Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Au Loup !

Qui gère quoi ?

Lamentable ! C'est hélas le mot qui qualifie l'état de nos zones de montagne.

Une économie moribonde fondée sur un tourisme dépassé, une gestion des territoires illusoire et basée sur le détournement des valeurs. Des espaces naturels captés par des incapables dont les autochtones subissent les répercutions négatives.

Aux dégâts sur les cultures et les jardins vivriers s'ajoutent ceux de fauves dont on ne sait réellement s'ils sont venus en train ou "pédibus". Les Loups sont dans l'enceinte et contribuent à la destruction du monde traditionnel.

Mais qui sont véritablement les loups ?

Ceux de la gente canine, même s'ils ont pu être lâchés clandestinement et donc illégalement n'ont rien à envier aux bipèdes imbéciles qui se croient au dessus des Lois et dont la position leur donnerait les qualités qui leur font défaut.

Qui est responsable de l'introduction d'animaux malfaisants ?

Pourquoi l'ont ils fait si ce n'est dans l'optique d'un certain profit, à moins que ce soit délibérément pour contribuer à la désertification de nos montagnes ?

Nous le vivons avec les cervidés et maintenant avec les fauves.

Les prairies devenues champs de foire ou l'on vient se servir impunément du bien d'autrui, j'en veux pour preuve la rapine exercée sur la gentiane et l'inertie des autorités à gérer ce vol organisé.

Les clôtures sabotées au nom d'une liberté de se promener n'importe où. Aucun respect de la propriété ni des biens. Aucune éducation ni protection de la part des organismes sensés être les partenaires des montagnards. L'espace est voulu sauvage et surtout docile pour ouvrir un défouloir aux aspirations déçues de populations irresponsables.

Les auteurs du désastre social, économique et culturel se gaussent de bien belles intentions mais nous prouvent chaque jour un peu plus leur incompétence notoire.

Nous en avons assez de ces visiteurs qui se croient tout permis du haut de leur mépris !

Il est temps de réagir à l'inertie et de replacer chaque chose à sa place.

A chaque fois qu'un amateur se prend pour un professionnel, c'est la catastrophe !

Technocrates, associatifs et tant d'autres profiteurs qui ne compliquent les choses que pour mieux justifier de leurs revenus.

Tant que ces gens là seront en place nous verrons des élus se prendre pour des fonctionnaires et l'inverse également...

Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose !

La chasse avant d'être le loisir de quelques uns était avant tout une nécessité pour s'alimenter puis pour réguler une faune qui mettait en péril les cultures, les élevages et tout simplement la vie de nos montagnes.

Quand aux collectivités qui soi disant gèrent en responsables les subventionnements, le soucis d'en détourner le sens à des fins égoïstes n'est plus à démontrer.

Dans les mains d'inconscients et derrière un rideau de fumée, l'intérêt est capital.

Posez vous la question : "A qui profite tout cela et qui PAYE ?"

Nous sommes les dindons d'une farce qui tourne à la tragédie et si nous ne réagissons pas, il est clair que l'avenir s'inscrira par une désertification et le laminage du socle culturel et traditionnel de nos montagnes.

Sous le couvert de "compétences" haro sur les propriétés et les droits des montagnards !

Quelle sera la prochaine gabegie originale poussant un peu plus le pays vers l'abîme ?

Les idées ne doivent pas manquer...

Les solutions par contre ne peuvent se construire que dans le respect des identités locales et par l'union des volontés.

Les propriétaires, les éleveurs, les agriculteurs, ceux qui vivent de la montagne, doivent se fédérer largement pour reprendre place dans un cercle décisionnel qui leur a été ravi par des usurpateurs mal intentionnés.

Loin des illusions et des clichés préfabriqués par les consciences citadines se trouve le chemin de la réalité.

Que cessent donc les petites querelles pour refonder les énergies dans un creuset commun !

Il est venu le temps d'une dissidence responsable et c'est bien à chacun des montagnards qu'il appartient de ne plus se laisser prendre en otage par aucun de ces verseurs de mensonges qui font notre ruine et notre désolation.

