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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
La roue tourne...

Un cycle de lumière s'est éteint, un autre vient de naître.

Comme un accouchement long et difficile, la révolution cosmique de la terre revient au point d'entamer une nouvelle période.

Depuis début Novembre, ponctuée par des fêtes traditionnelles qui s'ajoutent les unes aux autres, cette fin qui est un début, relie croyances, religions, mythologies et cosmos.

L'année civile s'achève ce soir comme pour renforcer cette transition dans la quelle tout peut arriver.

Aussi, ce n'est pas par hasard si la tradition y ancre les vœux si chers de promesses sinon d'espérances.

La chrétienté ayant absorbé les antiques pratiques indo européennes, quoi de plus naturel que de les retrouver comme repères d'une société laïque qui en est issue.

Réjouissons nous, espérons et forgeons sur nos vœux nos futures espérances d'un monde meilleur à l'image d'une évolution infinie.

Outre la santé, je souhaite donc à toutes et à tous de pouvoir réaliser en leur temps justes les bons gestes amenant à la renaissance d'un esprit meilleur pour le bien de chacun dans l'intérêt de tous.

Que les cœurs puissent trouver la légèreté d'une plume.

Que les tortures matérielles si elles ne cessent, puissent diminuer par de nouvelles démarches dans les quelles nous nous engageons.

Qu'enfin, si nous ne sommes pas semblables, que nos différences soient une richesse en se complétant plutôt qu'en s'opposant stérilement sur la base de préjugés.

Bonne et heureuse année 2014.

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Communiquer, c'est créer des liens, faire communiquer c'est relier !

Bassins de populations et cuvettes isolées ne peuvent exister sans ces vecteurs de communication que sont nos routes et chemins de fer.

Or, l'intérêt décroissant avec la distance ou le temps de trajet, c'est selon, il se trouve que nous ne sommes plus en tête d'un plateau ni des préoccupations politiques de nos dirigeants.

La 118 était une route nationale. Elle est devenue une "route touristique" néanmoins vitale lorsque la RN 116 et la RN 20 sont bloquées...

Alors, comme nous l'avons déjà vécu à quelques reprises, d'un seul coup tout s'inverse comme si le magnétisme de la terre venait de retrouver un ancien équilibre.

Cependant l'état de cette voie de communication délaissée par l'Etat révèle la complexité des rapports entre trois départements, qui plus est, se trouvent dans deux régions différentes...

Là est peut être le hic !

Pourtant, il me semble qu'ils sont tous ou presque du même bord...

Le canton de Quérigut, nos voisins immédiats, est isolé directement de son chef lieu pendant 6 mois de l'année. De l'autre côté, le plateau de Sault, déjà coupé en deux par le lit de l'Aude, se retrouve dans un retranchement temporel lié à l'étroitesse de sa voirie.

Si ce n'était l'état actuel des routes, ces lieux ont toujours communiqué entre eux et avec nous. Aujourd'hui, les moyens de transport ne sont plus de la largeur d'une paire de bœufs attelés. Croiser avec un bus, un fardier chargé de grumes, relève de l'exploit !

Vu que pratiquement tous les efforts se portent vers le réseau routier périphérique des cités urbaines et des axes Nord Sud, nous échappons à la marche forcée du progrès...

Si l'on se place du côté des amoureux de la terre sauvage et de l'espace naturel, qui s'en plaindrait ?

Or, il se trouve que la majeure partie de ces "amoureux" vivent le plus clair de leur temps en ville et c'est souvent une vision idyllique de la montagne qu'ils entretiennent à distance.

Pour ceux qui y vivent comme pour ceux qui en vivent, le point de vue diverge considérablement, surtout à l'heure de payer les denrées alimentaires et autres nécessaires achats.

Ne parlons pas des professionnels du tourisme qui sont soumis à une crise économique sans précédant et voient s'effondrer leur avenir avec ce changement de polarité vectoriel qui nous éloigne de tout intérêt immédiat.

Pour autant que les collectivités territoriales et l'Etat viennent d'un coup se souvenir de ces petits lopins de terre perdus avec leurs habitants si insignifiants...

Pour autant qu'inversant la polarité attractive des lois de décentralisation qui concentrent plus que n'égalisent droits et moyens...

