendras à merveille à ton retour dans moins d'une heure.

Joan avait confiance en son père et pourtant, il avait un petit pincement au coeur en s'éloignant de la bâtisse. Alors qu'ils passaient la crête, il se retourna et crut avoir la berlue. Son sosie redescendait de l'autre versant et pénétrait dans l'atelier.

Il était ici et en bas en même temps.

Il se fit une raison et emboîta le pas sur celui de son père.

Alors, moi avec toi, c'est comme toi avec le maître de forge ?

En quelque sorte oui, mais, non.

Comment ça oui mais non ?

Oui, nous avons nos doubles qui ne sont que nous même dans des temps et des espaces différenciés. Nous pouvons voyager ensemble et séparément. Non, car ton patron n'est pas initié et tu ne devras jamais le laisser douter sur la moindre parcelle de vérité compromettante.

Tu apprendras vite. Il le faut.

Le vallon les avala dans la pleine lumière de cette dernière journée de printemps.

Ils arrivèrent à la première grotte juste avant la nuit. Ils n'eurent de cesse de travailler pour que Joan soit fin prêt avant l'aube révélatrice par la lumière de la porte sur le passé. Désormais ils étaient deux au moins à échapper au flux unique du temps.

Alors que le premier rayon de soleil pénétrait jusqu'au signe, Guilhem et son compagnon venaient d'entrer chez l'ancien pour une sérieuse discussion.

Ici et ailleurs en des temps différents, mais jamais au même endroit...

Pour ne pas se confondre Joan et son père portaient des anneaux anciens frappés de symboles étranges qu'ils tenaient à l'envers des curieux.

Ainsi, ils pourraient faire la différence entre l'avant et l'après.

Pendant que Guilhem se retrouvait une fois de plus dans son épais buisson, Joan redescendait vers la forge tout comme à son premier jour d'apprentissage.

Éternel recommencement ?

Non, il le savait, plus jamais rien ne serait comme la première fois, du moins dans ce qu'il avait éprouvé de si fort en ce moment là.

De son côté, Guilhem menait un plan destiné à faire sortir de l'ornière les victimes de l'absurdité extrémiste. Il fallait donner une ampleur sans pareille à cette vieille confrérie de travailleurs émérites.

L'ancien opinait de la tête, mais souffrait déjà de devoir reprendre la route pour aller retrouver les descendants de la longue lignée.

Le maître de forge aussi reprendrait son long voyage pour rassembler les frères des métiers. Guilhem allait forcer encore plus les passages et se retrouver en bien des lieux en même temps aidé de son aîné.

Au bout de trois années de pérégrinations d'atelier en monastères de forges en chapelles, de forêts en cavernes, ils revenaient sur le haut plateau accompagnés des représentants patentés de chaque organisation secrète.

Qu'ils soient les gardiens d'anciennes religions, de simples moines ou les survivants d'ordres persécutés, ils voyageaient deux par deux sans entrave que celle de ne jamais évoquer ce qui pouvait les opposer. Pour les tisserands, les compagnons, les charbonniers et autres confréries, pas question d'aborder quoi que ce soit qui n'allait pas dans le sens commun.

Chacun allait amener ce qu'il avait de meilleur dans le but de le transmettre en même temps que celui de recevoir. Réunis dans une grande salle sous-terraine, les 77 formèrent une chaîne humaine se tenant par la main. Ils ne purent s'exprimer que deux fois par soirée et il y en eut suffisamment pour que tout soit dit.

gelée de septembre 2012 011


En deux années les liens furent tressés entre toutes les organisations. Il fallut encore deux années supplémentaires pour donner l'ossature finale de ce qu'ils appelleraient désormais La Mère.

Leurs devoirs d'assistance mutuelle furent codifiés dans trois langues différentes répondant à trois niveaux de perception distincts. Chaque année ils se réuniraient en un lieu différent. Tous allaient agir de concert pour influencer tant les puissants que les faibles. Non pas sur une stratégie imposée, mais par le sens commun de valeurs représentatives. Ce serait long, mais ce ne serait pas vain. Chaque fois, le chemin tortueux viendrait au secours des misérables et insufflerait la voix de la raison pour le bien commun. Bien sur, rien n'est jamais acquis et les siècles à venir seraient chargés d'ouvrages périlleux mais dignes de l'investissement total et désintéressé.

