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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Livre Rouge...

Il y a fort longtemps pendait sous une poutre maîtresse tordue, un livre enchaîné.

Celui qui le détenait ainsi était de l'antique lignée de ces bons hommes sans cesse en quête d'un idéal humain. Paix aux âmes et Justice pour les hommes en était leur essence motrice. Ce Livre Rouge apparaissait un matin auprès de celui à qui il était destiné. Ensuite, longues années de domptage pour dominer en somme ce qui en faisait contenu. Ce livre quoique enchaîné, résistait et dés qu'il en avait l'occasion, il menait grand tapage...

Or, donc, ce livre étrange qui se débattait au point que l'on entravait de lourdes chaînes, tenait en son sein nombre de pages rouges couvertes d'une écriture noire.

Sitôt que dépendu, l'écriture apparaissait à qui savait le lire.

Les lettres traçaient les noms de tous les démons de la terre. Sept principaux et leur suite clinquante se déclinaient en une multitude formant un texte vivant de leurs atrocités perfides. A leur invocation, ils venaient immédiatement chercher quelque pitance et livraient en retour les noms de ceux qui étaient damnés. Ensuite, ce qui se faisait en un sens, se défaisant dans l'autre, l'ancien rappelait les démons un à un depuis le dernier venu jusqu'au premier. Leur remettant à chacun une menue graine. Ils disparaissaient alors, engloutis à nouveau parmi les pages.

Cependant, cet ouvrage pesant tomba quelques fois en des mains profanes inexpérimentées.

Grand danger et vie difficile et lourde à qui l'ouvrait sans connaître son véritable usage. Comme les anciens devinaient à l'odeur de soufre ceux qui détenaient ce genre de bestiaire et que souvent ils étaient isolés des restes de l'humanité, ils venaient le moment venu soulager le profane de ce pesant fardeau.

Au temps de rendre l'âme, ils entendaient les dernières paroles et volontés de celui ou celle qui allait trépasser. Ensuite, se saisissant du Livre, ils le brûlaient pour en faire cendre. Celle ci devait accompagner le défunt dans son dernier voyage.

Plus que devant le notaire, ce testament profond, ainsi recueilli et assumé, ouvrait une autre voie que celle d'ici bas le quotidien réserve.

Joan était de ceux qui un matin trouvèrent cet ouvrage sur leur table de chevet.

Sitôt qu'il ouvrit les yeux, la lutte commença.

Il voulut l'enterrer, mais le Livre resurgit à chaque tentative.

Il voulut le noyer, mais même l'eau n'en voulait pas.

Il le jeta du haut d'une falaise, mais peine perdue, le Livre revenait aussitôt.

Il le mit au feu, mais rien à faire, il ne pouvait brûler.

Durant trois années, il visita une à une les pages et tout en y puisant, il forgea de lourdes chaînes pour mieux le maîtriser. Cependant, ce livre était si lourd qu'il lui fallait de l'aide et aussitôt le voici à parcourir la terre en un sens particulier que plus il s'éloignait, plus le livre était prés pour le lui rappeler.

Ce n'est qu'en l'enserrant au plus prés qu'il put seulement trouver un peu de Paix.

De ses expériences il se mit à méditer et changeant ainsi d'apparence, un jour il s'éveilla comme un nouveau né.

Depuis, Joan parcourt terre et ciel pour aider ses semblables et leur donner message que nul ne se connaît si bien que par soi même. Et, s'il est un destin que de trouver ce livre en soi, il est tout florilège d'en faire l'usage qui allège les hommes de part une attitude autre que d'apparat ainsi que de ces certitudes orgueilleuses qui emplissent d'esclaves les pages d'écritures...

Parfois sur le chemin, on croise ce destin vêtu de robe blanche, un bâton à la main, suivi par un livre enchaîné qui remue la poussière.

Rares sont aujourd'hui ceux qui le suivent et en tirent ainsi le sens des expériences qu'il est donné de vivre.