Pour autant que les vecteurs routiers soient redessinés pour échapper aux éboulements et autres catastrophes latentes...

Pour autant serions nous "mieux" desservis ?

Cet handicap de communication n'est il pas une chance, aujourd'hui, de proposer un autre visage touristique, d'autres activités que celles, ruineuses et inadaptées, qui sont encore en exploitation ?

Retrouver un paysage humain dans un monde urbanisé, l'espace et le temps réconciliés par la qualité de vie, ne serait ce pas un projet d'avenir ?

Le problème majeur, outre le financement, serait de changer l'écrasante mentalité qui est restée cloisonnée par les habitudes d'avant la crise.

Des modèles de réussite, il en existe et y prendre référence pour les adapter demeure possible.

Seulement, peut on vraiment changer et solutionner des problèmes avec l'esprit qui les a engendrés et entretenus?

L'audace et le panache, qualités d'un Pays comme la France, sont elles définitivement perdues ?

A l'heure d'une recherche qualitative devant répondre quantitativement aux besoins vitaux, nous demeurons désespérément rivés sur un modèle obsolète. Aurons nous ce sursaut de fierté qui permet de retrouver la lucidité et la combativité suffisantes pour s'adapter avant qu'il ne soit trop tard ?

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #réflexion

Force nous est donnée de constater les effets pervers de tant de bonnes intentions !

Par quel hasard, s'il en existe un, nous sommes nous retrouvés pris au piège ?

A y regarder mieux, que constate t'on ?

Les hausses d'impôts, qui n'iront qu'en augmentant, contribuent non seulement à faire fuir les saisonniers et les permanents, mais aussi à rendre totalement invendable le patrimoine.

Ceux qui en ont profité, eux sont bien à l'abri, puisqu'ils savaient avant de vendre l'issue incontournable que prendrait l'avenir. Leur jeu de dupes n'a finalement plumé que des pigeons dans des cages à poules !

L'un impliquant l'autre et réciproquement, la désertification ne fera qu'accroître la note par tête de pipe, sans compter que même si les chalets sont vides...il faudra quand même payer !

Il me semblait pourtant que le désir sournois de certains dirigeait la commune afin de pouvoir se débarrasser au plus vite d'immobiliers en perte de valeur !

J'en veux pour exemple la série de certaines ventes en catastrophe et sous divers prétextes pour certains anciens dirigeants de la commune...

Que dit on en cas de naufrage ?

Comment, une administration tatillonne n'a t'elle pas pris en compte qu'ici nous ne sommes déjà pas bien nombreux et qu'en plus, les permanents sont en voie d'extinction !

Pour être honnête, il eut fallut que les impôts baissent de façon conséquente pour miser vers un flux migratoire positif et donc une masse fiscale plus importante.

Mais nous sommes bien dans l'illogique de la rhétorique soustractive !

Des mots pour des maux qui en entraînent d'autres...

A force de multiplier les soustractions on voudrait nous faire croire que nous allons nous retrouver en positif !

Alors, voyons combien de biens ont été réellement vendus à la juste valeur ?

Les nouveaux acheteurs sont ils informés de notre fiscalité ainsi que de l'état de notre commune ?

Il va sans dire qu'en continuant à jouer aux autruches...

Mais, bon an mal an, celui qui approche amènera t'il un peu plus de lumière dans les étroitesses de certaines caboches cloisonnées ?

Nous souhaitant que cela puisse arriver...

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Tel un navire qui sombre, nous nous enfonçons un peu plus tous les jours dans la ténèbre abyssale.

Depuis plus de 20 ans, nous subissons en nous désagrégeant des pressions de plus en plus fortes.

Nul doute que sans réaction, l'écrasement sera total !

Loin de tout préjugé que l'on nous rabâche, notre liberté ne peut se réaliser sans cet engagement citoyen qu'est l'inscription sur les listes électorales.

C'est la première marche indispensable à la démarche !

Sinon, il reste ce silence de plus en plus lourd qui nous étouffera.

Bien sur, chacun peut trouver prétexte à ses intérêts personnels. Or, il ne s'agit plus de commune mesure de logique mais d'une situation d'urgence.