Justice pour les hommes et Paix pour les âmes.

Paix pour le peuple élu.

Justice équitable pour tous les autres !

 

Ils étaient quatre pour entamer un nouveau lever de soleil, trois dirigèrent les fondations et 77 écrivirent la suite...

 

Qui sait si le retour de Guilhem n'est pas pour hier ou pour demain à moins que ce ne soit les deux en même temps en des lieux différents. Cette histoire se poursuit ici et ailleurs, hier et demain sous le même ciel éternel. La Mère et ses fils tisseraient des liens toujours plus solides.

 

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

septembre 2012 labours 009

L'automne est là avec ses paysages doux incitants au calme et pourtant, vite ! Il faut se dépêcher de faire les labours et de semer avant...

septembre 2012 labours 001

Qui sait le temps que nous réserve une météo en plein changement climatique !

Les gojis sont en fleurs !

Normalement, c'est aux mois de Mai-Juin...

septembre 2012 labours 010

Donc labours, labours...

septembre 2012 labours 002

septembre 2012 labours 007

De belles vues tout de même pour embellir le travail lent et répétitif de la terre que l'on retourne. Belle motivation pour la patience cultivée !

Gilles.


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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

roc mary sept 2012 001

Décidément les rares ondées ne sont que superficielles !

La terre est sèche et si dure en profondeur. Belle lumière d'automne, quand même, et spectacle magnifique...

Les champignons sont pas prêts de sortir et il faudra un changement radical qui ne survient en général qu'en Octobre.

D'ici là, de belles balades en perspective.

GP

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Passa ports !

 

 

Montagnards, à vos basques !

Il est un temps pour gravir les sommets inconsidérément. Il est ce temps de l'envie de tout voir et de tout maîtriser en même temps. Il est ce temps de voir demain en gardant sans cesse en vue ses repères d'hier.

Et puis...

Vient le temps du passage pour le passage, sans plus se soucier ni d'hier, ni de demain.

Passeur de cols, tu ne sais ni ne connais ce que tu trouveras sur l'autre versant.

Ni ce que tu laisses derrière toi...

Pourtant, tu deviens le passeur des rêves les plus fous, trimballeur de la seule aventure qui te mènera au delà de ce que tu ne peux imaginer.

"Passa ports" serait un peu le surnom de celui qui avance dans la vie. Aller vers demain sans savoir ce qu'est demain. Sans limite, libre des contraintes de la voie unique imposée par un objectif trop réduit. Connaître les pics non plus comme destinée, comme point à atteindre, mais comme des piliers voisins et bienveillants, ceux qui montrent qu'entre les extrêmes s'ouvre le sentier naturel.

La sagesse est plus dans le col, dans le port que dans l'illusion éphémère du point de vue unique. Pour aller aux sommets, il te fallait un guide. Pour franchir le col, tu as un compagnon !

Passa ports, ouvre donc tes yeux à l'image de la vie, à l'image du large passage entre les monts de certitudes fatales. Les couloirs resserrés, les pieds de falaises portent encore en eux les restes morbides de ceux qui ont failli. Il est tien, le temps et l'espace du voyage éternel. Ceux que tu rencontres le deviennent, non pas parce que tu les rencontres, mais parce qu'ils existent. Du fait qu'ils sont, ils seront à jamais. Parce qu'ils sont déjà en nous avant que de les croiser. Parce que d'autres les ont vus et que cette image se transmet depuis la nuit des temps jusqu'à la fin du monde.

Ton trésor est dans cette terre qui s'incruste dans tes semelles. Richesse qui ne s'accumule qu'un temps et qui n'a de valeur que pour ce que tu en laisses au sol dans tes traces.

Marches donc passa ports et si tu ne le peux plus, continues dans tes rêves l'aventure éternelle du bonheur. Marches dans ta tête autant que tu le peux. La fatigue n'est plus dans l'ascension, elle est déjà derrière toi. C'est bien elle que tu as laissé comme ce petit rocher posé sur le cairn et qui témoigne à son tour, repère pour ceux qui viendront encrasser leurs semelles.

