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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Innocent !

 

 

 

Innocent : - "Mr le juge, innocent, je suis innocent !"

Le Juge : -"Mais bien sur, je connais vôtre nom.

Vous êtes de l'assistance et trouvé le jour de la St Innocents...

Mais de là à en faire une profession, avouez qu'il y a de la marge."

Innocent baissait les yeux et lâcha dans un quasi murmure : -"C'est pas moi Mr le juge."

Le Juge : -"Allez, ce n'est pas la première fois !"

Innocent : - "Les autres fois, je dis pas, mais là c'est pas moi !"

Le Juge : -"Les filets retrouvés dans vôtre cabane..."

Innocent : - "Ils sont pas à moi ! Comme ils étaient mouillés sur la berge, je les ai mis à sécher. Celui qui les a laissés serait venu les reprendre en me remerciant. C'est l'usage par ici."

Le Juge : -"Le poisson qui était pris, vous l'avez bien fait cuire dans vôtre chaudron ?"

Innocent : - "Oui Mr le juge, mais c'était pour pas qu'il se perde !"

Le Juge : -"Dites, innocent, le panier de truites saisi à la porte de l'auberge du village et que vous déposiez lorsque les gendarmes vous ont pris ?"

Innocent : - "Il était posé sur la chaussée et je l'ai simplement déplacé Mr le Juge, Un enfant aurait pu buter dedans, le renverser et se fracasser le nez sur le trottoir."

Le Juge : -"Mais que faisiez vous là au juste ?"

Innocent : - "Je passais, Mr le Juge..."

Le Juge : -"Bon, passons. Par contre, le procès verbal du garde pêche me semble bien explicite.

Bien que vous ayez fui le garde vous à reconnu."

Innocent : - "Comment qu'il pouvait, si c'était pas moi ?

Le Juge : -"Innocent, cessez de jouer l'innocent."

Innocent : - "Mais, Mr le Juge..."

Le Juge : -"Il n'y a pas de mais !

La vérité, tenez vous aux faits uniquement."

Innocent : - "Bien, j'ai rien fait que d'habitude je fais pas. Donc c'est pas moi. Ce que vous me dites, c' en est un autre que le garde a pris pour moi. Puis, si c'était moi, il m'aurait pris, vu qu'il court plus vite que moi."

Le Juge : -"Justement, en voulant vous couper le chemin, il est arrivé avant vous à la sortie du grand buisson et...personne. Refaisant le chemin inverse, personne non plus. Qu'en dites vous ?"

Innocent : - "Mr le Juge, vôtre garde il court plus vite que ce qu'il pense. Il a pas du regarder comme il faut. Ou alors, l'autre, il doit courir vraiment très vite !"

Le Juge : -"La nuit qui suivit, le garde vous a suivi. Où alliez vous ?"

Innocent : - "Bien, Mr le Juge, s'il m'a suivi, c'est qu'on devait aller au même endroit !

Je suis sorti de chez moi pour satisfaire un besoin naturel. Comme j'entendais quelqu'un qui me suivait, je me suis mis dans un buisson pour être tranquille. Avec sa lanterne dans la nuit je l'ai vu qui tournait en rond.

Mr le Juge je pensais qu'il devait chercher des champignons !"

Le Juge : -"Expliquez moi alors qui l'a suivi et poussé dans la rivière ?"

Innocent : - "Hé bien Mr le Juge, quand il s'est éloigné, vu qu'il voyait mieux avec sa lanterne, moi dans mon buisson j'ai fait ce que j'avais à faire. Mais, j'ai pas vu si quelqu'un le suivait, vu qu'il éclairait que devant lui. S'il s'était retourné, il l'aurait vu lui !"

Le Juge : -"Ce que vous dites est logique Innocent. Logique, mais pas si innocent que ça !"

Innocent : - "Ha, Mr le Juge, si vous le dites que c'est pas moi, c'est logique."

Le Juge : -"Pour un innocent, vous faites bien de l'esprit !"

Innocent : - "Si vous me déclarez Innocent, Mr le juge, je n'ai rien à faire ici, surtout que j'en ai ailleurs de plus récréatives pour Mr le Maire."

Le Juge : -"Bon ! Allez et qu'on ne vous y reprenne pas".

Le lendemain, Innocent pouvait livrer Mr le Maire de belles écrevisses et de quelques anguilles pour un repas qu'il devait prendre avec Mr le Juge...

Innocent : - "Il y a une justice quand même !"

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Décidément le temps n'a pas fini de nous épater !