Ce Joan est il un des derniers ?

Pourtant tout pense à voir qu'il y en aura d'autres qui trouveront aussi ce Livre du Destin un jour à leur côté...

Attention, braves gens que d'en faire bon usage car les diables qui sont en pages ont tôt fait de sortir pour déchirer les corps des imprudents, renverser les Rois, leurs tenants et apanages.

Méfiez vous donc de ce Livre qui pourrait apparaître un jour à vos côtés...

Effacez ce sourire, car il est déjà là où vous ne regardez !

Vous ne le voyez pas, alors, c'en est peut être pire...et vôtre âme est damnée tenue entre les griffes d'un de ces démons là, qui en lettres noirâtres écrivent et signent à vôtre place au bas d'un parchemin.

Restera t'il encore le temps que de vous retourner, non pas pour fuir, mais bien pour assumer ?

Priez pour qu'il reste de ceux là, qui depuis les temps anciens viennent au secours des âmes égarées. Ils changent d'habits si souvent et si bien qu'ils sont sans qu'on les soupçonne, là, sur votre chemin. A vous de les chercher en vous cherchant vous même et peut être qu'alors ce Livre du Destin en sera plus léger et plus maniable en sorte.

Voilà, ce conte est terminé. Si vous tournez la page, autant recommencer car, ce qui a un sens aussitôt se défait s'il n'est point de pratique pour le voir confirmer.

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #info administration

Pour info !

Comment s'obtient la reconnaissance en état de catastrophe naturelle :

Les propriétaires s'adressent à la Mairie de leur domicile pour signifier les désordres apparus sur leurs biens mobiliers, immobiliers ou cultures.

Après constatation que de nombreux administrés sont touchés par ces désordres, la commune sollicite le classement en état de catastrophe naturelle auprès du Préfet du département. Celui-ci établit un dossier qui est examiné en commission interministérielle. C'est à ce stade qu'un avis sur l'état ou l'absence de catastrophe naturelle sera émis.

Lorsque l'avis est favorable, il est concrétisé par la publication d'un arrêté interministériel au Journal Officiel qui ouvre droit à une possibilité d'indemnisation au titre des contrats d'assurance Multirisques-Habitation.

Les démarches auprès des assurances :

Les propriétaires doivent déclarer le sinistre à leur assurance dans un délai de 10 jours suivant la publication de l'arrêté au Journal Officiel. Un lien de causalité doit exister ente la catastrophe constatée par l'arrêté et les dommages subis par l'assuré.

Nota 1: Les dates de déclaration des désordres doivent correspondre aux périodes concernées par l'arrêté.

Nota 2: La reconnaissance d'une commune en état de catastrophe naturelle n'implique pas systématiquement une indemnisation. C'est l'assureur, avec l'aide d'un expert, qui déterminera si les désordres sont réellement liés à l’événement...

Il ne vous reste plus qu'à adresser vos courriers et devis en espérant que la procédure soit lancée et qu'elle aboutisse...

Maintenant, vu le nombre actuel d'élus réellement présents...vont ils faire leur boulot ?

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

Cette nuit, pim, pam, poum, badaboum...

Un orage de grêle peu commun dans notre contrée s'est déchaîné sur le village de Puyvalador. Des grêlons comme de grosses balles de golf et donc les trous qui vont avec.

Ce matin, 13ºC et la plupart ont fondu pourtant certains atteignaient la taille d'une savonnette...

Pas question d'aller prendre quelques clichés sous le vrombissement impressionnant qui vomissait les dangereux projectiles...

Mais les dégâts sont là et nombre de véhicules portent les impacts de ce violent orage de grêle. Les velux ont apparemment résisté et il est encore tôt pour se faire une idée de l'ampleur des détériorations et incidences sur les maisons, véhicules et cultures.

Des événements naturels de la sorte sont exceptionnels dans notre contrée, au point que l'inquiétude fut vive dans le village. Beaucoup se sont levés en pleine nuit, impuissants devant ce roulement infernal marqué par d'impressionnants impacts.

