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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Nano et la source de vue.

 

 

La grande pierre de la meule tournait régulièrement avec son ronronnement lancinant. Le seigle exprimait sa farine grise mêlée du son épais et gras.

Nano le savait, plus par l'expérience, il avait apprivoisé toute la mélodie du labeur bien mené. Ses yeux s'étaient usés prématurément et il naviguait dans un brouillard perpétuel. Le Carcannet ne desserrait jamais son emprise sur un monde usé de contours fugitifs.

L'odeur de la farine montait, envahissante, entêtante. Elle pénétrait dans les moindres interstices de la vie et jusqu'au coeur du meunier. Si sa vue était un naufrage, tous ses autres sens n'en avaient gagné qu'une plus grande acuité.

Le moindre bruissement lui parlait de la mouture. La chaleur de la pierre, le parfum du moulin, faisaient partie de sa connaissance largement ouverte sur l'évolution du procédé. Il savait le débit de l'eau qui entraînait la roue et estimait la force et la vitesse à un ensemble de facteurs complémentaires. Sa main dans le blé lui parlait de la teneur et de l'humidité du grain. L'odeur parfois le faisait saliver autant que celle d'une miche bien cuite et juste sortie du four.

Le poids des sacs de céréales qui diminuait à la verse et le son métallique du grain l'amenaient dans les justes proportions commandées par les boulangers et les paysans des villages voisins. Il était d'une précision si régulière que malgré son handicap, tous lui vouaient une confiance et une admiration sans limite.

Aucun sac ne manquait et le tamisage terminé, c'était toujours la plus belle farine qu'ils renfermaient. La fleur était contenue dans une toile plus fine et serrée que la production destinée au pain quotidien. Les balancements des tamis guidaient les pas de Nano dans la partie basse du moulin. Rien ne lui échappait. Dans ce monde en mouvement créateur, il était naturellement à son aise.

L'année de labeur suivait le cours des saisons. Il fallait attendre quelques temps après la moisson pour reprendre un rythme plus soutenu. Par contre, les pluies nuisaient à la qualité du travail. Ces journées là étaient employées aux petites réparations et à l'entretien du moulin.

Durant un été particulièrement sec, Nano, entouré de son brouillard quotidien, tenta une balade sur le plateau du Capcir. Son idée bien sur, était d'aller écouter les vagues produites par le vent dans les champs de seigle, de blé et d'avoine.

Le bruissement des épis le renseignait sur la récolte à venir.

La chaleur du vent d'Espagne devenait étouffante. Rassuré de la chanson pleine de grains presque murs, il décida d'aller s'allonger sous un pin et de profiter de l'ombre pour l'apprécier encore mieux.

Son bidon d'eau était presque à sec lorsque le vent tomba d'un coup.

Le sol rayonnait sous le soleil torride et la soif asséchait la gorge autant que son crane qui bouillonnait sous le feu devenu insupportable.

Plus aucun épi ne se balançait. Prêtant une oreille plus fine, il surprit le gazouillis d'une petite source que les yeux les plus experts n'auraient pu déceler.

L'envie se fit encore plus pressante que la chaleur venait d'empirer. Il se leva et doucement, se laissa guider vers la mélodie discrète.

Avant de se désaltérer par l'onde réparatrice, il en puisa à pleines mains pour rafraîchir son visage. La sueur cristallisée sur ses tempes se dissipa. Alors, chose étrange, il vit plus clair.

N'osant comprendre ce qu'il lui arrivait il bu doucement cette cristalline présence.

Les petits galets ronds de la source devenaient de plus en plus nets. Il frotta ses yeux malades et sous l'eau, sa vue se troubla. Presque rassuré de retrouver son brouillard habituel, il entreprit d'étancher cette soif de boire bien plus que celle de voir.

Relevant la tête, quelque chose venait de changer.

Une mosaïque de petites parcelles s'étendait d'un bord à l'autre du plateau.

Le vent retenait son souffle. Nano sentit son coeur s'accélérer. Il voyait clair !

Partagé entre la joie et la crainte, il ne savait s'il devait crier ou se taire.

Il réajusta sa musette et tout en redescendant vers le moulin il s'inquiétait de l'incidence de ce petit miracle sur sa vie et surtout sur son labeur.

Toute cette précision acquise allait elle se dissiper comme le Carcannet désormais évaporé ?

Aussitôt rendu, il ouvrit la vanne du canal et s'enquit de caler sa vision toute neuve sur le chant des rouages en mouvement. Rassuré, il passa en revue toutes les mécaniques du moulin.

Si ses clients s'apercevaient de son état, lui garderaient ils autant de confiance ?

Ce changement, par trop suspect, déverserait une vague de questions embarrassantes. Il tenait trop à sa tranquillité pour laisser naître le moindre soupçon.