Ce blog peut servir de levier et amener à se rencontrer ceux qui croient encore aux valeurs traditionnelles.

N'´hésitez plus, demain il est déjà trop tard !

G.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Ras le bol des dégâts !

Tous les soirs, je refais la clôture et tous les matins, je constate les ravages des sangliers et des cervidés...

Pendant que les nemrods du dimanche se baladent sur les hauteurs en profitant du paysage et du gibier que les propriétaires contribuent à alimenter, les dégâts s'intensifient au point que, vu le retard de végétation, il ne me restera plus rien à ramasser lorsque ce sera le moment.

Bien sur je ne suis pas le seul à en avoir ras le bol de la nonchalance touristico cynégétique des associations locales de chasse et des instances les parrainant qui visiblement ont d'autres intérêts en vue que les nôtres.

Si les chasseurs sont les seuls à contribuer au remboursement des dégâts, ils ne sont pas vraiment pressés ni de le faire ni de venir au secours de nos récoltes.

Normal, la plupart sont des urbains ou tellement coupés des racines paysannes que ce genre de problème les dépasse quand ils ne s'en foutent pas carrément !

Contre cette moquerie nous devrions retrouver le droit pour les propriétaires de défendre par eux mêmes leurs récoltes ou alors constituer un regroupement en société gérant la chasse et la régulation des nuisances sur leurs terrains.

Au lieu de subir, pourquoi ne pas retrouver un certain profit qui leur échappe par le système de gestion actuel ?

Vu que non seulement la communication ne passe pas et que les actions menées ne visent qu'au plaisir de certains, j'incite fortement les propriétaires à se regrouper pour constituer une véritable force contre le laxisme actuel.

A bon entendeur...

G

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Les Angles intemporels...

Une belle lumière et quelque brume aguicheuse sur la pelade.

De quoi encore s'émerveiller d'un matin charmeur révélant une nature villageoise quasi intemporelle.

Comme quoi l'âme d'un village perdure au delà des vestiges d'une architecture pas toujours réussie.

Gilles.

Les Angles intemporels...
Les Angles intemporels...
Les Angles intemporels...

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Pédra Capcinèsa.

Au fond d'une rivière, deux roches se côtoient sur un lit de graviers.

L'une claire et l'autre sombre, l'une lisse et l'autre poreuse.

Rien de semblable sinon que deux pierres au fond de la rivière.

Deux pierres qui font chanter l'onde sur la musique de leur corps.

Rives opposées bordées de rochers et seules dans le courant elles défient le temps.

Venues de sols si différents, elles gardent dans le cœur la nostalgie de leur pays.

L'une d'un versant ombrageux et l'autre du soleil.

Sous la glace paisible de l'hiver, elles se taisent en apparence d'une mort éphémère.

Par la force de l'afflux que pousse la neige fondue, l'une s'use et l'autre se creuse.

Glissent les flots comme le temps, passe la vie qui nous bouscule et dans la peau laisse l'empreinte des jours mauvais.

Mais, sous un rayon de lumière, tout change et tout s'égaye.

L'une miroite son âme de fer, saignante d'une rouille de vie qui parle déjà de feu.

L'autre résonne de cavernes cristallines aux notes pianotées sur un étrange lac.

Mais qui prend le temps de regarder le fond d'une rivière recouvert de graviers ?

Qui attend et qui espère ce qu'une roche connait et que l'autre protège ?

L'ombre d'une truite ou le reflet d'un merle sont une éternité entre deux pierres ensablées.

Tout s'écoule et tout s'écroule. L'eau monte et redescend, mais entre ces deux là plus rien n'a d'importance que le vol de la libellule ou le crissement de la drague qui se cherche une cache.

Comme deux yeux différents d'une même déesse, elles voient deux versants sous un même sourire.

L'automne revient avec son cortège de perles orangées. Mais l'obscurité éloigne déjà sous les berges les âmes fugaces que la froidure pourchasse.

Deux pierres au fond de la rivière...

L'éternelle romance enchâssée au cœur d'un pays vient équilibrer nos heures en de lentes lueurs.

Deux pierres au fond de la rivière...