Dans tes refuges, tu ne trouveras que ce que tu amènes. Voyages donc léger !

Débarrassé du sur-poids qui engonce, tu respireras mieux. Tu verras plus clair et tu pourras saisir ce qui échappe aux borgnes, aux bègues et aux boiteux. Tu verras de tes deux yeux de façon différente. Ta parole coulera de la source au torrent et saura s'arrêter au méandre de la vallée. Tes pas seront égaux et sans penchants illusoires.

Libre marcheur au dessus des nuages que tu laisses se dissiper d'eux même. Cette mer qui surplombe te sert de couverture et protège tes yeux des brûlures d'un soleil trop intense. Lorsque tu y plonges ce n'est que pour te perdre afin de mieux t'y retrouver.

A toi contrebandier de fortune qui profites de ce que tu transportes. Discret à l'approche des douaniers tapis dans leurs guérites. Maquisard qui glisse comme une ombre dans celle de la nuit obscure. Passa ports de libertés et fraudeur de ce que tu as pu voler à l'Etat qui te brigue.

Resteras tu insensible désormais à la seule vue de tes godillots délassés ?

Bien sur, tes pieds endoloris, bien sur, la raideur qui s'attarde sur des articulations usées, bien sur, le sel sur tes tempes et bien sur, le désir d'évoluer !

Ce feu que tu allumes et qui réchauffe ton coeur autant que ton âme est bien dans ton esprit autant que dans le foyer qui l'abrite.

L'eau que tu puises à la source n'est fraîche que parce que tu la bois et son chant est si doux parce que tu t'attardes pour profiter encore un peu de ce qu'elle provoque en toi.

La racine qui te nourrit, tu ne l'as pas coupé et elle pousse en toi pour que naisse une fleur sauvage et éternelle.

Avant de repartir laisses encore un peu de toi au porte manteau du refuge que tu as partagé avec ceux qui sont tes semblables. Plutôt qu'un graffiti, laisses une caresse sur la pierre qui t'abrites. A chaque rendez vous, tu la retrouveras intacte et souveraine. De la patine des ans elle te parlera doucement du passé pour que glissent tes pas sûrement vers un futur qui est déjà présent.

Il n'est pas de hasard, seulement le chemin que tu mènes n'est pas encore écrit, ni tes traces visibles.

Passa ports, vas donc et souris à la vie autant qu'elle chemine en toi comme la sève du pin consumée par le feu qui te tient éveillé !

Bonne randonnée, Passa ports !

 

Gilles.

 

 

 

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Guilhem...

Entre monts et merveilles.

 

 

Sourdes, sont trop souvent les oreilles !

Écoutes avec le coeur !

Entends tu le métal qui chante sur l'enclume et les battements rythmés de son âme ?

Sens tu sa parole à la trempe brutale dans les eaux glacées venues de la fonte des neiges ?

Ce crépitement de joie, lorsqu'il se débarrasse de ses impuretés, vois tu comme sa chair est profonde au coeur du foyer ?

Guilhem écoutait le maître de forge qui transmettait à son aîné le savoir sans cesse abreuvé de nouvelles découvertes.

D'ici deux ans, il pourra entamer son voyage. Le colossal forgeron riait à pleines dents dans sa barbe roussie par le brasier ronflant. Il est aussi fort que franc et sa patience n'a d'égal que son courage. Ce petit fera bien son chemin !

Les commandes affluaient en toutes sortes d'outils que Guilhem ramenait sans cesse dont on ne sait d'où, ainsi que certaines techniques originales.

De temps à autre, ils expérimentaient de nouvelles trempes, construisaient des moules réutilisables et grâce à la rivière proche, utilisaient la force de l'eau pour manoeuvrer un pilon de taille aussi impressionnante que le maître des lieux.

Les deux ateliers se complétaient à merveille et les minerais utilisés étaient si différents que chaque forge avait ses spécialités inimitables. De nouveaux alliages allégeaient les outils en leur conférant une résistance exceptionnelle. La rouille ne semblait plus devoir altérer la durée de leur vie,

Les trempes additionnées de certains sels d'origine animale donnaient plus qu'une patine aux ferrures les plus simples. Dans les siècles futurs elles seraient encore là pour témoigner par leur longévité d'un savoir faire ancestral ingénieux.