La verdure repart comme au printemps...

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C'est un temps à réapprendre à écouter les subtilités des musiques naturelles. 

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De toutes façons, les travaux sont suspendus et il faut bien laisser le temps au soleil de revenir remplir les paniers de cèpes et de senteurs automnales.

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Pluie...Pluie...Les oiseaux sont au nid !

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Souffle, souffle le vent. Gèle, gèle la terre. courent, courent les nues par dessus les crêtes...L'hiver frappe à la porte de nos réalités.

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Deuxième nuit de tempête qui s'annonce...Sauvage beauté qui chasse l'indécis et le sournois du ciel Capcinois.

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Âpreté et rudesse, sublimes beautés. Sincères morsures du froid qui avive le bleu de l'acier jusqu'au fond des torrents.

Seuls les coeurs purs connaissent les chemins de la liberté. Leurs yeux en portent les reflets. Leurs rires se mêlent aux cris des arbres qui se tordent. Peuple de guerriers renaît donc de la tourmente. Que se dressent les lances et se brisent les murs des sots présomptueux.

Chère réalité, reviens nous désormais.

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Qui peut croire encore à une clientèle nombreuse et de condition basse voire moyenne ?

Le luxe, aujourd'hui, réside tant dans l'espace que dans la maîtrise du temps.

Rares sont ceux qui disposent des deux. Évidemment, si nous rajoutons cet éternel besoin de beauté, en plus de moyens financiers, tout se complique ou se simplifie selon...

Nous vivons dans un tout petit pays de 13 Km de long sur 13 Km de large. Plus haut plateau habité d' Europe au climat rude. Ses atouts sont plus dans ce qui se découvre au détour d'un sentier que dans des paysages écrasants.

Tout est à l'échèle de l'intimité humaine  !

Dès que quelque chose sort du cadre, ça crève l'oeil. Hélas, l'éducation du goût n'est pas très développée dans certaines classes dont le côté bricoleur supplante le respect de ce qui nous entoure.

Les exemples d'horreurs ne manquent pas !

Nôtre avenir ne peut être envisagé sans un projet librement contraint par la notion d'esthétique et de perfection.

Évidemment, ici ce n'est pas Versailles, mais l'authenticité dans la simplicité n'exclue pas pour autant le confort et l'intelligence d'un aménagement complice du terrain.

Dans ce que nous avons vécu d'expérience touristique, il faut tirer ce tragique constat de l'inadéquation, de l'obsolescence et du manque de moyens. Donc en s'obstinant dans une voie à la quelle nous n'avons que trop perduré, nous allons vers la mort du pays tout entier.

Si l'on considère le plateau du Capcir à l'image de la palette d'un peintre, nous devrions y retrouver toute une gamme de couleurs et de tons complémentaires permettant la réussite d'un beau tableau. Reste que le cadre n'existe toujours pas et que le chemin balisé n'est pas adapté aux réalités du relief ni aux perspectives d'avenir.

Susciter l'envie, le désir, doivent répondre par des stimuli adaptés aux besoins réels d'une nouvelle "clientèle" à conquérir.

Comment construire l'avenir avec autant de dettes et si peu de moyens ?

Tout d'abord, il faut cesser ce qui ne marche pas et embellir ce qui peut l'être... Ce qui est horrible, inadapté, doit disparaître !

Mais encore, sans établir un crible permettant de différencier ce qui est bon de ce qui ne l'est pas... c'est pas gagné.

Les surfaces de parcelles doivent être complètement repensées, non pas en fonction du nombre, mais de la terre, du cachet, de la tranquillité, de la sécurité, bref, selon les critères de belles proportions dans les domaines construisant le plaisir de vivre simplement.

L'aspect paysager doit se cultiver à tous les niveaux et en toutes saisons, tant dans les rues que dans l'esprit de chacun. Sans encouragement...pas de motivations !

Le retour à la terre sauvage, c'est le retour à la noblesse de matériaux naturels, culturels et harmonieux.

Bien sur, ceci ne peut aller avec les concepts d'un préfabriqué rappelant trop les quartiers urbains qui uniformisent l'anonymat dans la médiocrité.

Pour appeler, il faut que ça parle tout seul !

Donc, c'est un nouveau langage qui reste à forger dans le respect d'un esprit qui ne peut souffrir les traductions erronées.

Si, dès demain, chacun commence à y mettre du sien...tout n'est peut être pas perdu. Mais, sans prise de conscience collective...