Joyaux désenchantés que l'homme éphémère ne peut saisir de sa main et qui durent et perdurent l'illusion d'un amour imparfait.

Deux pierres au fond de la rivière...

Gilles.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Aube des rives d'Aude.

Sorti du crépuscule, mais pris encore dans les brumes accrocheuses du Carcannet, Le village exhale ses lueurs artificielles, vainement...

Des rives de l'Aude surgit un dragon blanc qui se mêle à celui de la forêt ancienne.

Sous un ciel qui espère, la vie rumine ses humeurs de phosphore...

Une incandescence propage ses rumeurs vaporeuses autour d'un réverbère somnolent.d'une lumière absente.

L'aube d'un déclin funeste ou seulement son lendemain ?

Sous les paupières lourdes de rêves ténébreux, s'insinue un voile de lumière appelant à l'éternel renouveau.

C'était un 18 Septembre...

Gilles.

Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.
Aube des rives d'Aude.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Samedi, nous passions devant la fumeuse usine à neige et la nébuleuse histoire de ce que le Phénix pourrait être le bon côté de sa régénérescence.

A qui profite le crime, si crime il y a eu ?

Toutes les versions de ce polar nous ont elles été livrées ?

Ce qui en demeure, c'est le côté absurde du geste. Que ce soit celui du fautif ou finalement de tous ceux que les habitants de deux villages ont pu déployer pour servir un "avenir" qui les a "condamnés".

Car, d'avenir peut il encore en être question devant le refus de raison que le rejeton entretient éperdument, à l'image du cygne, de noyer ses parents ?

Traversant les pistes engazonnées et déjà clairsemées de jeunes pousses de pins à crochets, ce voyage nous projetait dans un futur déjà présent au vu de la reconquête des espaces par la nature.

Plus que l'intention de bâtir, c'est celle de ruiner qui pousse les hommes à la destruction.

Consommateurs prédateurs à l'esprit reptilien, que valons nous vraiment qui nous différencie de ce que nous nous rejetons ?

Cette station de ski que nous fréquentions bien avant qu'elle ne soit, nous remontions ses pentes en skis de fond et du vallon de Bellus aux crêtes du Ginèvra, c'était un enchantement sans cesse renouvelé.

Aujourd'hui qu'en reste t' il vraiment hormis des pylônes rouillés, une "insécurité" de ces installations vétustes par l'incapacité que nous ne pouvons faire face à un entretien sérieux. Des intentions déçues et une incompréhension maladive qui pousse à l'absurde alors que nous devrions avoir le courage de regarder vers demain en cherchant d'autres voies que celles qui sont bien mortes hélas...

La nature reprend ses droits et pour aussi belles que soient les intentions des hommes, elles ne sont que peu de choses par cette vanité qui tente de réfuter en vain ce que vainement elles sont.

Modestes passants, verrons nous un jour les Tétras regagner leurs places de chant et par un clair matin, les Isards traverser les pelouses des Clots du Ginévra ?

Gilles.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

La plume et la cornue.

III) Au fil de l'Aude...

L'abbé sombrait apparemment dans ses méditations religieuses, mais qui peut bien savoir ce qu'il ruminait ?

Plus tôt, il avait renvoyé le chien et son garde vers le village où l'escorte avait rendu le corps et les effets à sa famille.

Même si la rumeur circulait d'un malencontreux accident, nul n'était dupe. Tous semblaient bien savoir pourquoi le neveu du Bayle ne devait pas en réchapper. Résignés sous le joug imparable de cette étrange fatalité, il demeurait pourtant quelque braise d'un feu plus ancien et qui font de ceux là des êtres mystérieux aux forces ravageuses par leur farouche volonté.

Accepter l'inacceptable atrocité, en attendant peut être l'occasion d'un sort plus clément ou d'une opportunité pour retourner enfin le manteau de justice sur des épaules plus fermes que celles du malheur. C'est au fil de l'Aude que se tresserait le sort et la vérité sans cesse recommencée.

En aval, la petite équipe embusquée sous l'ombre d'épais taillis s'était réfugiée suffisamment à l'écart pour bien observer sans s'exposer à la vue perçante du guet.