Les apprentis et compagnons se relayaient en permanence et les tombereaux de charbon allaient bon train. Les confréries fournissaient main d'oeuvre et servaient aussi de réseaux pour faire passer l'un ou l'autre vers des terres plus hospitalières.

Même si la noblesse y trouvait son compte en revenus non négligeables elle ne supportait qu'à contre coeur ces hommes libres de leurs connaissances et de leurs sempiternels voyages. Quant au clergé...L'inquisition qui poursuivait son oeuvre de terreur se faisait plus discrète lorsque s'ouvrait un chantier pour une abbaye, un clocher ou pour donner de la lumière aux bâtiments de travail des monastères.

Les techniques et les idées des moines étaient précieux d'ingéniosité et les échanges avec ces hommes simples renouaient une confiance autre qu'avec l'église officielle.

Par les monts passaient des merveilles et les métiers se diversifiaient en amenant immanquablement de nouveaux concepts ainsi que des ouvertures d'esprit cultivant des degrés d'expression si nuancés que les gens d'armes y perdaient leur piètre latin.

Guilhem, malgré une apparente jeunesse qui s'éternisait, semblait de plus en plus absent et fatigué. Son coeur se lassait de ses voyages entre passé et futur.

Partout où se trouvaient les signes, il s'y était rendu. Anticipant sur le futur il connaissait mieux du passé les sentiers tortueux que les hommes de pouvoir imposaient à leurs sujets.

Le sien était une mosaïque aux couleurs nuancées. Tous ces peuples, leurs croyances et leurs coutumes avaient ouvert en lui une perception toujours éblouie des lumières du monde. Plus que les hommes, leurs âmes donnaient l'ampleur de la vérité omniprésente en tout lieu. Pas de visage, mais une force qui régissait et orchestrait en de justes proportions un univers multicolore. Merveille des merveilles en toute chose.

Plus que des relations en tous lieux et temps, Guilhem avait tissé des liens fraternels.

Parfois, il lui semblait que tous étaient ensemble présents aux portes d'un monde libre de ses contraintes naturelles.

Lui l'évadé, le voleur du temps, le mangeur de distances, lui, si amoureux de l'amour.

Lui le désireux, le voyageur patient, lui qui avait vécu plus de mille ans en amont ou en aval de la source de sa vie. Lui, Guilhem souffrait de l'éternel recommencement.

Son couteau de silex en poche l'appelait toujours plus loin. Il lui rappelait aussi le temps du retour et de cette joie simple et débordante dans laquelle il puisait ses forces. Guilhem forgeait continuellement la volonté de s'améliorer pour faire évoluer les hommes vers d'autres concepts.

Né quelque part d'une grotte, il savait que lorsque viendrait son heure, il y retournerait une dernière fois pour s'y emmurer définitivement.

Tant que sa mécanique interne le porterait, il ne manquerait pas d'honorer les siens et le créateur de tant de merveilles. Derrière le mur lisse de la nuit, au delà du tourbillon, il se fondrait une dernière fois dans la légende de l'éternité avec toutes les âmes qui l'avaient précédé et celles qui sont déja là.

Qui sait entre monts et merveilles, si quelque évadé ne trouverait pas les passages de la vérité...

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

bois 2012 003

Bientôt l'hiver !

Gageons qu'il fera peut être froid, en attendant le sempiternel calvaire a repris. Qui va au bois, va à la guerre !

bois 2012 001

Mamie Roro retrouve ses marques de tractoriste experte et le chargement va bon train.

bois 2012 004

Radieuse, non ?

D'ici Dimanche, si tout va bien, ce sera fini pour le chargement.

Après, il faudra encore fendre et ranger...

Ce qui console un peu, c'est cette magnifique luminosité si particulière à "notre été indien".

Gilles.



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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Guilhem...

Les voyages de Guilhem.

 

 

Qu'il est long le chemin que l'on revit à chaque fois !

Pourtant, Guilhem semblait avoir trouvé de propices raccourcis.