Heureusement que cette grêle fut mêlée d'une pluie abondante, ce qui diminue un tant soit peu la force dévastatrice...

Le village étant peu habité en cette période, pour ne pas dire presque désert, certains auront peut être des désagréables surprises en arrivant...

Quant aux sédentaires...les dégâts doivent être déclarés avant 10 jours.

Franchises et autres désagréments aux quels va certainement s'ajouter une autre désagréable surprise concoctée par la commune suite au dernier Avis rendu du 09 Juillet 2014 de la Cour Régionale des Comptes dont le contenu annonce une très prévisible augmentation de nos impôts d'environ 25%...voir plus. Mais, ça, c'était vu d'avance et semble t'il, pas par ceux qui ne manqueront de continuer la politique catastrophique qu'on leur connaît...

Ce à moins que ces "représentants" ne tiennent pas compte de cet Avis, lequel constate nombre d'irrégularités et notamment un déséquilibre budgétaire impressionnant pour une commune aussi mal en point et l'on sait pourquoi !

Bref, nous attendons les décisions du conseil municipal...

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature
Soupe amère...

L'art de déguster...est ce là celui de subir ce "fraternel" esprit communautaire qui par ses compétences nous inonde de..."bienfaits" ?

Territoire sinistré ou bassin de décantation, à moins que ce ne soit un effet d'une certaine "générosité" qui veuille que l'on y vienne y puiser ce qui peut plaire afin d'y mieux laisser ce qui vous gêne...ailleurs !

Bref, village du contre bas, nous subissons la complaisance de ceux qui vivent en haut.

Ce n'est là qu'évidence drainée en quelque sorte par ce que l'on appelle commodément gravité...

Hélas si celle ci entraîne du haut vers le bas nombre d'effluves sales que drainent les rivières, il en est aussi de ces comportements profitant de la sorte de cette situation quelque peu singulière.

Déjà dans notre société, une certaine "élite" cultive ainsi la chose, dédaignant ceux que jadis les nobles protégeaient.

Un réflexe bourgeois nullement gentilhomme serait à l'origine de tels comportements ?

L'irrespect qui veuille que l'on s'en vienne piller et qu'en retour en somme l'on nous laisse les restes, est il mieux cultivé ici que dans d'autres endroits où la Loi vous oblige ?

Car, ce qu'il semble bien est qu'il soit fait fi des Lois et autres règlements sensés nous protéger. Là, un lac qui devient un cloaque, ici une montagne pillée par des touristes et tous ces fonds d'impôts qui tombent comme forêts communales éventrées sous la coupe assassine de nos nouveaux bourreaux...

La verdeur de nos eaux donne une teinte sinistre rappelant la lueur que fit un Asmodée au fond de quelque grotte. Est ce d'ailleurs pour cela que dans une carrière, qu'à peine découverte, elle fut rebouchée ?

Ainsi vont donc les choses et tant bellement, qu'ici viennent puiser nonchalamment mais avec avidité ceux qui ont tant détruit chez eux...qu'ils le retrouvent là.

Sur ce territoire, qui ne vient donc saisir ce que les gens d'ici gardaient jalousement et protégeaient en somme, qu'aujourd'hui l'on y puise tant à satiété que, finalement tout s'épuise et se meurt.

Sur chasse et cueillette à foison, contre ces eaux malades dans les quelles se meurent les truites de maladies venues avec ces lâchers d'élevages qui ne font qu'illusion.

Belle récompense de ce progrès social qui fait que l'on jouit lorsque l'autre s'effondre sous le joug qu'on impose sans pour autant en souffrir soi même...

Si le mot solidarité eut peut être un sens, ce doit être dans un ailleurs fort éloigné d'ici !

Il se fait bien tard pour réagir d'autant que les anciens finissent de partir et qu'en quelque sorte les nouveaux n'en ont aucune idée du mal qu'ils peuvent faire tant il leur parait tellement naturel.