Je vous encourage à réfléchir et à communiquer sur ces quelques réflexions qui me paraissent essentielles au devenir de nos villages mais aussi de toute nôtre contrée.

 

Gilles.



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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

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Si vous avez l'occasion allez donc visiter Used. C'est un petit village de la sierra de Guarra.

La première fois que je m'y suis rendu, les perdrix rouges se promenaient comme des poules dans les rues. Les sangliers ne se gênaient pas non plus.

Puyvalador, nous n'avons que des "faisans"...

Est ce un signe avant de rejoindre le destin de Used...village abandonné ?

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Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d’enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?

Racine.

Avaleurs de sabres et maintenant de couleuvres ?

On se moque de nous, on se moque de vous !

Les impôts qui s'envolent évidemment ne concernent une fois de plus que ceux qui payeront. Les autres, ils s'en foutent !

Là où ça coince pour les locataires, c'est avec la TH... Difficile d'y couper.

Comme nous nous dirigeons, in fine, vers 1 000 € d'augmentation par foyer, uniquement sur cette taxe... Tout le monde ne pourra pas facilement payer.

Bien sur, il y a le lot de tous ceux qui pensent avoir vendu avant de payer et ils sont nombreux !

Bien sur, il en est qui décident mais qui ne payent pas d'impôts sur la commune et il y en a aussi...

Bien sur, il y a ceux qui sont otages de l'amour qu'ils portent au pays et ceux là commencent de se demander comment ne pas déménager dans les villages sans station de ski.

L'hiver dernier, "seulement" 300.000, 00 € de défficit sur la station et l'on voudrait nous faire croire que l'on va faire "presque" du bénéfice !

On nous parle d'une fusion "salvatrice". Belle couleuvre de plus pour "simplifier" les rapports avec qui au juste ?

Simplification de la liquidation des biens communaux ?

Simplification des problématiques en les noyant dans le concept de "T'es en minorité, ferme ta gueule !".

Simplification de gestion ?

Vu les résultats...

Ce soir, Vendredi, conseil municipal...Là nous allons sonder "l'honêteté" de nos représentants.

Bien sur, il y aura enquête publique, mais si elle est étouffée, par quelque couleuvre de plus et que l'on ne tient pas compte de l'expression de la population...

Si la folie l'emporte sur la raison, la station risque d'ouvrir sur une tombe un peu plus profonde !

La nôtre, la vôtre !

Autre temps, autres lieux, je vous invite à aller visiter Used. C'est un petit village de la Sierra de Guarra, abandonné, bien sur !

Il en existe bien d'autres en France...Pourquoi pas chez nous ?

G.





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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Guilhem...

L'héritage.

 

gelée de septembre 2012 012 

Le maître de forge, emporté par le mauvais sort avait laissé sa part de célibataire à son associé. Joan devait s'acquitter des droits pour prétendre à la charge en lieu et place du regretté colosse.

Le problème n'était pas de moindre importance. Le montant élevé de la redevance en eut fait reculer plus d'un. En plus, il fallait plaire au noble qui régissait la contrée.

Plusieurs fois son père Guilhem avait du fuir les puissants et leur pouvoir liberticide.

Or, le châtelain se débattait lui même dans un imbroglio mêlant les problèmes de défense, ceux des finances et la pression de son puissant voisin.

Joan consulta son père et aussi le frère Eric expert dans les dédales des pensées aux origines diverses. Plaire sans provoquer l'envie. Servir sans s'asservir. Conseiller en toute humilité. Autant marcher sur le fil d'une épée au tranchant acéré !

Pour l'heure, la nuit était calme et sans vent. Les vieux frênes, immobiles, semblaient veiller paisiblement sur le village endormi.

Debout de bonne heure, Joan attendait de la visite. Sorti sur le pas de la forge, il tendait l'oreille pour surprendre les pas qui glissaient vers cette aube nouvelle.

Ce silence total, sans aucun souffle, il l'avait vécu tant de fois en attendant son père ou ces voyageurs pressés de changer de frontière. C'était toujours avant la relève du matin, lorsque ceux de la nuit s'étaient avachis de fatigue et de vin et que ceux du jour émergeaient à peine de rêves libidineux.

Les sangliers regagnaient leurs remises en se faisant discrets. Sous le manteau de velours étoilé, les pas n'étaient que plus légers.

Dans la forge éclairée par les flammes du foyer, une douce chaleur s'était emparée du chaudron et les relents de bonne soupe emplissaient toute la salle de travail.