La représentativité n'étant plus aussi identitaire depuis la fusion des listes en une seule, elle risque de se retrouver unilatérale, voire irréversible !

Cautionnerez vous la désertification par l'emprise grandissante et sans commune mesure de la fiscalité ?

La Liberté est à ce prix que nous partageons tous et qui passe par l'isoloir.

Il ne s'agit pas de politique politicienne, mais de survie !

Car, avant d'aller voter...tout sera joué d'avance.

Ensuite, il ne vous restera plus qu'à plonger silencieusement la main dans votre poche et d'en sortir tour à tour, mouchoir et porte feuille...

A bon électeur...

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

La chèvre, le cheval et l'ne.

Or, il était une fois, un pré aussi grand qu'une contrée.

L'herbe venait y pousser à sa convenance et selon ses ressources.

Quelque bien pensant, accapareur des choses, en prit l'usage et se mit en tête de partager en trois ce qui n'était qu'une pièce.

Puis, pour en tirer profit, il y fit venir trois animaux utiles aux besoins différents.

D'abord vint une chèvre gourmande, lutine et espiègle qui ne trouvait meilleure que l'herbe du voisin.

Ensuite, devant trop de refus poussant en denses mottes, il vint un canasson aussi fier qu'imbécile recherchant ses besoins sans regarder ailleurs.

Hélas, son palais délicat ne souffrait les épines qui viennent au soleil.

Arriva donc un âne, lent, mais dont la sagesse rivalisait en tous points à ses cris douloureux. Voyant une gourmandise là où les autres ne savaient que chardons, il fit donc merveille de les éradiquer en laissant toutefois quelques spécimens en réserve de nourriture.

Au bout de quelques temps, le bien pensant vit que sur les trois parcelles aucune ne semblait identique à l'autre. La chèvre, le cheval et l'âne avaient outre leurs envies, des besoins si différents que dans aucun enclos ni vint flore commune.

Pensant qu'en les faisant tourner ensemble autour du même centre il équilibrerait les envies des uns par les besoins des autres, aussitôt il le fait et constate que les choses ne sont pas si faciles.

Ni les unes, ni les autres se virent satisfaites.

Certains désagréments s'ajoutant plus que de raison, la crise s'amplifiait car aucun des trois animaux ne tolérait qu'un autre vint brouter sur ce quoi il marchait. Il fit venir un chien pour mieux les séparer.

Enlever les clôtures et laisser à sa guise, chacun le choix de sa pitance en fonction de ses désirs et de sa convenance serait que de le faire, avouer son échec.

Associant aussitôt les trois bêtes et le chien policier sur un enclos restreint, il inonda de soins les deux autres pâtures.

Si le résultat vit que la réussite grandit aussi vite que l'herbe, les animaux ni heureux, ni malheureux, durent se contenter, obligés de le faire sous la menace constante d'une dent acérée.

Entre l'envie et le besoin aussitôt se limite ce que l'on a déjà par le possible à venir.

La satiété sans le rêve, chacun cultive sa rancoeur et sa morosité.

Pourtant, lorsque l'on y regarde, que l'espace était grand quand il fut d'une pièce !

Concilier établit de nouvelles limites forgeant ainsi des chaînes aux envies débordantes, mais il laisse le temps que la longueur permet.

Trop de bêtes si différentes oblige par la contrainte que de partager en tenant compte des besoins vitaux et de quelques envies...

En fait, rien n'est idéal...

Car si l'on considère que sans le bien pensant, rien n'eut été à faire et que seuls ses intérêts eussent à en souffrir, la nature est bien faite si on la laisse seule à ses besoins subvenir.

Mais l'homme étant bien là, il arrive que par trop de présence il nuise à son avenir,

cultivant ses envies, il forge ses regrets.

La sagesse voudrait d'y regarder à deux fois avant de commencer ce qui limite la vie et ne laisse aux besoins que le rêve de ce que l'on n'a pas.

Par trop de contraintes l'amertume vous gagne et la pâture n'en a plus de saveur. Les bêtes sont étranges, mais bien moins que les hommes qui sont tout à la fois bien pensant pour les autres, policiers pour les uns, mais aussi qui se trouvent être à la fois chêvre, cheval et rarement bourricot !