Mais, ils auront le loisir, s'il en reste quelqu'un, que de le constater, un jour à leurs dépends...

Les leçons salutaires se font si on les vit plutôt que dans les livres.

Ces quelques mots amers ne le sont pourtant peu, vis à vis des maux que nous vivons et si certains en vivent, d'autres, à coup sur, en mourront...

Alors, bouteille à la mer, voguant sur l'indifférence de voisins malveillants, il se peut que son message soit lu de par quelques personnes dont le cœur cultive encore la vertu.

Puisse qu'alors, incidemment, qu' il reste quelque chose qui ait survécu à ce que les destructeurs patentés appellent leur menu !

G.

Soupe amère...
Soupe amère...
Soupe amère...
Soupe amère...
Soupe amère...

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Sortilège...

Le cortège funèbre cahotait sur le chemin de la mort. En habits sombres et têtes couvertes, les villageois suivaient cette charrette branlante qui couinait fortement.

L'attelage de chevaux efflanqués peinait et son meneur frappait le sol autant pour diriger que pour écarter ce qui pouvait le distraire.

L'une des bêtes sombre et l'autre claire n'étaient pas harnachées et deux aides veillaient que rien ne chût pendant le trajet.

Derrière, chuchotements et pleurs...

-"Comment est ce possible ? Une si jeune personne et en si bonne santé parait il..."

-"C'est un grand malheur, mais rien ne se fait impunément".

-"Comment ? Qu'avait t'elle donc fait ou pas qui la conduise au trépas ?"

-"Ha ! Parfois de construire ce qui n'est pas vous conduit surement à ce renoncement qui termine la vie".

-"C'est à dire ?"

-"Hé bien, c'est la triste histoire de ces choses que l'homme construit tant et si bien qu'il finit par y croire au point qu'il en devient dépendant. Lorsque nous naissons, ces choses n'existent pas. Ce n'est qu'après, par ce que l'on apprend que l'on en vient à élever une sorte de voix qui nous parle sans cesse et qui construit les maux que l'on croit vérités. La haine, la jalousie, le mensonge, la peur et leur triste cortège de ces actes donnant corps et ravageant le monde par le chaos des dogmes. Fi donc Espoir, Amour et Vie qui font Beauté dans un monde misérable qu'il nous faudra quitter.

La pauvre qui chemine dans sa boite en est une victime consentante. Elle s'est tant menti, qu'elle en fut une experte. Elle a beaucoup appris sans toutefois connaître. Jeune, elle s'aimait tant, qu'elle voulut que tout lui fut soumis. Mais l'Amour n'est pas une émotion construite mais bien un sentiment profond dont la main droite donne et celle de gauche reçoit. Pour cela, celle de droite se doit d'en être toujours plus grande. Force de projeter sur son entourage cette envie de recevoir plus que de donner, la pauvre s'était persuadée d'un amour égoïste envers un jeune du village voisin, beau, riche et un peu niais...En lui, elle voulait s'aimer. Ne pouvant le dompter pour arriver à ses fins, elle en arriva de tenter l'envoûter. Ce qu'elle voulait finirait bien par se matérialiser. En cela elle fit appel à ce que nous appelons une "Brúxa" et qui n'est qu'un visage de la superstition. Ayant consulté cette personne, elle s'appliqua à concentrer sa volonté sur des choses innocentes qui seraient le reflet de son état d'émoi. Terre, œufs, clous devinrent les attaches de ce qu'elle y mettait. Ayant mêlé ces objets maléfiques et selon les dires de la "brúxa", elle se tendit d'impatience et ne voyant rien venir à la hauteur de son désir, elle se dessécha. Au bout de cet enfer, son âme ratatinée finit par trépasser, non sans l'avoir maintes fois avertie et suppliée".

-"Donc c'est bien elle que nous suivons aujourd'hui ?"