Il décida d'aller trouver un maçon de ses amis qui était particulièrement fin de logique autant que d'espiègleries. Papet, c'était son surnom, vivait depuis quelques années dans le pays. Ils avaient sympathisé durant les travaux de rénovation du crépi chaulé qui protégeait l'enceinte du moulin.

Ne parlant que le Catalan, bien que connaissant le Français et se refusant définitivement l'usage du Castillan, ce personnage enjoué trouvait toujours les bonnes solutions aux problèmes les plus cocasses de la vie.

Du haut de son échafaudage, il vit quelque chose de changé chez le Nanó. Il termina sa gâchée et descendit saluer son compagnon.

Léontine, la femme de Papet les laissa boire le café tranquillement. Elle savait bien les moments qui impliquaient sa discrétion. Elle en profita pour s'éclipser vers le roc de la Costa, histoire de surveiller le troupeau en pâture.

Nano était inquiet. Papet le regardait avec l'oeil expert de celui qui avait traversé bien des chantiers depuis l'Afrique du Nord jusqu'en terre de France où il s'était établi.

Au troisième café, la solution venait d'apparaître aussi claire que le regard neuf du Nanó. Les deux compères se mirent en chemin pour aller trouver l'abbé du Pays.

Le plan était simple. D'abord l'accident facile à simuler par un bandeau noir sur les yeux, puis, le miracle avec la complicité du curé. Il leur devait bien ça. Papet travaillait souvent aux besoins de l'église et du cimetière. De plus avec le Nanö, ils fournissaient en truites braconnées le presbytère.

Le stratagème fonctionna à merveille. Durant quinze jours, Nano ne se déplaçait plus sans un épais bandeau noir sur les yeux. Du brouillard à la nuit la plus sombre, finalement il n'y avait que peu de différences. Chacun put se lamenter un peu plus sur le sort qui s'acharnait sur le malheureux. Son prestige n'en grandit que plus.

Le geste cependant toujours aussi sur de Nano rassurait pour autant la clientèle. Jusques là, tout allait bien.

Un Dimanche, le brave curé proposa une procession à ses paroissiens pour faire visiter les futures récoltes et les protéger par une bénédiction. Vierge en tête du convoi, les bigotes suivaient en psalmodiant les psaumes en Catalan.

Il faisait bien chaud ce jour là. Arrivés prés d'une certaine petite source, qu'il bènit aussitôt, l'abbé invita à se rafraîchir.

L'eau était si claire, si agréable. Alors, ce qui se passa dépassa les espérances du brave curé. Ses ouailles écarquillaient les yeux et se mirent à genoux pour prier.

Il semblait bien que l'eau était miraculeuse. Nano allait se baisser à son tour pour en bénéficier, lorsque la main solide d'un boulanger l'arrêta dans son élan.

L'abbé intervint. Il déclara que si la volonté divine était d'apporter la clairvoyance à ceux qui vivaient dans l'obscurité, que ce n'appartenait nullement aux hommes d'en entraver le chemin.

Puisant à pleines main il s'enquit de laver les yeux de Nano. Là, miracle, non seulement il voyait mieux mais aussi au delà de ce qu'il voulait percevoir. Il découvrait maintenant les hommes tels qu'ils étaient vraiment.

Il voyait le passé et il devinait le futur.

Cela, Nano le cacha avec grand soin. En fait il ne s'en servirait que pour aller poser les filets avec son ami Papet. Imprenables les braconniers !

Les plans les plus astucieux de la maréchaussée se trouveraient inexplicablement dévoilés malgré les plus grandes précautions...

Pour l'heure il feignait une amélioration retrouvant un Carcannet un peu moins dense.

Le boulanger en paru satisfait alors que tous les autres le plaignaient de ne pas avoir été aussi bien guéri qu'eux mêmes.

Tout sembla rentrer dans l'ordre avec les moissons. La vie reprenait son cours habituel, hormis le fait que Nano, de temps à autre, trébuchait...

Les années passèrent avec leur lot d'évènements et de processions toujours plus suivies vers la source de vue. Une chapelle fut même bâtie à proximité.

Le temps use les hommes autant que leur mémoire. Qui se souvient ou devine ce qui ramène la vue ? De plus, de trop voir n'est il pas aveuglant ?

Il en faut de la sagesse pour faire bon usage de ce que dieu vous donne sans pour autant s'y attacher, car il le reprendra bien assez tôt.

La farine de Nano est toujours aussi belle et si le curé se régale de poissons frauduleux, il n'en dit pas pour autant plus mal la messe. Papet et Nano continuent leurs espiègleries dans un pays mosaïque dont ils savent cultiver l'histoire et la discrétion. La source existe vraiment. Elle est quelque part, ici où là. Peut être même au fond de votre coeur...