Matéu scrutait la rampe fortifiée de boiseries défensives. Un ambulant, chargé d'une hôte à tiroirs et s'appuyant sur un puissant bâton de marche, venait de franchir la dernière chicane et remontait vers la frontière.

Le pas régulier du marchand voyageur démontrait un us coutumier des sentiers de montagne. Le laissant passer sans encombre, ni même se faire voir, Matéu descendit jusques sur une partie de la voie couverte d'un fin limon et dont le sol lui révélerait l’ampleur des pas.

Posant la pointe de sa courte lance à la naissance d'un talon, il appliqua la hampe et au repère qu'il avait pris, il ne fut pas étonné d’apercevoir la correspondance naturelle entre les deux démarches.

Vu le pied et la marche, aucun doute possible, sous les frusques du négociant se cachait une fripouille. Mais encore fallait il le prouver et surtout découvrir ce qui se tramait réellement derrière tant d'apparences en manigances déployées et finalement d'une prudence bien légère de par trop de sûreté acquise.

Ce lascar en cachait certainement d'autres aux dessins plus noirs encore.

Matéu remonta jusqu'à l'Abbé, lui fit signe de silence et l'invita à se mettre en chemin en se décalant de celui suivi par leur gibier.

Arrivés avant lui à la croisée ancienne des estives, leur colporteur se comporta bien étrangement. Il délaissa le chemin officiel et s'enfonça dans un taillis épais.

Peu de temps lui suffit pour se métamorphoser en ombre de la forêt. Il ressortit à l'opposé vêtu de discrétions vertes et sombres.

Plutôt que de le suivre, Matéu préféra le devancer et ils allèrent se poster prés du tronc où la bourse avait été découverte.

L'autre, s'il voulait être aussi discret que son apparence le laissait prévoir, mettrait un temps plus long et viendrait doucement se jeter dans la nasse. Fallait il encore ne pas sous estimer cet oiseau et que ceux de là haut chantent sans crainte avant qu'il n'arrive.

Pour nos limiers, il fallait se faire oublier de la terre et des cieux.

Après avoir replacé la bourse à sa place, ils effacèrent leurs traces et par un contournement, allèrent se glisser dans le treillis épais de grands genêts.

Ce qui trahit bien souvent ne sont pas les apparences mais les habitudes. Le mercenaire arriva sur la scène par son côté face au vent, il marqua une longue pause assis à une paire de pas de la remise de nos limiers.

Puis, semble t' il rassuré que rien ne soit silencieux, il se découvrit en inspectant la zone de son forfait.

Il ne tarda pas à retrouver les traces de son passage et se penchant par dessus le tronc qu'il avait enjambé, il s'immobilisa comme pétrifié par la rencontre périlleuse d'un aspic embusqué.

Regardant tout autour, il s'empara de la bourse, vérifia le contenu et s’apprêta à faire chemin inverse.

L'abbé et Matéu le laissèrent filer jusqu'à l'épais buisson où était dissimulé son attirail de colporteur.

Tout juste changé et sa hôte endossée, il n'eut guère le temps de jaillir de sa cache.

De solides mains l'agrippaient et le plaquèrent sans ménagement sur la roche râpeuse qui bordait le chemin.

Lorsque le flot étrange et saccadé de ses protestations se tarit, il fut ligoté, bailloné et mis en travers d'un bât de mule. Semblant se résigner, il se fit plus docile et fut conduit par la suite jusqu'au château pour être placé en sûreté en attendant la question.

Au lieu d'un cachot humide, il fut descendu au fond des oubliettes.

Celles ci, en forme d'une cruche étroite de goulet, aux parois régulières et lisses disposaient de trois sièges espacés sur les quels un maraud se trouvait à chacun attaché.

Ici bas, le temps ne pouvait se compter et les heures semblaient éternité.

Il ne fallu pas longtemps pour que la conversation se délie entre les détenus. Dans l'obscurité aussi épaisse que les murs, le faux colporteur se mit à susurrer moitié en occitan, moitié dans un dialecte latin inconnu de ses voisins.

Cependant, chaque murmure remontait le long des parois et s’amplifiant, devenait totalement audible à celui qui se tenait en haut.