-"Oui, car celle qui la portait est encore en son huis, seule et rejetée de l'objet qu'elle convoitait. Elle est tellement creuse qu'en marchant elle résonne sans cesse et sa tête bourdonne et ses tripes ont dévoré son cœur".

Le cortège bruyant cahote sur ce chemin défoncé aux ornières profondes de tant de passées. La lumière blafarde d'une lune sordide éclaire le destin. Le bouvier serviteur grommelle en silence sur tous les malheurs qui emplissent sa charrette d'âmes pesantes, abandonnées et gisantes en désordre. Il en porte sans cesse sur ce chemin de mort, laissant derrière lui le cortège glacé des causes du malheur, marchant comme un seul homme triste de ses pensées.

Souvent, il le voudrait, que cesse ce funeste travail, mais le monde est ainsi fait de par sa nature que l'homme en avançant si souvent se défait.

Sa carcasse le lui rappelle, elle aussi décharnée, que la lune traverse en rayons révélateurs de cotes pendantes et d'os s'entrechoquant à chaque pas qu'il fait.

Il en est cependant qui marchent à l'envers et qui parfois en arrivent au début quand tous les autres en sont déjà à leur fin. Là, dit on, qu'ils renaissent sans fin du moins jusqu'à cette limite que l'on dit du destin.

Si invariablement, ce qui nous sépare touche le mortel. La route est plus plaisante si bordée d'arbres magnifiques, elle serpente au soleil.

Le reste n'est qu'illusions et chimères nocives qui emplissent d'effroi de tristes tombereaux.

Sous les cranes desséchés, parfois naît un silence qui fait taire la voix de cette absurdité, laquelle nous pousse à croire au lieu que d'exister. Non pas qu'il faille taire, mais de domestiquer celle qui nous asservit au lieu de nous aider.

L'essentiel n'est pas dans les maux que nous traçons mais bien en ce qui les pousse de par la déraison. Au lieu que de s'écouter mentir, il faudrait ressentir ce qui ne parle pas et qui s'exprime en nous autrement que par mots.

Toutefois, s'il en est un qui déborde son sens en ce qu'il le dépasse et réjouit notre âme, c'est bien celui d'Amour qui se donne sans vouloir de retour et qui rayonne de celui qu'il en reçoit. C'est là Union sacrée qui fait bien belles noces plutôt qu'enterrements et de tristes regrets...

Aussi vivons à table d'un banquet dont les plats se dégustent au fur et à mesure qu'ils arrivent plutôt qu'on les attend...

Bon appétit, dirai je à ceux qui veulent entendre et goûter, plutôt que d'espérer sans plaisir le suivant.

Cette fable s'achève, mais reste en suspend, comme une faux dressée dont l'horrible tranchant est monté à l'envers et qui d'un coup sépare mensonges et vérité.

Le cortège s'éloigne jusqu'à ce qu'il revienne de ce qui en mémoire n'a pu y demeurer...

Point de tristesse cependant à qui sait bien s'y prendre pour vivre son destin. Ni regrets, ni gloire si ce n'est ce chemin bordé de témoignages et de tant de beauté qu'il devient agréable et si bon à tracer.

Qu'importe alors la fin si le voyage est beau et que l'on trouve plaisant que de s'y promener !

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Terre promise ?

-"Cousin, depuis que tu as forgé cette charrue, tu te crois tout permis. Pendant que je conduisais les troupeaux, tu bâtissais ta maison et lorsque je suis revenu, je n'ai trouvé que hauts murs crénelés et portes fermées".

-"Cousin, alors que tu occupais les meilleurs pâturages, ma famille crevait de faim dans un désert de pierres. Nous nous sommes adaptés et avec ces pierres nous avons bâti des murs pour garder la fraîcheur et l'eau. Nous avons creusé la terre pour voir où elle allait et nous l'avons fait remonter pour irriguer le sol.