Attention cependant de ne trop y puiser sans le calice d'une certaine sagesse.

Le conte est achevé. L'onde court toujours autour d'une roue à aube aujourd'hui disparue. En fermant les yeux...qui sait, vous pourriez en entendre les rouages.

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Villanova.

 

 

C'était un petit matin glacé, pareil à tant d'autres.

Au bord de cette rivière, il offrait au passant le spectacle d'un reflet glissant au fil de l'onde sur les bordures gelées.

La lune pleine s'appliquait à allonger les ombres en fantômes fuyants. Elle courrait sur les flots, accompagnée du bruissement discret d'une sage liberté.

Les saules s'étiraient sévèrement au milieu des refus irréguliers. Entourés de ces mottes, ils semblaient tenir une assemblée de conteurs au public assidu. Sous le pied, le sol récitait les crissements appliqués d'un pas sur.

Un matin semblable à tous ces matins d'hiver. Des arbres centenaires et leur public légendaire. Des pas posés dans un sentier maintes fois entrepris et toujours effacés.

Dans ce présent, tout reflétait la longue tradition du labeur. Le rite tant répété avec méthode et application reliait le marcheur matinal à tous ceux qui l'avaient précédé.

Le moulin de la scierie dressait sa carcasse de planches sur le flan du coteau. Une faible lueur transpirait au travers des planches disjointes. Le vieux était déjà là. Il avait allumé un bon feu. Les flammes dansantes invitaient à rejoindre l'atelier.

L'ouvrage ne manquait pas. Autant la belle saison était gourmande de volige et de boiseries diverses, autant l'hiver était consacré aux tâches de patience et de précision.

Parfois la température était si basse qu'il en devenait impossible de s'appliquer vraiment, tant la main devenait peu sure.

Après un court silence devant la bâtisse, histoire d'un clin d'oeil à la voûte étoilée, le dernier pas décisif abandonnant le quotidien et ses tracas.

Passé la porte, c'était un autre monde.

Là, plus rien ne pouvait vous atteindre. Tout devenait ouvrage et seulement labeur.

Chaque geste répété maintes fois par des mains plus anciennes retrouvait une réalité.

L'artisan était et devenait. La raison guidait le geste que la passion avait nourri. Chaque outil prenait possession de l'artisan et l'artisan devenait son outil. Le bois parlait de lui même. La fibre appelait la ligne et la ligne devenait surface. Chaque planche imbriquée par tenons, mortaises et chevilles, construisait le volume. Puis, venait la finition vers l'harmonie. Les gravures décoraient de leur simple beauté l'ouvrage naissant.

Dégagé du reliquat de sciures et de copeaux, une patine légère ferait ressortir l'âme du meuble et l'esprit de la main qui l'avait conçu. D'année en année, de geste en geste, ils seraient épris et repris par d'autres caresses. La cire d'abeille appliquée de touches en touches ranimerait la veine palpitante du bois. Discrètement, la résurrection se ferait sous la patience de la maîtresse de maison. La gloire discrète s'imposerait alors. Partagée ainsi, elle trouverait le chemin en d'autres temps, d'autres lieux.

Ce que l'un avait fait, l'autre l'entretiendrait en ranimant au quotidien la vie de l'ouvrage.

Sans forcément se connaître, le lien par le geste tracerait une union dans le partage que fondait la beauté retrouvée.

Les parfums des essences du bois embaumeraient la vie de la maison. Chaque craquement du meuble intriguerait autant qu'il rassurerait les âmes endormies sous leurs lourds édredons. L'odeur des copeaux fraîchement tombés et de la sueur mesurée à l'effort appliqué sont encore dans les tiroirs. En les retournant, les marques et repères crayonnées de gris ou de bleu. Parfois la brûlure d'un fer laissant au charbon la signature de l'artisan, rappellerait l'origine et l'histoire.

C'était un petit matin d'hiver sur les rives gelées de l'Aude. Le village de Villanova s'éveillait et les hommes s'activaient sur le témoin de leur époque.

Le saule terminait un conte et les mottes herbeuses se tassaient sous l'éclairage d'un jour nouveau.

Avec le soleil, la neige fondante ferait la rivière plus bruyante. La roue à aube réveillerait une fois encore la genette endormie dans un amas de copeaux. A chaque fois qu'une main s'animera sur un morceau de bois, à chaque fois que s'ouvrira un tiroir, il était une fois, c'était hier et ce sera toujours !

 

Gilles.

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

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Bref de quoi lire et relire pendant les temps calmes. Mais aussi quelques commentaires et des albums photo...

Date de création : 10/08/2011
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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Tiens donc, la façade vient de se teinter d'ocres provençaux !