Les deux autres lascars qui avaient été placés en bas, n'étaient certes pas innocents mais s'étant vu épargner les désagréments de certaines tortures, ils n'en étaient plus que redevables de faire causer leur infortuné voisin, lui décrivant que bien mieux le mal et la douleur d'une question ravageuse à la quelle souvent on succombait.

Plus que les mots, c'est sur les silences que se penchait l'abbé, ce qui n'était pas dit.

Si l'oubliette accentuait la solitude et la séparation du monde, elle mettait en confiance ceux qui en partageaient le sort.

Cependant, il était des limites et c'est dans la distance qu'elles ne se révélaient que mieux.

Au bout de deux journées sous terre et seulement alimentés en eau à des heures variables, chacun avait fini par perdre toute notion élémentaire. Sans plus aucun repère ni d'espace ni de temps, le lieu faisait délier les langues bien mieux que la plus atroce des tortures.

Outre la noirceur , l'odeur humaine des excréments mêlée à celles des sueurs, finissait par devenir coutumière. Chacun s'en accommodait après quelques dégoûts et vomissures violentes qui en rajoutaient de plus vilaines à chaque fois.

L'angoisse du remord tenaille bien son âme à celui qui se tait et pour tout dire, parler semble en quelque sorte comme se délivrer.

A la fin du troisième jour, l'abbé en savait assez pour commencer vraiment son enquête. Il fit donc mettre le colporteur de malheur au cachot pour mieux le questionner et fit libérer les deux autres marauds, les quels reviendraient bien un jour pour tâter de la corde ou du moins du fouet.

L'homme si fin de pied dans ses œuvres, l'était moins à l'aise enchaîné sur la table qui l'étirait en tous sens en broyant le restant.

D'ailleurs, sans trop le forcer, il ne cacha rien de ce qu'il savait. L'abbé consignait par écrit les dires de ce marcheur qui se mettait à chanter sous la moindre douleur que lui imprimait l'ingrate mécanique.

Son acte était guidé et bien rémunéré. Le commanditaire était resté discret par l'entremise d'un aubergiste faisant relais à chevaux en la ville d'Alet. Il faudrait bien descendre pour toquer le chevalin hébergeur et peut être le secouer quelque peu afin qu'il n'éclaire que mieux le fond de cette histoire.

L'ingéniosité du lascar autant que sa démarche et son accent de Venise, attiraient le regard vers d'autres inquiétudes. Après un exposé au châtelain, il fut décidé que l'affaire avait trop d'importance et que cachant quelque autre menace sous jaçante, il ne convenait que mieux de s'en rendre raison. Mettant, aussi bien que le pouvant, les formes, le châtelain remit sceaux et bague pour le laisser passer à l'abbé qui serait escorté du dénommé Matéu.

L'expédition au fil de l'Aude prenait tournure prudente mais décidée.

Deux chevaux et deux mules de Cerdagne furent équipées et bien pourvues en réserves de course autant que du confort nécessaire aux nuits sous étoiles.

Suivant la voie romaine pavée, l'expédition avançait prudemment en terre de Sö. Délaissant les villages au galop, elle reprenait un pas plus léger dès qu'on les dépassait de si belle façon que nul ne pouvait y redire.

Deux jours passés, le cul collé à la selle et le dos sur la caillasse comme seule litière, enfin se profilait l'auguste cathédrale d'Alet chef lieu de l'antique évêché.

Cependant, un drame venait de frapper l'auberge au relais qui par un étrange hasard venait de perdre curieusement son tenancier.

Le matin même, il fut retrouvé bien bleui sur la terre battue de son propre logis. L'abbé agissant par connaissance de l’évêque du lieu, fit enlever le corps pour mieux l'examiner.

Prétextant une maladie peut être contagieuse, il le lui fit remis sans aucune manière et nul ne s'avisa d'approcher la dépouille dont le bleu

tournait au noir soutenu. Un air de peste rôdait dans les ruelles et nul ne se laissait aller aux bavardages trop près du corps, que de peur de ne pouvoir réchapper au fléau que Dieu envoyait.

Fin de l'épisode...

G.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Humour

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient atteints !