Alors, nous aussi nous nous sommes protégés derrière les murs et nous avions de l'eau pour boire et des récoltes à engranger. Tout cela pendant que tu te moquais de nous, travaillant la terre et peinant sous le soleil"...

-"Cousin, tu m'empêches de passer là où nos troupeaux paissaient et s'abreuvaient et tu ne veux pas que je profites moi aussi de ce que nous donne la nature".

-"Cousin, si ton troupeau traverse mes cultures, il va détruire le fruit de mon travail et ma famille ne pourra plus survivre".

-"Cousin, cette terre n'est pas à toi, elle est aussi à moi et tu dois me laisser en profiter".

-"Cousin, cette terre n'est pas à toi et tu dois me respecter ainsi que mon travail".

Palabres de l'un, palabres de l'autre...

Passant avec sa caravane, un ancien voyageur surprit les deux parents en pleine discussion. Alors que le ton montait sous un soleil de plomb et qu'ils allaient en venir aux mains, il s'interposa.

-"Ô, parents, que tant de vos mots troublent la voix de la nature. La Dame se repose et vous la dérangez. Quel est donc ce tumulte qui fait frémir la terre au point qu’alentours l'on entende que vous ?"

Aussitôt, les deux cousins de se plaindre longuement l'un de l'autre et l'autre de l'un...

Les ayant entendus ensemble et tour à tour, le voyageur se penche et colle son oreille contre une roche noire reposant à même le sol.

Les deux cousins lui demandent s'il n'est pas fou et que veut dire sa posture.

L'homme les prie de se taire en leur disant que maintenant c'est à la Dame d'exprimer sa pensée.

Au bout d'un certain temps, l'homme se relève et s'explique ainsi.

-"Ô, parents infidèles et sans mémoire, la Dame dit que vous êtes ses sujets et de plus affiliés l'un à l'autre. En conséquence vous vous devez assistance et respect.

La Dame dit que l'un donnera de l'eau à l'autre et qu'en retours l'autre veillera à ce que les cultures ne soient pas dévastées. Vous vous échangerez ce que vous produirez tout en respectant celle qui vous porte et vous nourrit."

Quelques temps s'écoulèrent et survint un manque d'eau.

De nouveau, voici que le ton monte...

-"Cousin, je ne peux plus vivre avec mon troupeau, car la terre ne donne plus assez d'herbe pour le nourrir. L'eau que tu enlèves au sol est en moins dans le ciel et elle ne tombe plus sur les anciens parcours."

-"Cousin, ton troupeau est si grand qu'il boit plus qu'il ne l'avait jamais fait et cette eau ne peut remonter."

La dispute reprenait sous un arbre encore vert et sous le vent aride les palabres furent portées au loin.

Le voyageur qui traversait l'étendue échauffée en fut alerté et aussitôt le voici qui arrive.

-"Ô, parents bornés que sont donc ces affreux oiseaux dans un ciel que les nuages ont fuit force de vous entendre ?"

Les deux cousins, s'expliquent fiévreusement que l'eau ne vient plus assez et que le ciel en est avare. Le voyageur leur tourne le dos et semble s'adresser à un rapace qui plane au dessus de leurs têtes.

Puis il se retourne et dit :

-"Voilà ce que dit notre Père le ciel. Il dit que vous êtes stupides car il ne pleut pas moins que ce qu'il a déjà plu et que ce qu'il pleuvra. L'eau que vous utilisez n'en est fautive en rien et n'est ce pas vous autres qui en usez plus que vous ne l'aviez fait ?"

Se regardant l'un l'autre, les cousins demandent alors à l'homme ce qu'ils devraient faire si étant trop nombreux et aux troupeaux avides ils voulaient survivre en préservant leurs richesses et leurs familles.

-"A chacun son chemin et si l'un bâtit en d'autres lieux et que l'autre fonde de nouveaux troupeaux, la terre et le ciel n'y suffisant plus, ils se videront à jamais de tout espoir de vie.