Loin du Lubéron, ces couleurs annoncent le vent ou la pluie...

Décembre 2012 rose rouge 029

Dans le ciel, une rose vient d'éclore. Une rose de lumière, au coeur d'un nuage, métamorphose quelques minutes le paysage Capcinois.

Décembre 2012 rose rouge 030

Le rouge et le noir...

Décembre 2012 rose rouge 027

Les premières grives en profitent pour voler vers leur petit déjeuner dans les sorbiers. Elles arrivent tôt pour damer le pion aux étourneaux.

Sous les arbres...la douceur continue et la neige fond telle qu'au mois d'avril. 

Décembre 2012 rose rouge 028

L'innocence perdue d'un manteau souillé par les débris. L'hiver ça finit toujours comme ça !

Avant Noël, la fin du monde. Passé Noël, la folie raisonnable...because la crise. En Janvier...le grand flop !

Si la météo s'y met...les quelques fins de semaine ne seront pas à la hauteur des espérances désespérantes.

Enfin, qui peut savoir ?

Une chose de sure, c'est la baisse de fréquentation.

De la neige de culture, n'allons nous pas vers la culture de la tranquillité ?

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Passez de bonnes fêtes !

Sous la douceur du redoux...la neige fond.

La crise poursuit son agression sur les classes moyennes. Les plus démunis le sont encore plus...Les riches aussi. 

Peut on espérer que les fortunes soient mieux utilisées sans un sens moral en voie de disparition dans une société matérialiste ?

L'inconscience continue ses dégâts...La désaffection des lieux de loisirs devient de plus en plus flagrante. Ce n'est pas une surprise.

Mais, positivons un peu !

 Nous ne sommes pas les seuls otages dans un monde de fous. Souhaitons, non pas le retour à la raison des despotes, faut pas rêver...Souhaitons leur départ !

Si le vert est la couleur de l'espoir...

Vivement le printemps...

Bonnes fêtes, quand même ! 

Gilles.


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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Ker Ramat.

 

 

 

Il était une fois, il était un peuple, il était une lumière...

Le rocher sacré dessinait sa silhouette massive sous la lune nouvelle. Encore un petit effort et le petit groupe qui cheminait depuis le village de Cazalets arriverait sur l'aire aménagée.

Un grand cercle était déjà formé par les autres habitants des clans voisins. Au milieu, un bûcher se dressait, n'attendant plus que la flamme libératrice pour donner une nouvelle lumière au pays.

Toutes les familles étaient représentées depuis les contrées amies les plus éloignées jusqu'aux druides de la montagne sacrée. La puissance de toutes les tribus allait sans cesse en augmentant. Non seulement les solides guerriers étaient experts dans le maniement de la lance et de la hache, mais leur connaissance du terrain et celle de techniques de boiseries en faisaient une armée cohérente et efficace. Si la défense du terrain était leur stratégie principale, le mouvement tournant en attaques divergentes les caractérisait.

Pourtant, les intentions étaient pacifiques et leurs activités découlaient de la complémentarité visant à l'exploitation des richesses naturelles pour le plus grand bien de la communauté. Pas de propriété individuelle, sinon celle de sa liberté propre. Des règles pour tous reconnues et appliquées de concert pour la défense et la préservation de la chose commune. Des chefs, des druides, mais choisis par l'ensemble des tribus.

Cette nuit était celle du renouveau. Le froid mordait les visages impassibles de ces durs montagnards. La ténèbre la plus longue du cycle allait basculer vers le passé.

Un druide s'avança vers la pyramide de bois sec. Invoquant la puissance créatrice de l'univers, il invita l'ensemble des hommes à se donner la main.

Le cercle aussitôt se referma par une chaîne continue.

Une main levée vers le ciel et l'autre tournée vers la terre, le sage en tenue blanche, fit un mouvement de bascule. Tandis que ses bras s'inversaient et que ses mains se tournaient, une petite flamme fut servie au coeur de l'édifice par un archer. La flèche monta dans le ciel avant de s'abattre avec précision. Alors, le feu grandit et la lumière se répandit sur les visages peints de tous les hommes assemblés.

Le chef de clan le plus âgé entama le chant guerrier qui fut aussitôt repris par toutes les gorges viriles. Plus les flammes montaient, plus le rythme devenait trépident.

Arrivées au sommet, un grand silence se fit sur les prairies alentours. Les femmes prirent leur place autour des hommes. Voulant profiter de la chaleur dégagée, les jeunes s'approchèrent à leur tour du cercle sacré. Ils ne pouvaient encore y prendre place, mais leurs yeux brillaient de cette envie d'être reconnus au rang des adultes. Le druide se tourna vers eux. Il les invita à s'avancer un peu plus. Puis, il prit un brandon incandescent. Alors que le tison perdait son éclat et que la rougeur semblait se dissoudre dans la nuit, il s'approcha du plus âgé des enfants.