Il s'était même permis de se dévoiler aux deux bonshommes qui remontaient la vallée. Ceux ci, forts surpris faillirent s'enfuir, mais il les rassura du fait que personne ne les suivait et il leur indiqua les meilleurs passages pour franchir discrètement la contrée. Sans le savoir, Guilhem agissait sur le serpent qui se mord la queue. Il se libérait de plus en plus souvent et n'ayant plus de prise, la vie semblait éternelle.

Non seulement il étonnait d'un savoir toujours plus grand, mais il appliquait des connaissances que nul ne soupçonnait. Même l'ancien se posait quelques questions...

Plus il retournait à la grotte, plus il évoluait. Après avoir voyagé vers des passés plus ou moins lointains il faisait le projet de tenter une expérience nouvelle.

C'est donc sur la fin du printemps qu'il partit une fois de plus vers les gorges de la Frau. Arrivé le 19 ème jour de Juin, il revisita encore une fois l'espace autrefois aménagé par un homme de sagesse. Le vieux sentant sa fin proche, s'était emmuré.

Guilhem avait protégé les restes sous un amas de roches et cultivait toujours une pensée pour celui qui lui avait ouvert les yeux sur d'autres réalités.

Inspectant le mur du fond, il fut surpris de découvrir une cache renfermant d'autres documents. Avidement il se mit à les déchiffrer. Il improvisa quelques outils pour appliquer les indications lumineuses. Une sorte de pendule rudimentaire, une croix de bois, un récipient plat rempli d'eau. Toute la nuit il oeuvra aux triples indications données dans les trois langues qu'il avait eu le temps d'apprendre dans ses parenthèses ouvertes sur un passé toujours futur. Il sentait bien que ce qu'il déployait au dehors par ses actes le transformait bien plus au dedans.

Le perpétuel désir grandissait au fur et à mesure qu'il faisait taire et domptait la bête qui l'abaissait.

Il ne savait pas ce qu'il cherchait puisqu'il ne l'avait pas encore trouvé. Mais, sa quête n'en était que plus grande et la beauté de ses rencontres renouvelées ornait sa vie de la simplicité authentique.

Quelle joie grandissante de retrouver sans cesse les siens dans les meilleurs moments, ceux de l'amour qui se répand sur la maisonnée reconstituée.

Le jour approchait et Guilhem se demandait avec quelque crainte au possible non retour. Lorsqu' il vit que le rayon du soleil ne venait pas, il sortit précipitamment et aperçut une autre ouverture dans la roche un peu plus loin. Un peu déçu il emprunta un escalier rudimentaire dissimulé sous des bouquets de bruyère.

La nouvelle grotte était identique à la première. Il s'engouffra directement vers le fond et son énigmatique mur lisse. Le signe était là mais inversé. Le sol était lisse et la voûte rocheuse était dégarnie de son ciel étoilé. Il se mit à nettoyer le parterre et découvrit une multitude de symboles agencés en constellations. Ce qui est en haut et comme ce qui est en bas se trouvaient finalement opposés et complémentaires entre l'une et l'autre des deux cavités. Trois jours durant, il s'appliqua à explorer les galeries avoisinantes et découvrit deux autres espaces aménagés sur des hauteurs et des écartements différents. Il était perplexe et avait beau lire et relire les papyrus, rien n'y faisait. Il se résigna au retour vers son pays d'accueil. En chemin il s'arrêta chez le maître de forge.

Il fait beau se revoir lui lança le colosse.

Tant qu'il ne pleut pas, répondit Guilhem...

Ils étaient seuls dans l'atelier encombré d'outils de toutes sortes.

J'ai reçu la visite d'une équipe de charpentiers et d'ouvriers qui m'ont passé commande importante de matériel, s'épancha le forgeron en voyant le regard de son hote sur les réalisations récentes. Ils se préparent pour un nouveau chantier.

Ce serait en albigeois et il y en aurait pour nombre d'années...

Guilhem resta quelques temps chez le maître de forge et ce dernier l'initia aux subtilités des métaux. Du creuset à la forme en passant par les trempes, tout y passa. Guilhem était avide et aussi enthousiaste que persévérant dans l'ouvrage.

Il apprenait si vite ce que son compagnon lui transmettait que celui ci se sentait un peu dépassé. Mais, son expérience était si grande qu'il trouvait sans cesse de nouveaux axes pour orienter cette formation accélérée.