Pourtant, il faut de tout en tout et pour cela, il est bien difficile de le concilier à la fois qu'il faille la contrainte d'y remédier souvent.

Rien n'est jamais gagné pour qui ne tente rien, cependant de le faire en oblige que l'avenir dépende d'un retour au passé sinon en souvenir, du moins en référence.

Plutôt que les faits, en regarder la cause.

La chose est entendue que les besoins, s'ils arrivent ensemble à être satisfaits, rien ne leur nuit autant que les envies des autres...du moins celles que l'on leur prête, attendant par avance un loyer virtuel de ce que l'on n'a pas.

A défaut d'être un homme entier, ménageons nos chevaux, chèvres et baudets afin que si l'un ne l'emporte tous trois s'y retrouvent de juste raison.

De tous les préjudices, n'en gardons que le moindre pour toujours tenter d'aller vers le meilleur.

Vous laissant à vos prés, je retourne vers les arbres dont le seul ombrage est source de fraîcheur...

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Une poule sur un...toit ?

Chat alors !

G.

Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?
Une poule sur un...toit ?

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

J'attendais.

J'attendais, impatient, mais je ne sais plus quoi.

J'attendais une giboulée gaie comme la vie qui tourbillonne. Peut être une fée ou quelque miracle d'enfant viendraient ils à ma rencontre.

Les grelots tresautants d'un traîneau enchanteur tintent dans la nuit la plus longue de l'hiver.

Pourtant le froid est là qui fige les images au fond des mares gelées.

Ici le temps s'est arrêté.

J'attendais la joie, le bonheur sous la lune éblouissante.

Mon cœur est ouvert en grand sur les merveilles du monde et mes bras sont tendus vers l'infini. Je bois l'ambroisie enivrante de folles glissades sur les pentes enneigées de ma montagne sauvage.

Tout crisse et tinte de cristal et d'argent.

Sous la glace, un ruisseau me murmure de tendres gazouillis que les enfants reprennent quand ils sont dans leurs lits, heureux de s'endormir sous un lourd édredon.

Une belette se transforme en hermine joyeuse et glisse sous la neige.

Tout à coup elle sort et ses yeux de charbon luisent d'un éclat qui ranime le mien.

Amusante et enjouée, elle replonge sous le duvet étincelant.

C'est un ravissement de surprendre ses jeux espiègles et toute la joie de vivre puisée dans la blancheur qu'elle ponctue par le bout de sa queue et quelques clignements de ses yeux.

Mais la voila repartie ravie et satisfaite d'avoir surpris un étrange voyageur de la nuit.

J'attendais, je ne sais plus trop quoi et soudain, caressant une courbe et suivant en silence sa forme attendrie, voici deux yeux d'or luisants qui surmontent une moustache raidie. Une truffe noire et des oreilles pointues, un renard poursuit un rêve de souris et quelque réveillon de volaille juteuse.

Ça et là son nez disparaît dans cette poudre blanche qui dissimule l'innocence d'un mulot.

Dédaigneux de ma présence, il me snobe en silence.

Regagnant à son tour la magie éternelle il s'évapore dans la nuit me laissant espérer quelque rêve léger.

La lune pose un pied sur la terre et une ombre s'étire en sortant d'un sommeil que la lumière heureuse vient de ranimer.

Un œil si grand ouvert qu'il boirait le silence, deux longues oreilles surmontées de velours noir. Étrange comme surgit d'un autre temps, le lièvre sort de son gite et en quelques petits bonds, il zigzague vers un genévrier de cristal hérissé de pointes de diamant.

Lui, recherche l'ombre qui cache la sienne. Sitôt qu'elle finit aussitôt il s'arrête.

Enfin délivré de cet autre soi même, il s'endort à nouveau au creux d'un berceau d'argent que lui tend la nature divine, en mère protectrice.

J'attendais impatient, mais je ne sais plus qui.

La lune à disparu et la nuit s'épaissit.

Un saule tentaculaire pleure jusqu'au sol de longues branches souples qui épousent le vent au moindre souffle léger.

Lente sauvagine sombre, médaillée d'un écusson d'argent, une martre descend du tronc, à reculons, comme pour laisser croire qu'elle vient d'y monter.