Frottant ses mains sur le charbon, il enduit le visage de l'adolescent. Les autres druides en firent de même. -"Aujourd'hui dans l'obscurité, demain dans la lumière. Que le feu qui brûle en vous génère la force de vos mains."

Une fois les faces blanches disparues sous la suie, le cercle fut rompu et les festivités commencèrent.

Des feux jaillirent tout autour du brasier central. Les femmes entamèrent alors le travail du service. La viande et les denrées furent servies tour à tour aux convives.

Du plus âgé au plus jeune, tous reçurent leur part de nourriture.

Ensuite vint la boisson. Les cruches de cuivre circulèrent toute la nuit.

Au petit jour, le brasier s'apaisa et chacun put ramasser quelques morceaux de charbon. C'était la coutume pour garder dans les clans un témoignage de cette nuit sacrée. Avant la séparation et le retour vers les villages, les chefs se réunirent dans la hutte la plus grande. Là devant les druides, ils renouvelèrent leur serment d'assistance. Lorsque le soleil encore faible jaillit par dessus la montagne sacrée, ils sortirent pour bénéficier de l'éclairage nouveau.

Alors, tous ensemble se dirigèrent vers la statue de pierre couverte des couleurs les plus vives. La saluant, ils entamèrent le rite de la séparation. Vinrent de longues accolades et la promesse de se retrouver dans la prochaine assemblée pour célébrer l'initiation des nouveaux guerriers sous la lumière baissante.

Les délégations s'éloignèrent chacune vers leurs villages.

L'hiver commençait vraiment.

Il fut rude et pétrifiant sur un monde primitif mais organisé. La terre était désormais gelée au plus profond de ses origines. Dans chaque hutte de pierre ou de peau, chacun s'occupait aux taches de patience et préparait déjà le retour du beau temps.

Le bois ne manquait pas malgré les besoins importants des fourneaux et si le gibier devenait plus rare, les réserves enterrées dans les silos et étalées sur les séchoirs promettait la survie de la communauté.

Ni racines, ni viandes, ni poisson ne manqueraient pour cette longue période sur laquelle le nouveau soleil éclairait un avenir prometteur.

Les armes nouvelles étaient améliorées et des joutes d'entraînement venaient briser la monotonie d'un quotidien répétitif.

Les femmes étaient à la confection des vêtements chauds et chaque évènement inattendu était prétexte à réjouissance. Ainsi passait l'hiver en véhiculant les récits des anciens et les corvées de déneigement autour du village et des réserves communes.

Parfois la nuit tourmentée emportait l'un ou l'autre. Alors, un bûcher était dressé et les cendres recueillies dans une urne scellée, allaient rejoindre les autres sous les cercles de pierre. Les journées suivaient les nuits et la lutte se poursuivait contre les éléments.

La faune était tenue à distance. Par contre nul n'était à l'abri d'une attaque de pillards. Ils convoitaient le profit du cuivre et autres métaux travaillés pendant la rude saison. Le guet était perpétuel. Chacun se devait d'y prendre tour et de veiller sur son village. Les animaux domestiqués tels que les chiens aidaient à la garde des troupeaux autant qu'à la surveillance des lieux.

Cependant, les jeunes menaient le plus gros du cheptel en aval pour y attendre le retour des beaux jours. Le souvenir des prairies verdissantes et fleuries des montagnes du Capcir entretenait l'espoir du retour vers les familles demeurées là haut. Bientôt l'hiver finirait et ils quitteraient le village de repli et reprendraient le chemin des estives.

Fondue, la neige grossirait les ruisseaux. Alors, l'extraction des minerais reprendrait dans les tranchées de Ker Ramat.

Les charbonniers grimperaient à nouveau vers leurs places. Le cycle de la vie active reprendrait son cours industrieux et agricole.

Les jeunes reviendraient à nouveau égayer les sentes du village. Lorsque le bois joly embaumerait à nouveau le sous bois, les serments tisseraient les liens entre les familles. Chaque bouquet offert aux demoiselles verrait après le saut de l'été la naissance d'une union consacrée. La vie, la vie qui coule inexorablement dans le lit des hommes. Une vie avec ses calmes et ses ressauts. Une vie alternant les saisons, les joies, les peines et les espoirs de tout un peuple uni dans le travail. Une vie marquée par les rites célébrant la lumière divine. Une vie de partage et dont chacun s'efforçait de contribuer au bien commun.

Tour à tour mineurs, laboureurs, soldats, un peuple fier et uni autour d'une roche aussi solide que leur volonté. Ker Ramat, le rocher sacré dresse dans les siècles des siècles, le témoignage d'une civilisation éternelle.