Que dire de cette étrange épidémie de jaunisse ?

Tirant sur des élastiques fictifs, les rois de la gymnastique virtuelle veulent une fois de plus nous faire passer des vessies pour des lanternes.

La drôlerie de la chose serait distrayante s'il ne s'agissait de nos deniers et d'un avenir tel, qu'après le bord du gouffre, nous ayons fait définitivement un "grand pas en avant".

L'obstination de la fange dictatoriale ne s'en déploie que d'avantage sous des couverts de légalité complice. Se vêtant d'un manteau, ma foi mal seyant, ils continuent d'enfoncer le clou toujours plus profond.

Aucune marche arrière possible dans cette course au suicide collectif dont les régisseurs "bien pensant" nous entraînent inexorablement vers la liquidation totale de la chose commune.

Les forêts, si elles ne portaient en elles le devenir de leur renouvellement, ne seraient vite qu'un vague souvenir datant d'avant le déluge de fiscalité...

A voir le diamètre des grumes exploitées, la pâte à papier nous parle déjà de celui dont on ne se chauffe pas et qui brûle hélas tout espoir de retour à une sagesse élémentaire.

Le "conte rendu" du CM, s'il n'était que vomi, gageons que l'odeur qu'il exhume n'en serait que flatteuse par la morbidité de nos accourus à la curée endurante.

Mais hélas, si Beaudelaire était encore des nôtres, je ne sais s'il trouverait plaisir à la rencontre de telles charognes qui font de choses vaines l'âme de la futilité.

Si bien des défauts font le propre de l'homme, leur cumul à ce point dépasse toute limite. Car, au mensonge perfide, s'y rajoute l'orgueil déplacé que la vantardise sublime en quintessence gourmande de la plus basse bêtise.

Hélas, l'enfer est déjà parmi nous et ceux qui tournent la broche ont de bien pâles figures...

Dans cet éternel purgatoire de nos biens et de nos moyens, verrons nous un jour la porte du paradis s’aplatir sur la tronche de nos tortionnaires ?

Bénis enfin les justes et ceux qui s'y rajoutent dans ce combat illusoire contre les forces démoniaques qui pourrissent nos vies par leur vile besogne.

De cette supplique qui s'exprime du supplice, il resterait un mot d'une fin qui perdure :

-"Amen... ton fric...pauvre c...!"

G.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Histoire Patrimoine

Étrangement, si le Capcir est un altiplano ouvert sur le ciel, ses voies sont souvent fermées aux hommes...

Avant les hommes, furent les hardes migratrices qui tracèrent naturellement leurs chemins dans les voies naturelles de nos montagnes.

A leur suite, vinrent les chasseurs...

Puis cherchant dans le sol, les éleveurs nomades redécouvrirent la transhumance vers les estives avec leurs troupeaux.

Avec les progrès de l'agriculture, des modes de conservation des aliments et de l'amélioration de l'habitat, les premières populations commencèrent à s'installer durablement.

Outre l'intérêt du site déforesté par le feu, ce pays écarté reçu bien des arrivants fuyant la persécution guerrière, religieuse, ou politique.

Avec les premières "industries" minières et métallurgiques du fer vint la richesse du pays et il fallut s'organiser autant pour l'exploitation que pour le transport ou encore même la garde des zones convoitées.

Les voies commencèrent à être aménagées pour le passage des chars et autres engins à roues. Du gué, l'on passa aux ponts en bois puis par l'arche et sa clef de voûte aux pontées maçonnées. La Rome victorieuse des peuples indo-européens se devait de trans porter les richesses et notamment l'or pour le quel elle s'était livrée à une invasion "pacificatrice".

Sur cette haute terre rien ne fut vraiment facile et le climat fermait souvent les portes aux curieux autant que la neige étouffait sous sa couverture les tentatives de fuite...

Paradis de sauveté ou prison, c'était selon et surtout comment le climat exerçait sa rudesse.

Les ponts du Rieutort et du Galbe ont subi moultes améliorations et s'il ne demeure que la voûte du moyen age, leurs tabliers de bois seront d'ici peu réaménagés par un projet communautaire.