Son manège prudent est calculé sur l'espérance de vie qu'elle puise au cou de ses victimes. Mais le mien est trop dur, elle secoue la tête et s'éloigne, son dos arrondi et sa queue traînante. Puis, elle bondit sur la neige sans même s'enfoncer. Quelques sursauts plus loin l'ombre d'un sapin l'avale goulûment.

J'attendais, j'attendais...

La nuit qui s'enfuit renverse ses étoiles sur un miroir gelé.

Je suis là sans me voir et je cherche du regard ce qui ne se voit pas.

Tout ce qui m'émerveille prend sa source ailleurs...

Sous la douceur scintillante se cache un trésor secret, peut s'en faut de le trouver.

Il n'existe que si on le cherche.

Tout n'est qu'un prétexte au rêve que j'entretiens.

En soi, la neige, le vent, la martre, l'hermine ou le lièvre et même le renard qui se cachent en chacun, rien n'a d'importance que ce que l'on en vit plus que de le croire

J'attendais quelque part. Elle était déjà là et quand je la cherchais, c'est elle qui m'a trouvé.

Je n'ai ni peur, ni froid mais seulement là, immobile en saule qui poursuit son destin entre la terre et les étoiles, je suis mon chemin...

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Neú.

Elle était toute blanche et ses yeux étoilés.

Au plus froid de l'hiver, elle était le soleil...

De longues langues de brumes s'attardaient sur la serre de Maury. Elles plongeaient vers le Galbe comme pour s'y abriter de ce vent d'Espagne violent et têtu.

Plus haut, le ciel venait de passer du sang à l'or morcelé, étiré, laminé.

Le gris côtoyait la lumière et les crêtes s'allumaient de feux incandescents.

Puis, la magie cessa et vint le tourment comme une ombre sur la forêt.

Là haut, le gris s'est unifié masquant un soleil trop faible pour lui résister.

Le vent s'amplifia en déchainant ses rafales briseuses de sagesse et d'espoir.

Les pins s'agitaient comme pour tenter de fuir la furie assassine venue les arracher.

Le mélèze y laissa ses dernières aiguilles tandis que le sapin ne savait plus où donner de la tête.

Les brumes s'épaississaient encore, mais pour elles impossible d'aller se reposer dans la vallée du Galbe. Aussitôt qu'elles plongent déjà elles se dissipent.

La neige se ternit d'une langueur que l'humidité fait grandir.

La mélancolie se mêle à la folie du vent et tristes sont les cœurs de tous les amants.

Les yeux se font plus ternes et passent du bleu au gris que le ciel nous envoie comme une déchirure.

La neige fond en délivrance avortée d'un printemps trop lointain.

On sait qu'elle reviendra nous draper de silence et prolonger l'effroi.

Mais pour l'heure elle transpire, elle pleure et meurt tout à la fois.

Elle a quitté les toits endeuillés de tristesse et goutte sur un coin de lichen qui imite la rouille et fait sur les écailles d'ardoises comme une tache de truite échouée sur le flanc.

Ici une lucarne en trompe l’œil, elle se pare d'argent pour cacher la misère sous la ligne de crête garnie de tuiles rouges.

La Montagnette, sévère, se hausse sur ses flancs que les lignes de pins soulignent en sombre dérision.

Il semble bien mort ce matin avant de naître et sur les coteaux, l'ocre apparaît comme autant de pièces sur le manteau d'un pauvre que la vie désespère.

Les rues suintent de trop de sel et fondent dans le vague que nul ne traverse. Le désert n'est pas de sable mais seulement amer.

Bien des volets sont clos, la nuit n'est pas finie dans ce jour endeuillé qui prolonge la saison en une triste veillée.

C'est Noël pour les uns et l'enfer pour les autres.

Closes les portes, éteintes les lumières.

Peu de gens sont venus éclairer de magie une nuit qui espère.

Hurle le vent et soupirent les fenêtres aux jointures souffrantes, aux verres dépolis.

Ce soir encore l'enfant sera dans sa crèche de paille pour nous dire d'attendre.

Ce soir encore nous ferons semblant d'être heureux dans un village maudit par trop de cet amour dont on ne voulait pas.

Le village se meurt une nouvelle fois et la neige le pleure une dernière fois.