Ils sont encore là, en chacun de ceux qui portent leurs pas sur le sol de ce pays en y respectant les lieux et les coutumes. Leurs pierres se dresseront à nouveau vers d'éternels solstices. Leurs feux brûlent déjà en vous. Entendez le chant qui monte de la terre ?

Prendrez vous part au chantier qui révélera le témoignage du passé ?

Alors, vous saurez. Alors, vous serez !

 

Gilles.

 

 

 

 

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Histoire Patrimoine

gelée de septembre 2012 008gelée de septembre 2012 010

La roue tourne depuis bien longtemps...

Parfois dans un sens, parfois dans l'autre !

Voici un extrait du courrier de JPH Bocquenet. Vous y découvrirez le potentiel du territoire Capcinois.

JPH. B : .....-" Concernant les « Casalets », je me souviens que nous nous y étions rendus afin de vérifier l’époque de ces fonds de cabanes. Si mes souvenirs sont bons, nous n’avions trouvé que des fragments de céramiques médiévales des 14eme/15eme siècles. Vu l’architecture carré de ces cabanes, cela ne colle pas vraiment avec les types de constructions que nous connaissons dans le secteur que ce soit pour la période du Verazien ou pour l’âge du Bronze (d’ancien à final).

Cependant, la commune de Puyvalador, et les communes alentours, possèdent certainement un potentiel archéologique préhistorique majeur pour les Pyrénées. En effet, la découverte de la statue menhir et la possibilité qu’il en existe d’autres sur Escouloubre (BARAILHÉ  (1949) — Compte rendu des travaux de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, séance du 20 juin 1948,  in : Bulletin de la Société d'Études Scientifiques de l'Aude, Tome L, p. XXXIV.), la présence de menhirs signalés près des ruisseaux (en allant vers Font Romeu), la présence de dolmens, de pierres a cupules signent une forte occupation de ce secteur. Mais le plus intéressant reste a mon sens la présence d’outils de paléo métallurgistes qui avaient été découverts par Rose Cathala dans les champs près de la commune. En effet, ces outils sont extrêmement rares en France et en Europe et indiquent une occupation d’exploitation du cuivre. Il existe très peu de sites de ce type en France. Les plus connus sont les sites de Cabrières dans l’Hérault (Paul Ambert) et de Saint Véran dans les Hautes-Alpes (Hélène Berges). Le site de Cabrières a lui aussi donné des outils de paléo métallurgistes couplés a des mines de cuivres préhistoriques. A saint Véran, ce sont aussi des mines d’exploitation du cuivre qui ont été découvertes.

L’existence de ces outils à Puyvalador indique certainement une proximité de mines ou de gisements de cuivre qui ont été exploités pendant la préhistoire. De plus, cette industrie pourrais s’étendre sur les communes voisines et il ne serait pas étonnant d’y voir une certaine corrélation avec la (ou les) statues menhirs existantes dans le secteur. En effet, il est assez étonnant de trouver ce genre de monument uniquement dans cette partie des Pyrénées et cela pourrait être le marqueur d’une communauté puissante, axée sur le travail du cuivre, ayant voulu marquer son territoire.

 


Les démarches de "motivation" commencent !

Souhaitons qu'elles soient fructueuses.

 

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Feu dans les veines.

 

CIMG0651

 

La terre s'était déchirée.

Par la plaie béante, un torrent de lave très fluide se déversait dans la vallée en contre bas.

Depuis le dernier tremblement de terre, les hommes étaient retombés dans l'insouciance du quotidien. Presque estompée, cette nuit dans laquelle ils s'étaient retrouvés dans la rue, deux heures passées après minuit.

Là bas, vers les Corbières, quelque chose s'était effondré. Le roulement sourd qui en provenait s'était propagé sur de grandes distances.

Beaucoup croyaient à l'éboulis d'une quelconque ruine. Mais, dans la rue, presque rien, si ce n'est de nouvelles fissures sur certaines façades.

Une fois l'attente d'une possible réplique épuisée, chacun s'en était retourné finir sa nuit sous les plumes.

Aujourd'hui, le feu s'était imposé au grand jour. Les bois illuminaient la nuit de tornades incandescentes et une épaisse fumée aux senteurs de résine se mêlait aux dégagements soufrés émanant des fissures.

Feu dans la terre, feu dans les airs, feu dans les veines des hommes tremblants.

Tout basculait dans un retour inattendu aux premiers temps du monde.

Nul n'osait imaginer ce qui s'était passé en aval, là bas vers le pech de Bugarach. Pendant que les fous contemplaient désespérément le ciel, c'est de la terre que la stupeur avait surgit.