Tout à coup, subtilement, un souffle d'air se mit à animer les cimes des arbres avoisinants. Avec lui, vint un chuchotement que le moindre ru aurait largement couvert. Mais, Joan avait détourné toute l'eau du canal bien en amont. La roue de la forge égouttée de la veille, espérerait encore quelques temps le retour de l'onde tapageuse. Des pas se rapprochaient. Dans l'obscurité un visage souriant surgit, éclairé par de longues mèches blanches aux reflets bleutés. Aussitôt, survint un autre visage inconnu, qui les rejoignit au fond de l'atelier. Guilhem se débarrassait du lourd manteau de laine et son compagnon fit de même. Nous avons attendu quelques temps derrière l'orée, mais, le signal du foyer était si visible que nous n'avons pas pu résister au parfum de ta soupe. Assis tous les trois autour de la grande table, ils partagèrent le pain et en silence se recueillirent quelques instants.

Les écuelles fumantes appelaient l'appétit des voyageurs au réveil de leurs papilles.

Joan invita au repas d'un signe de la main. Guilhem en versant une généreuse tournée d'eau fraîche présentât son compagnon de route et le pourquoi de son passage.

Fils d'un marchand de tissus de Barcelonne, il venait d'hériter d'une teinturerie dans les contreforts de la montagne noire. Bien sur, ayant prêté serment à la confrérie, il s'appuyait sur elle pour ce périple dangereux. Les routes n'étaient pas sures et qui plus est, sa venue en terre du Nord, n'était pas pour réjouir la famille de cet Oncle mystérieux qui les laissait en fortune mais sans l'atelier de teinture.

David était un jeune homme dont le trait inspirait la confiance. Prudent jusque dans ses moindres gestes, on eut dit volontiers qu'il s'écomonisait de nature. Cependant ses yeux verts s'agitaient d'une flamme permanente. Elle répondait par la même vivacité à celle du foyer de la forge. Ses paroles étaient mesurées et son ton suivait un rythme si naturel que son discours retenait l'attention toute entière de ceux à qui il s'adressait.

Guilhem l'avait pris en charge dans le petit village de Tórelló et lui avait fait passer sans encombre le col de Nuria. De visites en visites chez les frères des 77, ils transportaient nombre de lettres commerciales qui une fois remises révéleraient bien autre chose que leur prose anodine. Les choses s'organisaient en un réseau complexe que plus aucune frontière ne pouvait arrêter. 777 ateliers étaient reliés au travers du monde connu. Ils venaient compenser la détresse des plus démunis et ne manquaient pas, tout en conseillant les puissants, de tisser de nouvelles voies commerciales. Les lettres remplaçaient l'argent par des garanties équitables sur les comptoirs les plus divers. Les espèces ne circulaient que rarement et s'équilibraient en échanges multilatéraux. Ce système bancaire était utilisé par les pèlerins mais surtout par les frères affiliés qui prospéraient par le change et le prêt.

Si les valeurs étaient garanties, la vie était précaire. Trop souvent les voyageurs ne pouvaient arriver au but de leurs aventures. De véritables fortunes changeaient de mains sans même quitter le sol de leurs origines.

Les nobles commençaient à loucher de plus en plus vers cette ressource indélicate qui échappait à leur contrôle. Ainsi, en compensation, les prêts à taux dérisoires qui leur étaient accordés, garantissaient la sauvegarde de la continuité de service.

Lorsque l'église officielle s'était vu ombragée par certains mouvements religieux indépendants, la réaction ne s'était pas faite attendre et les bûchers fumaient encore dans bien des contrées. Mais le peu d'argent récupéré n'était rien en rapport à la concurrence détruite. La manne revenait dans le sein du très saint Pierre...

Le pêcher d'usure, ne concernait apparemment pas les verseurs de mensonges.

Les ordres templiers, qui donnaient bien trop de largeurs à des nobles mauvais payeurs,     ne tarderaient pas à en subir le contre coup.

Par commodité autant que par conviction, les commanderies s'étaient affiliées secrètement à la confrérie. Leurs relations principales se fondaient sur la complémentarité des réseaux. C'est sous le sceau du silence que le fluide voyageait escorté parfois de solides guerriers.

Croyant véhiculer l'or des uns, souvent c'était celui des autres qui voyageait. A leur insu, quoique certains étaient complices, le trésor des dissidents fut certainement transporté par ceux qui les pourchassaient.

Pour l'heure, David était chargé de faire remonter des valeurs vers les terres du Nord.