Toutefois Guilhem se garda bien de révéler son secret de pouvoir revivre sans cesse l'expérience forgée sur le temps délivré.

Au total sept longues années cumulées et dérobées aboutirent au chef d'oeuvre qu'il réalisa en à peine un mois.

De retour sur le plateau, il s'enquit aussitôt à bâtir une forge et à se mettre à l'ouvrage.

Il devenait le relais et le complément du maître de forge. Ils ne manquaient pas de se rencontrer et échangeaient travaux et relations.

Guilhem envoya son aîné en apprentissage chez son compagnon qui le reçu comme son propre fils.

Il retourna à la veille du solstice d'été dans la nouvelle grotte.

Après une longue nuit de veille il s'apprêtait aux voyages vers des temps et des lieux inconnus.

L'aurore naissante le trouva debout contre la roche lisse, face au signe inversé.

Lorsque l'une monte, l'autre descend...

Il se remémorait les énigmes des écrits. Les plateaux de la balance se trouvaient en équilibre en de justes proportions. Le rayon de lumière le pénétra tout entier et dans le tourbillon du signe il se retrouva aspiré par la terre.

Alors qu'il retrouvait une faible lueur au bout d'un interminable tunnel, il se demanda s'il ne devait pas faire demi tour. Mais, c'était trop tard. La porte du temps venait de se refermer sur lui et sur le passé.

Les lieux qu'il découvrait à présent lui étaient inconnus. Chose étonnante il se retrouvait dans ses habits d'évadé comme dans les précédents voyages. Son dos endolori, mais toujours aussi jeune.

Devant lui s'étendait une large vallée fleurie de toutes couleurs et nombre de chemins la sillonnaient de toutes parts. Les habitants de ce pays parlaient une langue étrange et les signes étaient présents en bien des endroits.

Visitant la contrée, il trouva de l'ouvrage dans une forge locale où petit à petit il se fit grande réputation et apprit la langue commune.

Ceux d'ici ressemblaient en tous traits à ceux du plateau montagnard. Leurs coutumes étaient plus évoluées et certainement plus complexes. Le lien de ces deux peuples n'en était que plus évident. Ici, bien au Nord du Midi, les enfants de la terre avaient bâti un monde sur les fondations de leurs aînés.

Certes christianisés, ils ne manquaient pas de se réunir en secret pour célébrer les anciennes coutumes.

Les feux d'été et ceux d'hiver semblaient en appeler à d'autres feux plus anciens aux sommets de montagnes plus hautes.

La lande de fougères lui rappelait ses sorties vers le Donnézan et les pierres dressées, celles que les moines avaient abattues et qui gisaient en attendant d'autres temps plus cléments.

Il fit connaissance des anciens et participa aux anciens rituels de la contrée. Les monts d'Arrée étaient superbes et les mousses et bruyères généreuses. Le Carcannet, hélas était un peu trop présent.

En allant vers le futur, il venait de retrouver un passé plus ancien dans l'histoire des hommes farouches.

Les légendes étaient nombreuses et les fêtes populaires ne faisaient que renforcer le désir plus grand de retrouver les siens. Il embarqua sur un navire faisant voiles vers une terre isolée par la mer. Plus qu'une île, elle était un pays dont les âmes gardaient jalousement le secret de la vieille culture. Il arriva au coeur de l'horloge de pierre et attendit l'aurore entre Merlin, Vivianne et la multitude d'elfes aux senteurs boisées.

Lorsque le premier rayon vint frapper le signe du retour, il serrait encore une poignée de cette terre fille de ses origines.

Il se retrouva aussitôt au mourral et tout fut à recommencer !

Il savait bien que de nombreux rayons reliaient bon nombre de portes entre des lieux et des temps autrefois séparés. Le prix à payer en était l'éternel recommencement...

Sa femme toujours aussi belle viendrait encore près du buisson et il murmurerait son nom.

Mais, ceci est d'une autre histoire. Attention aux égarements, il est plus facile le temps du partir que celui du retour. Tant l'attente parait plus longue, ce qui s'est passé vient plus facilement de ce qui deviendra.

 

La suite n'est pas encore dans les pas, mais, qui sait si elle adviendra.

 

 

Gilles.

 

 

 

 

 

 

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