La montagne s'était enfoncée un peu plus et laissait présager d'une disparition totale.

D'autres lieux avaient marqué cette journée infernale. L'eau débordant le littoral avait emporté toute forme de vie dans la plaine du Roussillon et jusques dans ses vallées attenantes. Un immense déversement avait ravagé l'ensemble des côtes méditerranéennes.

Maintenant, le feu montait des entrailles de la terre et bouillonnait à l'air libre.

Routes coupées, barrages éventrés, forêts calcinées, cultures lessivées...hommes désespérés.

Bien que la plupart se retournaient vers les derniers curés tout aussi incapables, certains ressentaient à présent le sang du peuple des loups qui subsistait encore en eux. Il fallait se rendre compte de l'étendue réelle des dégâts et s'organiser pour des lendemains certainement difficiles.

Une expédition fut organisée pour atteindre les sommets des Madres. Fallait il encore attendre que le feu dévorant les pentes s'apaise quelque peu.

Les gaz émanant des combustions et ceux produits par les éruptions asphyxiaient la population demeurée sur les parties basses et les cuvettes. Peu de survivants, si ce n'était la présence d'esprit qui guida les derniers vers les hauteurs déboisées.

Si une grande partie de la faune paniquée avait fui quelques heures avant, beaucoup d'animaux avaient péri et l'odeur de décomposition se mêlait aux fumées nocives. Même les vautours attirés par le festin tombaient dans le piège. A peine posés, leur fin était inéluctable.

Aucun rescapé dans les grottes profondes envahies par le poison volatil.

Le salut provisoire était dans la hauteur et non pas dans le ciel !

En Cerdagne, ce fut pire. Les bordures du plateau s'étaient ouvertes en dégageant une immense caldéra. L'ensemble de la contrée s'enfonçait d'heure en heure dans les entrailles de la terre. Les vallées de la Tet et du Sègre étaient la proie des flammes.

Quelques rescapés erraient dans le désert du Carlit, les yeux hagards au hasard de leur désespérance.

Ils avaient vu passer les vagues des barrages hydroélectriques du Lanoux et des Bouillouses. Ce qui n'avait pas été dévoré par les flammes était englouti ou effacé.

Du haut du Ginèvre et des Madres la petite expédition était revenue les larmes aux yeux et le coeur serré. Le spectacle de désolation ne trouvait de limite que celle de la courbure du monde.

Maintenant, tout réorganiser et trouver des ressources pour survivre durablement. Une fois de plus, dans l'histoire de ces peuples pugnaces, les origines parlaient. La survie, ils la redécouvraient comme dans les temps les plus reculés. Aucun secours n'était à attendre de nulle part avant longtemps.

Faire l'inventaire de ce qui restait et par force, remettre les réserves en commun. Le grain fut divisé selon les besoins et aussi en prévoyance de semis futurs. A la hâte, redécouvrir l'art de bâtir des huttes pour héberger les survivants. La vie s'organisait péniblement dans la douleur. Ce qui allégeât considérablement la tâche, c'est que l'hiver glacé avait disparu lui aussi dans le cataclysme.

Les températures n'avaient jamais été aussi hautes pour la saison et les sources d'eau chaude jaillissaient de partout.

Les mois et les années passèrent.

Bien des périls furent à surmonter. Les descendants des Volques, bariolés de l'apport de toutes les civilisations et des peuples voyageurs, survécurent une fois de plus...

Ceci n'est qu'un conte apocalyptique et en rien une prophétie.

Cependant, il est là pour réfléchir une possible réalité assez éloignée des grottes de Bugarach...

Si chacun porte en soi sa propre fin, il ne faut pas désespérer car ce qui nous pousse et nous motive y demeure aussi.

 

Gilles.

 

 

 

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Histoire Patrimoine

juin 2012 pont du Galbe 002

D'une rive à l'autre des temps qui nous séparent, les anciens ont laissé les vestiges en témoins de leur vie.

Héritage mérité ?

Rien n'est moins sur...

col des hares 2011 063col des hares 2011 064

Gravées dans la pierre qui porte la montagne, les écritures et symboles s'éteignent de l'usure du temps et de la mémoire volatile des hommes.

Des trésors plus anciens encore restent à dévoiler...

Statue menhir PuyvaPrintemps Capcinois 011

Émergeant ça et là, parfois où on ne les attend pas, les richesses du passé veillent sur nous tout comme nous ne le faisons pas pour elles !

Il est un village du nom de Cazalets qui gît sous le feuillage de l'oubli.

Juste à ses portes, la carrière dévore la roche des plus anciennes que la chaîne des Pyrénées ait épousé. 

De nombreuses traces des temps les plus anciens en passant par l'âge du bronze, l'époque gallo romaine et le moyen âge sont en péril.