L'héritage de la teinturerie n'était somme toute que le prétexte à un autre héritage plus ancien et dont il ne soupçonnait pas l'importance, ni l'étendue.

Dans les lettres de commerce, les chiffres en disaient souvent plus long que les mots dont ils étaient issus. Il eut fallu être initié à l'écriture secrète pour découvrir ce qu'elle reflétait d'aussi riche, qu'un trésor de guerre n'aurait somme toute pas suffi à compenser.

Seule indication, était cette dame noire, mais si belle, dont le front portait une lune croissante. Elle se tenait devant un arbre faisant la liaison entre deux hémisphères opposés. En bas, le berceau de Moïse en haut la voûte étoilée. Les anciens l'appelaient Shekhela. Cette enluminure anodine était révélatrice de toutes les plus antiques traditions qui se fondaient en elle. Plus que la raison, c'était l'essence de toute existence et l'âme de l'Univers, l'omniprésence divine de l'unité souveraine. Au delà d'elle il ne pouvait y avoir que l'entité suprême que tous les bienveillants vénéraient en leur fort intérieur. Quelque soit leur confession d'origine, tous avaient fait la même démarche et se trouvaient confortés au sein de la 777.

La journée qui suivit, ils durent se détourner vers Puig vert, laissant chez un nommé Tisseyre une lettre cachetée provenant de Palestine. Celui ci, à la vue du méreau de Guilhem, les pria de bien vouloir attendre qu'il en prit connaissance et les convia à dîner.

Pendant que David et Guilhem s'affairaient autour d'un faisan farci aux noix, le maître de maison bataillait avec un boulier, un compas et une équerre. Force de tracer tant de traits, que son front perlait abondamment de sueur ruisselante. Lorsqu'il eut terminé, il releva un visage partagé entre la joie et la crainte. De but en blanc il leur annonça qu'il devait les suivre jusqu'à Mazamet.

Il fit seller quatre chevaux et les équiper pour une aventure risquée, mais oh combien exaltante. Laisser sa maison ne le réjouissait guère. Or, il n'y avait plus que ce désir puissant et raisonné de pouvoir recueillir l'essence de tant d'existences au bout de ce périple et de l'acheminer à bon port.

Il ne pouvait se confier aux deux messagers et ne le ferait qu'en désespoir de cause si nécessaire. Les journées suivantes se passèrent sans allusions aucune.

Traversant la campagne labourée et ses chemins pavés, ils évitaient autant les bois peu surs que les bourgs surpeuplés. Cependant, Guilhem ne fut pas surpris de voir branchée une vieille connaissance qui avait fuit le pays farouche et l'onde bleue des anciens.

Ici, la supercherie n'avait pas eu le temps de s'étendre et sur le gibet elle pendait lamentablement. Toutefois, Guilhem mit pied à terre à bonne distance et se recueillit un instant. Quelque soit la noirceur, toute vie avait une part de lumière qui méritait qu'on s'attarde en mémoire de l'unité qu'elle allait enfin retrouver.

Pied à l'étrier, ils reprirent leur cheminement vers la ville bourgeoise de Mazamet.

Tisseyre s'arrêta à l'entrée de la cité et leur dit qu'il les rejoindrait plus tard.

L'accueil dans la teinturerie ne fut pas des plus chaleureux. David présenta ses lettres de garantie et Guilhem dut attester de leur authenticité.

Prenant congé de cette famille taciturne, ils se dirigèrent vers la maison de la guilde marchande pour faire valider les droits prévalus par David.

Un dominicain les observait d'un sale oeil. Abrité sous un porche il ruminait en latin de sombres injures qui auraient fait pâlir plus d'un chapelain.

Dés qu'ils furent de retour sur la place, les gens d'armes tentèrent de s'emparer de leurs personnes. David leur glissa habilement entre les mailles et put rejoindre non sans précautions le père Tisseyre. Guilhem eut moins de chance. Le dominicain vicieux comme pas deux l'avait empoigné au cou et pendant qu'il le tenait, un solide garde assenât un coup de gourdin sur le crane de Guilhem. Lorsqu'il revint à lui, il était couvert de chaînes lourdes qui entravaient le moindre mouvement.

Sa tête douloureuse dodelinait sur le plancher d'un chariot bâché qui allait bon train vers Carcassonne.

Le dominicain le toisait d'un regard méprisant. Tu es de ceux de la pierre de lumière ?

Tes cheveux t'ont trahi. Avoue, il ne te sera fait aucun mal.