Comme en pèlerinage, sur les ruines du temps, elle s'attardera.

Les vieux ronchonnent devant un poêle brûlant qui ronronne en soufflant sur des braises anciennes. Le souvenir remonte et fait vibrer le tuyau qui rougit dans le noir d'une pièce muette.

Les bourrasques se suivent en une mélodie arrachant par la crainte, un soupir et un râle.

Le village se meurt malgré les engins bien tardifs arrachant la glace et le bitume aux passages déserts.

Le vent s'est renforcé et les Pérics se dévoilent dans leur robe de gaze.

Bien des cheminées sont éteintes et les âtres si froids que ce soir personne ne viendra y poser ses cadeaux.

Les antennes nous sifflent des airs stridents que le vent déchire plus qu'il n'en joue. Pas de concert dans les maisons vides, seulement le souffle d'un fantôme trainant une langueur malhabile.

Le voisin est sorti en titubant dans un chemin étroit. Les bras chargés, il s'en va.

Ce soir une maison sera triste une nouvelle fois.

Les familles d'ici ont quitté le désert qui s'installe.

Ailleurs qui sait si ceux qui l'ont fait savent bien pourquoi.

Leurs gestes désespérés sont ceux de tout noyé qui s'agite et entraîne ceux qui sont alentours.

Mais le vent nous emporte et le silence s'installe avec un air qui meurt entre deux soubresauts.

Le ciel est métallique, uni et sans lumière.

Les ombres sont discrètes, invisibles dans les rues, si présentes dans les cœurs.

Alors que gouttes à gouttes les névés s'en vont, incertaines et errantes elles cherchent un sol en décomposition pour s'écraser dans un cri étouffé par le vent.

Là bas des poulies en berne de venues, quelques pylônes rouillés et des gens bien aveugles qui n'y croient même plus.

Là bas, c'est l'absurde dans toute sa laideur.

Là bas, sous le sol éventré se cache la noirceur qui poussa des immeubles sur des terrains volés.

Le monstre est un dragon aux têtes avides, aux yeux exorbités, aux crocs acérés.

Mais le monstre se meurt lui aussi imbécile d'avoir tout ravagé.

Le vent vient de reprendre son concert de torsions et la forêt résiste là où elle subsiste de toutes les morsures gratuites que le chaland étranger arracha en toute légalité.

Une harde de biches vient de passer, inquiète, aux aguets. Poursuivie par des chiens que les touristes nous laissent en guise de souvenirs, elle tremble indécise. Passant aussi la crête, elle quitte cette terre qui riait autrefois de l'hiver.

Les loups et les chiens, bien que se détestant, font concert lugubres de tristes aboiements.

Mais le vent les étouffe et si je pense à eux, parfois je les entend.

Le village se meurt et c'est pourtant Noël.

A force de payer, rien n'est plus pareil.

Le cœur est bien trop triste, qu'il s'oublie quelques fois et qu'en s'accélérant il rappelle le glas.

Mon village se meurt et le vent le déchire comme il brise mon cœur.

Je soupire en silence de mots qui vont comme des îles abandonnées, impuissantes, que plus personne ne visite...

Avant que de partir, une dernière fois j'allumerais le poêle et puis j'y jetterais tout mon amour déçu, mes larmes et mes regrets.

Laissant à l'abandon les terres et les toits, j'irais vers des étoiles inconnues.

Je quitterais mon monde avec l'espoir imbécile de ne plus y revenir.

Partir on ne sait quand, finir sans un tourment.

Mon cœur sera léger, j'aurais tout oublié.

Loin de moi les rues désertes et le vent qui s'enfuit en robe de mensonges et de promesses grises.

Je laisserais les jugements à ceux qui les prononcent.

Indolent, poussé par la bourrasque, je m'envolerais dans la nuit étrange d'un monde qui s'écroule.

Les dernières bûches font aussi des étincelles avant que de rejoindre la cendre dont elles sont faites.

Mon village se meurt et je le suis déjà.

Pourtant, qui sait si une rose n'y pousse, écartant un rocher. Peut être un frêne surgira t'il d'une lézarde ou quelques myosotis éclairant le souvenir d'un monde qui vécut autrefois.

Je vous laisse les cendres d'un feu qui s'éteint.