Il serait temps de s'en soucier !

Le PNR serait un partenaire certainement plus efficace que les collectivités voisines. Somme toute elles ne se sentent pas forcément concernées par le patrimoine de nos origines qui n'est pas sis sur leur territoire.

Ayant repris contact avec JPH BOCQUENET (archéologue inventeur de la statue menhir), je vais tenter de sensibiliser quelques archéologues et spécialistes afin de mobiliser les instances pour la sauvegarde de nos sites.

Toute bonne volonté sera la bien venue. 

Vous pouvez me contacter sur ce blog ou sur mon adresse internet : "puyva@orange.fr".

Gilles POUVREAU.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Juste.

 

 

 

Grand, sec, avec un regard bleu gris qui vous transperce presque désagréablement.

Juste, ce n'est pas un nom que l'on récolte au hasard d'une ruelle !

Plutôt qu'une lame acérée, il avait tout d'une passerelle entre chaque rive qui opposait les opinions et les idées de ceux qui venaient le consulter.

Ceux qui ne croyaient plus en la justice des hommes, leurs Lois, leurs façons d'être aussi déplaisantes aux uns qu'aux autres...

Ceux qui cherchaient un autre chemin que celui de la contrainte venaient lui parler de leurs soucis et des querelles qui pouvaient les opposer.

Les paroles et les gestes de Juste surprenaient toujours, mais trouvaient le point d'achoppement entre les piliers. Le poids de la vie ne s'en trouvait que mieux réparti. Ainsi, dans l'équilibre retrouvé, chacun prenait dans la hauteur un certain détachement sur les bases d'un conflit déjà lointain.

De prime abord, les conseils désarçonnaient quelque peu. Il fallait un certain temps pour s'y retrouver.

Un jour, ou plutôt un soir, deux amis vinrent, sous le couvert du manteau, trouver quelque réconfort lumineux. Ce qui les chagrinait tenait dans l'impossibilité d'accorder leur entendement sur la façon d'exprimer leur vision des choses.

Il leur imposa le silence durant un mois.

Ayant expérimenté la lourdeur et la légèreté de la discipline, ils revinrent le voir. Alors, il prit un méreau de terre cuite, le brisa en deux et en remit une moitié à chacun. Il leur dit : "-Séparés, ils sont disgracieux, rassemblés par le geste ils retrouvent l'unité et l'harmonie."

Comprenant alors la portée de ce double message les deux comparses repartirent d'un pied neuf sur le chemin de leurs vies. Ensemble désormais ils s'attelèrent à des taches unissant leurs efforts pour le bien commun.

Juste, plutôt que de prononcer une sentence, orientait ses patients sur un angle de perception différent.

Le conte, passant par là et bien qu'il prétendit que ce fut par hasard, interrogea Juste sur les affaires de la contrée. Mais, il n'eut pour réponse qu'un cadeau surprenant.

Juste lui remit un miroir particulier. D'un côté il renvoyait l'image inverséee, de l'autre l'on voyait au travers d'un filtre ce qui se passait au delà.

Le conte repartit. Il mena avec un détachement nouveau ses décisions en tenant grand intérêt des avis opposés au sien. Il trouva dans le comportement des hommes des similitudes lui rappelant le sien dans le sens et dans l'autre l'inverse.

La vie du conté s'en trouva nettement améliorée.

Juste refusait de prendre part aux décisions communes des instances qui géraient matériellement le quotidien. Ne sachant ni lire, ni écrire, il se contentait d'égrener les épis de blé que la vie lui présentait. Ses conseils étaient gratuits et n'impliquaient que la qualité de ceux qui cherchaient. Comme des grains de blé, les réponses germaient en eux et seulement par leur nature profonde. L'écriture de Juste était faite de symboles. Ainsi, sans aucun mot, ni écrit...chacun retrouvait l'entendement nécessaire au cheminement de la lumière qui montait à nouveau en eux. Les deux rives qui jadis s'opposaient se retrouvaient rapprochées par un gué connu de ceux seulement, qui en trouvaient le sens. Malheur aux curieux qui profitant un instant de bribes perçues venaient à expérimenter les conseils qui ne leur étaient pas dus.

Quelques uns finirent noyés et d'autres y perdirent la raison, qu'ils n'avaient somme toute, jamais eu.

Bien plus que des paroles, de temps à autre, regardons le juste et retrouvons le passage du gué qui germe en nous.

Cette courte fable est achevée...

Cependant, toute l'altitude qu'elle contient réside dans l'espace que vous lui ferez. N'oubliez pas qu'avant de briller en haut du sapin, l'étoile ne vaut que si elle brille en vous.

Joyeux Noël !

 

Gilles.

 

 

 

 

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