Guilhem ne savait trop que ces palabres ne lui garantissaient que les tortures et le cachot. Il se mura dans le silence et commença d'invoquer intérieurement l'unité suprême qu'il ne devrait pas tarder à rejoindre.

Soudain, tout se mit à vaciller. Un épais brouillard venait d'envahir tout l'espace et une saveur acre s'accrochait obstinément au palais. L'équipage qui entrait dans la nappe de brume artificielle ralentit puis s'arrêta. Les chevaux tanguèrent quelque peu puis se couchèrent à même la chaussée. Dans un silence surréaliste les gardes s'effondrèrent et le dominicain exorbité implora son église dans un dernier gargouillis. Guilhem fut saisi à bras le corps et emporté sans ménagement sur le travers d'une selle de bat. Lorsqu'il reprit ses esprits, le père Tisseyre se tenait au dessus de lui, les poings résolument plantés dans les hanches. Alors, lui lança t' il, il est plus que temps de se lever frère marmotte !

Joan était aussi de la partie ainsi qu'une fille à la peau si brune qu'on eut dit une sarrasine. C'est elle qui t'a sauvé. Ses fumigations ne manquent pas d'efficacité !

Corba la noire était l'âme soeur de dame Esclarmonde. Rescapées toutes deux de bien des embuscades, elles avaient trouvé refuge dans la famille des tisserands de Mazamet. Le père Tisseyre qui avait rendez vous avec dame Esclarmonde prit les choses en main dés que David lui eut rapporté les faits de ce rapt clérical.

Fallait pas traîner ! Corba, dont les charmes ne laissaient pas indifférent David, proposa aussitôt ses services d'apothicaire avisée.

Devançant le convoi, ils avaient eu juste le temps de choisir le terrain et d'enfumer ce vallon innocent.

Bien sur, il fallait fuir avant qu'une quelconque troupe ne s'avisa de passer le gué dans le si paisible petit vallon. Le dominicain dormait profondément, quelque peu tourmenté par une armée de diables noirs à la chevelure crépue et au regard d'un bleu si profond qu'il semblait puiser jusqu'au fond de vôtre âme.

Un garde en livraie occitane ronflait à qui mieux mieux en terrorisant la gente batracienne du petit cours d'eau.

Corba s'était assurée personnellement de l'efficacité de sa préparation. Lorsqu'ils se réveilleraient, ils ne se rappelleraient même pas leur nom.

En attendant il fallait faire diversion. Ils partirent vers Limós et aidés d'un fameux négociant en vin, du nom de maître Ponç, ils reprirent aussitôt, dans un fourgon bâché, le chemin du Nord vers castelnó d'ary. Quelques jours plus tard, ils arrivaient à la fameuse ville au bord de l'eau. De là recueillis sans question dans la commanderie templière de Tal mont, une embarcation côtière les conduisit jusqu'en terre bretonne.

Une nuit terrible, zébrée d'éclairs les tint éveillés au fond d'un cloître Normand. Ils durent patienter encore trois jours avant de pouvoir passer le chenal et de poursuivre leur route vers Edimbourg.

David ne se lassait pas de cette fièvre naissante et si obsédante qui s'emparait de lui à chaque fois qu'il croisait le regard azuré de Corba.

Il aurait pu rester à la teinturerie et assumer la charge d'un labeur régulier. Mais cette Corba l'envoûtait au point que son âme en était totalement dépendante.

C'était bien la première fois qu'il suivait son instinct au lieu de repenser 777 fois 7 fois à la lettre tourmenteuse de sa religion.

Le rabbi de Barcelonne ne l'aurait certainement pas reconnu, quoique...

L'étude des textes sacrés lui avait appris à dépasser les concepts primaires des béni-oui-oui. L'Univers n'avait aucune limite que celle de l'infini.

Alors que ses frères suivaient obstinément la lettre à la lettre, David avait dépassé la lettre pour le nombre et le nombre pour le verbe.

Lorsqu'il regardait Corba, il se liquéfiait littéralement. Loin de se sentir impuissant, il avait presque peur du torrent qui lui brûlait les reins.

Mais sa destinée n'était elle pas de revenir au giron de l'âme complémentaire ?

Tisseyre badait au vent de l'aventure. Lui, le petit commerçant, détenait le plus grand des secrets que nul autre n'eut souhaité porter. Non seulement ses sacoches s'étaient appesanties considérablement, mais il était le seul garant d'une tradition dépassant toutes les autres.