Pour autant, le déneigement de nos voies et rues ne garantissent une équité de circulation comme par ailleurs dans le département. Ne parlons pas des autres sites de montagne Français...

Le Capcir est si beau, mais loin des yeux, loin du cœur !

Nos technocrates ne s'en soucient que lorsqu'ils se trouvent malencontreusement pris dans la nasse rigoureuse de ce que leur désintéressement a tissé.

Si tout s'organise autour des cités urbaines et que par ces temps de crise la sève reflue vers le cœur, gageons que dans le futur quelque esprit visionnaire repensera nos territoires comme un tout et non comme une particularité charmante, mais pas assez significative...

G.

Voir les commentaires

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Sous la cendre des habitudes couve le feu de trop de certitudes.

Serions nous en guerre plus qu'en crise ?

Rien n'est sur si ce n'est le regard que nous portons, le seul qui compte pour chacun, bien sur, c'est chacun le sien !

Si nous tentons d'observer ce qui nous entoure d'un point de vue différent, c'est encore le nôtre et non pas véritablement celui d'un autre...

Mais, plus que l'enfermement sous un seul cliché, l'ouverture demeure le moindre des mots !

Alors, pouvons nous évoluer ?

Je serais tenté de dire oui, mais...non !

Oui, il ne tient qu'à chacun d'écouter, de voir, d'entendre et de sentir et même de toucher à d'autres domaines sans tomber dans le piège des préjugés.

Non, cette attitude n'est pas coutumière et se doit de se cultiver en permanence car sitôt l'instant passé, nous avons tendance à retrouver bien vite nos habitudes.

Cependant, rien n'est plus vain que le feu que nous laissons mourir. A souffler sur les braises autant que ce soit sur toutes plutôt que sur une seule.

De plus si un feu se construit, il faut l'alimenter sans cesse.

C'est en cherchant, en vivant, en allant à la rencontre d'autres personnes que nous mettons de nouvelles bûches au foyer.

S'il est des bois sains, à la flamme vivace, il en est aussi de vives braises et encore d'autres qui charbonnent et enfument en rendant toute vision opaque.

Cultiver un bon feu, c'est savoir éviter les mauvaises bûches dans le foyer, les laisser là d'où elles viennent et bien choisir ses amis.

Le problème lorsque vous vous faites livrer du bois par un prestataire ou simplement que vous allumiez votre récepteur de télévision, c'est que vous ne choisissez pas les bûches qui se sont invitées toutes seules chez vous avec la complicité de votre livreur et de celle de votre laisser faire habituel.

Alors, s'adapter, c'est peut être aller chercher son bois soi même, même si c'est plus dur, plus difficile et que parfois on se trompe de lune et que la bûche qui a coûté tant de peine se met elle aussi à fumer !

Le droit à l'erreur, nous l'avons tous si ce n'est qu'au travers du jugement dont nous nous auto flagellons à chaque fois que nous ne sommes plus en conformité avec ce que dit notre juge intérieur.

Mais si nous arrivons à le faire taire, à diminuer le son de sa voix et que les flammes se mettent alors à nous parler d'autres choses...Alors, c'est une autre chaleur que celle de l'enfer glacial des certitudes. C'est la liberté retrouvée et la force d'un émerveillement décuplé par ce feu intérieur que nous alimentons d'un soleil éternel.

Alors rien n'est vain et même ce qui le parait trouve sa place dans ce feu que nous construisons de bien plus de brindilles que de grosses bûches.

Car, ce qui importe alors n'est plus l'une ou l'autre, mais le feu dans son ensemble et la chaleur qu'il nous procure autant que ce que nous pouvons nous en servir pour notre cuisine interne ou familiale,

Nous sommes en crise à chaque fois que nous ne trouvons pas d'accord avec le juge intérieur et que la pénurie de bûches se fait sentir.

Nous sommes en guerre par ce qui nous agresse et dont nous subissons la fumée irritante, suffocante et qui obstrue l'horizon de notre avenir.

Mais plutôt que de mourir sous la cendre, ne faut il pas souffler sur les braises de la vie ?

Gilles.

Voir les commentaires

1 2 > >>