À vous d'y remettre du bois si le cœur vous en dit.

Gilles.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Souffle un vent violent dans les montagnes, encore une journée de gachée !

Il me revient à la mémoire un chant catalan porteur de sens cachés et qui parle d'un berger, de son bélier meneur qui s'est enfui...

Ventura Ventura

sóna l'asquéli

qu'al bouró plóra

Ventura

qu'a s'en vol morí

Ha dixat fúgi la seyn

al pobrí pastre

Ha deixat fúgi la seyn

tant pis par ell...

Souffle le vent dans les montagnes

sonnent les appels dans le vide

Sont enfuis sagesse et espoir

La fin ne saurait tarder.

Après tout, ils l'ont bien voulu !

Gil.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Éternel laboureur.

Le tracteur révisé avec le plein et les niveaux refaits attendait en haut du champ.

Cette parcelle longue et régulière marquait une pente par le travers.

Ouvrir et remonter la terre ne pouvaient répondre qu'à cette lutte contre la gravité et le ravinement.

Pour drainer, l'on eut à procéder tout autrement.

Mais, en ce matin d'hiver précoce, l'exploitant voulait garder de l'eau et retenir le plus de réserves possible pour sa culture de patates.

Face au Roc Mary, il s'était aligné retrouvant des repères que bien d'autres anciens avaient utilisé avant lui.

Tout était dans le premier sillon et bon an mal an, quelque soit la charrue et la force motrice, l'entame déciderait du reste. Si par quelques rochers, la course venait à dévier, c'est sans cesse sur elle qu'il faudrait revenir.

De même que le soleil prenait sa source au même point pour la même date, il fallait tenir compte de ce glissement qui pour un retard quelconque le voyait passer d'un repère à l'autre.

Là, plus qu'une habitude, la connaissance ouvrait un chemin appliqué selon les rites anciens et leur vision du monde.

À la bonne heure, le bon geste !

Lorsque le premier rayon vint toucher l'extrêmité du champ, aussitôt sur de lui, le paysan abaissa sa charrue et amorça doucement l'ouverture d'un univers renouvelé.

Sans à coups et tout en douceur, les trois socs pénétraient la terre qui se soulevait.

La courbure des verseurs amplifiait le mouvement par une vitesse régulière.

Les mottes se dressaient tour à tour dans un alignement répondant à la course du tracteur. Là, longuement épierré, aucune résistance n'empêchait le sillon d'exposer sa noirceur. Le contraste révélait à présent un trait aussi sombre que la nuit précédente. Comme un semis d'étoiles, quelques fragments de roches venaient en séchant ponctuer d'un éclat amplifié la ténèbre naissante.

Le regard fixé sur l'horizon et sur l'ombre d'une borne, sur de sa destinée, le paysan avançait. Arrivé au bout du champ, il se retourna appréciant l'ouverture bien faite.

C'était non pas un chemin inverse qu'il se devait de prendre, mais le retour se nourrirait du passé. Chaque mètre nouveau devait s'en inspirer. Si la roue se déroulait dans le creux, seule la crête comptait.

Le régime du moteur annonçait par son ronronnement régulier que le rythme était bon.

L'ombre de la cabine et de sa cheminée marquait une règle parallèle au premier tracé.

Le tracteur s'engagea doucement en un retour qu'une roche lointaine, dressée comme une stèle appelait. Son fantôme s'allongeait comme une aiguille montrant qu'en la voyant on pouvait dévier.

Comme il y eut le premier, arriva le troisième, sauf que maintenant, les angles commençaient à s'ouvrir et le soleil de glisser en faisant apparaître les chaumes comme un hérisson en colère, toutes pointes dressées.

Un œil ne sachant point n'aurait jamais saisi chaque nuance que cet homme dessine et que le soleil nous montre par les sombres levées.

Lentement, sans heurts, les yeux fixés sur l'invisible, le sillon suivant cultivait déjà plus que la patience de la lenteur et de sa gravité.

De nouvelles naissances pour chaque pas tracé, rien n'est plus figé dans cette terre qui tourne en faisant naître de nouvelles lignées.

Point de monotonie dans cette journée d'hiver, seulement une idée qui germe dans le silence du geste et que le cœur connait.