En cette année de grâce, Guilhem et Joan laissèrent partir au vent portant leurs bien aimés complices de l'étrange aventure. Ils se dirigeaient plein Ouest.

Le chemin en sens inverse était lourd de la séparation. Les questions que se posait Joan n'eurent pas besoin de franchir la limite de ses lèvres. Plus il laissait aller son esprit, plus les réponses venaient avant la moindre interrogation. C'était si évident !

Chaque axe amenait ses rayons ouvrant un espace et formant un volume. Au bout, en tout et pour tout, la sphère s'équilibrait d'elle même.

De retour à la forge, il se pressa d'aller voir le châtelain. Payant largement les droits, il lui fit en sus présent de quelques spécialités ramenées de ça et là. Un boulier sous le bras, il lui proposa de l'aider dans ses affaires. Le noble empêtré dans ses problèmes financiers accepta. Non seulement il venait d'avoir la preuve que ce Joan pouvait voyager et donc connaissait le monde, mais aussi qu'il savait lire et compter. Ses relations de négoce devaient bien comprendre quelque maître maçon pour étudier les modifications à mener rapidement sur les défenses du château. De plus ce nouveau maître de forge semblait bien plus ouvert que l'ancien colosse rouquin à qui il ne fallait pas trop défriser les moustaches. Les montées au château se firent de plus en plus fréquentes. Cependant, Joan préférait redescendre vers sa forge ronflante et sa grande roue à eau qui chantait si régulièrement. L'onde tapageuse entretenait le mouvement et le martellement puissant ponctuait toute la richesse du travail bien fait.

Guilhem était fier de la belle oeuvre que menait son fils. Bel héritage vivant !

Loin, très loin, le vaisseau armé par la confrérie, venait d'accoster sur une terre nouvelle. Tisseyre prit grand soin de dame Esclarmonde que beaucoup en terre occitane pensaient disparue dans un quelconque bûcher. Ses lourdes sacoches ne le quittaient pas un seul instant. Ils allaient bâtir sans tarder une autre vie pour que la tradition puisse perdurer au delà de l'espace et du temps...

Le vent soufflait de l'Orient et amenait avec le soleil les relents d'un pays difficile mais de gens si attachants. Peut être, un jour...

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Les mêmes causes provoquent toujours plus de dégâts lorsque la situation générale s'est considérablement plus dégradée !

D'un seul coup, on redécouvre les "vertus" des anciens élus que l'on a élu...

D'un seul coup, on oublie la récurrence d'une crise internationale, qui n'est pas finie et qui plus est, s'amplifie...

D'un seul coup, fini le réchauffement climatique...

D'un seul coup, plus de vétusté des équipements de remontées mécaniques dont les sièges non relevés ont servi d'aire à bon nombre de rapaces qui ont explosé la siègerie...la LPO est aux anges !

Bref, d'un seul coup, la dette diminue...etc.

Il me semble bien qu'entre tous ces "d'un seul coup", nous venons de découvrir l' Amérique vierge de conquistadors (Conquista del oro), d'avant 1492...

Donc, nous continuons d'aller dans la catastrophe, en se rappelant seulement que ce sont toujours les autres, les ceux qu'ont été vilains, ceux qu'ont mal fait les choses... Ceux que l'on à élu, réélus, et que c'est toujours les mêmes finalement qui poussent à la catastrophe...

Le moindre honnête homme, s'il l'est vraiment, et là je doute qu'il en reste guère, refuserait de poursuivre toute forme d'exploitation conventionnelle qui à définitivement prouvé son inadéquation par son absence de résultats positifs !

Folie ou acharnement féroce contre une commune de montagne ?

Décidément la médecine a encore beaucoup de progrès à faire pour amener les remèdes à des malades qui semblent incurables !

Dans les temps reculés, sans antibiotiques, ni sans l'ensemble de la pharmacopée moderne, lorsque l'infection gagnait trop, plutôt que de perdre un patient...on amputait le membre gangrené.

Mais ça...c'est une autre histoire, la seule chose amputée semble avoir été la mémoire que l'on ne redécouvre que partiellement et surtout de façon partisane et exclusive...

Donc, nous errons vers la "Cata" !

Attaquer en justice ceux qui ont causé tant de torts...Pourquoi pas !

Faut il encore trouver le créneau légal aux flèches du reproche...

Faudrait il aussi, ne pas recommencer les mêmes âneries qui ont été dénoncées tant et tant de fois sans écoute de ceux qui s'indignent aujourd'hui. Force est de constater les dégats, mais faut il aussi s'engager sérieusement à remédier aux causes !

Quant aux instances publiques, laisseront elles poursuivre une débâcle dont par leur silence elles ont contribué à l'entretien ?

Non, nous ne rêvons pas, nous hallucinons dans les affres du  délire fatal !

Ou la station est reprise par un privé, ou elle doit définitivement fermer.

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Un peu de soleil, faut en profiter !

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Là, personne qui cherche quoi que ce soit. Là, c'est peinard. Les citadins sont redescendus à leurs cités...

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Un jeune brocard au gagnage ne s'inquiète pas de ma présence. Je suis à bon vent et je me fonds dans la végétation.

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Une biche et son petit sont à 15 mètres et derrière un seize cors que je n'ai pas eu le temps de photographier...Il s'est toujours "abrité" derrière les femelles...

Le rut est terminé et maintenant ils se la jouent frileux et prudents.

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De rochers en rochers, belle balade forestière quand même.

Gilles.



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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Réouverture de la station : un peut-être… qui ne dit pas non

Le 21/10/2012 à 06h00 par Jean Claude Frances
 La station ouvrira-t-elle cet hiver ? Réponse en novembre.
La station ouvrira-t-elle cet hiver ? Réponse en novembre.

 

PUYVALADOR-RIEUTORT

Salle comble pour entendre et échanger avec le nouveau conseil municipal, avec, pour tous les présents, des inquiétudes sur le passif financier de la station, et un questionnement quand à son ouverture cet hiver.

 

Pas responsables

En toute clarté, les élus en place, parlant d'une même voie, ont «mis les pendules à l'heure». S'appuyant sur un rapport de la cour des comptes accablant pour leurs différents prédécesseurs, l'équipe municipale a voulu faire toucher du doigt à la population, les sources des défaillances, allant jusqu'à par délibération, permettre au maire d'ester en justice, si besoin.

En clair, pour la cour des comptes, il y a une carence générale dans le budget et le compte administratif de la Régie Autonome d'Exploitation Touristique, qui n'ont pas été établis en 2010 et 2011. Aucun suivi comptable, une gestion laxiste, malgré les neuf rapports alarmants de la cour des comptes établis depuis 2003. À ce jour, tenant compte des éléments comptables, la dette est évaluée à 1 600 000 , mais ce chiffre n'est peut-être pas le réel.

Trois scénarios : arrêter d'exploiter la station, continuer l'exploitation avec la même régie, mettre en place une autre structure de gestion pour la station, dans tous les cas, la dette est là, et il faut l'apurer. C'est inéluctable, elle va retomber sur le budget communal et entraîner donc une augmentation substantielle des impôts locaux. Sur le foncier, la part communale (16 364 % en 2011) va passer à 35,77 % en 2012, et 53,58 % en 2013, le bâti subira à peu près les mêmes augmentations. Les élus, s'ils décidaient de gérer la station, opteraient pour le scénario 3, avec une régie municipale directe.

Les recettes venant uniquement de la vente des forfaits, un budget prévisionnel établi et approuvé par les autorités de tutelle donne le point d'équilibre à 700 000 de recettes, somme que la station a déjà réalisée. Une communication forte sera mise en place, auprès des jeunes et des familles, une gestion au plus près du personnel et des dépenses programmées. Une éventualité qui entraîne des questions parmi les participants quand à la compétence du personnel et des modalités d'embauche, la réhabilitation de l'usine à neige (réalisés et financés par les assurances suite à l'incendie), les résultats de la station l'hiver dernier (300 000 de déficit), combien d'années pour apurer la dette (au moins 6 ans), quelle est la responsabilité des anciens maires, si la station fait des bénéfices que deviennent-t-ils (affectés à l'assainissement de la dette).

Et la commune : mise en place de commissions de travail, implication dans la communauté de communes, état des lieux du bâti communal, des voies et réseaux, en vue de leur entretien, création d'une commission d'appel d'offre, relance du Plan Local d'Urbanisme, réflexion sur la suppression du sectionnement électoral qui passera par une enquête publique, vote du budget 2 012 imposé par la tutelle administrative, mise en place d'un programme d'animation, montrent l'énergie et la volonté des nouveaux élus de rapprocher les habitants, d'être à leur écoute et à échanger en toute transparence.

Michel Partouche conclut la réunion en insistant sur l'implication des autorités de tutelles (préfecture, sous préfectures) et de la cour des comptes qui ont beaucoup aidé le conseil municipal.

Décision finale lors du prochain conseil municipal de novembre.

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