Comme dans la vie, surgit celle que l'on savait et qui pourtant surprend comme une première fois, une pierre lourde de son inertie vient faire grincer les charrues.

Faisant une marche vers le passé, en arrière toute, il faut retrouver la place juste et se réaligner. Passant l'obstacle en le survolant, reposer l'instrument toujours vers le futur.

Tant pis pour cette cicatrice glorieuse dont le champ fait son identité !

Comme dans la vie quotidienne, il faut s'en souvenir et parfois, si l'on peut, tenter de l'anticiper.

La reprise est amère car le dessin en souffre, puis, c'est le mouvement qui revient trouver une harmonie dans ce que le sillon précédent a laissé.

Les bergeronnettes sont là en quête de pitances, larves et parasites offertes au soleil et que leurs yeux experts découvrent comme autant de trésors pour autant de bienfaits.

Compagnes du laboureur, elles animent de joie la grande solitude de l'oeuvre renouvelée.

Ouvrant un champ de nuit par ce soleil fuyant, l'homme se retrouve comme un navigateur effleurant les nuages et glissant sur le ciel.

Le haut et le bas viennent à se mêler tout comme au premier jour qui vit le premier amour d'un paysan lointain.

Le ronronnement du moteur semble s'estomper et pour un peu que l'on rêve, l'on pourrait sentir la sagesse du bouvier guidant ses bêtes grises sur le chemin de la liberté.

Les gestes ne sont pas les mêmes et pourtant rien ne sépare les deux hommes d'un temps si différent qu'une pensée magique vient de réunifier.

Sous les pas indolents et leur balancement les bœufs transpirent en s'appliquant à cette tâche difficile qu'un autre homme poursuit vers la même destinée.

La confiance de l'un naît par l'amour de l'autre. C'est en avançant qu'ils se fondent soudain par un rituel similaire inscrit dans cette terre.

Dans ce champ du destin, ouvert sur la nuit qui l'inonde, viennent les étoiles en pluies lumineuses, semences de vie joignant toutes leurs forces à celles des pierres endormies.

Le tracteur est rentré, mais dans la tête de l'homme il demeure un champ d'espérance que d'autres ont cultivé.

S'il semble seul ce soir retournant vers sa ferme, tant d'autres avant lui ont mûri ce voyage qui fait un peuple fier en toute humilité. La terre sans cesse se doit d'être retournée et les hommes qui la vivent plongent dans un silence feutré liant les uns aux autres pour une éternité.

Puissiez vous voyageurs indolents être de ceux là qui cultivent l'amour contre l'adversité. D'aujourd'hui ou d'antan, chaque geste est caresse au ventre d'une mère qu'il faut savoir aimer.

Plongeant au cœur de nos sillons, si malhabiles qu'ils puissent se révéler, l’indulgence voudrait que si l'on se retourne, il demeure en secret des repères réels qui font la destinée.

Je vous invite au voyage du vent qui emporte mes pensées par delà les talus et les refus que l'hiver a laissé. Le temps est suspendu à ce que nous faisons, répétant sans savoir ce que d'autres ont tracé.

Laboureurs d'éternité, dans les cieux ou sur terre nos chemins sont mêlés.

Si mes cendres s'envolent au détour de ce champ, qu'elles s'en aillent aux étoiles y germer de bouquets de bleuets et de coquelicots.

Puissent leurs parfums et l'ivresse, exhaler dans le monde toute la discrétion d'une graine si petite, qui en mourant révèle tout l'amour dans la force que l'espoir fait grandir.

Plus que les apparences, le rêve magique d'un champ renouvelé dans lequel nos pas se posent dans ceux de nos aînés.

Il faudra patienter. Bien d'autres viendront retrouver dans la terre ce que nous avons semé par la tradition bien plus riche qu'un leurre dont les gens imbéciles croient sans grandir qu'il les fera mûrir.

Le monde est ainsi fait. Quand nous croyons savoir, tout est à redécouvrir. Seule certitude est la réalité d'une chaîne de vie qui relie le vivant par des naissances sans cesse renouvelées.

Le conte est achevé, dételez vos méninges et laissez les rêver.

Bouviers ou tractoristes, la magie en action, c'est l'imagination !

Gilles

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