S'il est une mesure, elle vous appartient d'en trouver les limites avant qu'il ne soit trop tard et que ni l'un ni l'autre vous ne puissiez plus survivre."

Chaque chose a un sens qu'il est bon de connaître et mieux que de le savoir il faut anticiper sur le moindre et non pas sur le plus abondant".

Malheureusement, les cousins sont têtus et quelques siècles plus tard ils n'en sont que toujours plus à ne vivre que de moins.

Aprés la guerre de l'eau vint aussi celle du feu qui dure d'autant plus que ni les uns, ni les autres ne se souviennent plus des paroles du vent ni de celles d'un rocher sur lequel elles furent gravées...

Au lieu d'une pluie bienfaitrice sur une terre peu peuplée, ce sont averses mécaniques brûlant ici et là l'herbe et l'espoir de cultiver la Paix.

L'homme voyageur est retourné dans le désert, s'éloignant de ces lieux où la terre et le ciel contemplent le désastre d'un peuple déchiré.

Plus aucun cousin ne se tourne vers eux en croyant, imbéciles, que ce qu'ils ont créé vaut plus que ce qui les a engendré.

Utilisant de fausses vérités ils en sont encore à s’entre tuer...

Pour combien de temps encore ?

Peut être jusqu'au dernier...

Alors, ce jour là, la mère et le père referont en silence une autre génération différente de ceux là qui au nom de ce qu'ils croient ont perdu la raison.

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Bonne soupe !

Avis aux amateurs aux papilles éclairées !

Une bonne soupe, ce n'est pas qu'un seul goût qui surclasse tous les autres, c'est un mariage réussi dans lequel la fine gueule peut y retrouver chacun des ingrédients, rendant inimitable ce que l'on en ressent et qui est formidable de connaitre bien plus que de savoir. Il en est si peu de ceux là qui font la différence essentielle de tant de choses banales que l'on nous met en tas, voulant nous faire croire que l'uniforme nous va comme aux moines et aux soldats...

Il est cependant, cette petite chose en plus qui fait divinité et qui par un savoir faire supplante tous les autres, ce tour de patte secret qui donne de l'amour un aperçu discret.

Car, quelle que soit la recette, la soupe n'est jamais la même et si fidèle qu'elle soit nous non plus quand même.

Chaque chose évolue et vouloir le contraire ne nuit en soi qu'à ce fil transparent qui est la tradition.

Or, donc, un soir de grand froid, assis prés du chaudron quatre diables vêtus de peaux de bêtes lorgnaient composition qu'affinait une dame savante qu'on disait fin cordon. Enviant le fumet et la couleur de ce ragoût divin, l'un et l'autre de se vanter que de pouvoir en faire autant et sinon mieux.

Les prenant au fait de tous ces beaux parlers la dame se retourne et les met au défi.

Aussitôt dit qu'ils empoignent chaudrons et boutent feu dessous.

Chacun d'y aller de savante recette tentant d'imiter l'originalité de la dame patronnesse.

Tout semblait bien y être et remuants la louche, les chaudrons commençaient de fumer. Tant et si bien qu'au bout de cette nuit nos quatre diables en eurent crampes aux bras de cette agitation sensée d'un tour de main annoncer un paradis.

Mais, si les fumets montèrent, point aucun ne valait celui de la cuisinière.

Les quatre avaient le même goût que rien ne différenciait mais qui étaient bien plats à côté de cette cathédrale envahissant l'espace et qui surclassait leur infâme potée.

Alors, n'y tenant plus ils supplièrent à genoux pour connaitre ce qu'ils ne savaient. Nous avons bien vu, écouté, senti et goûté, même la consistance ne nous a pas trahis, mais il est cependant un mystère qui fait la différence et qui nous laisse amers et rances. La dame qui sourit dit qu'il s'agit d'un charme que nul diable ne peut en aucune manière arriver d'imiter. Il s'agit de nature et la vôtre est contraire à ce qu'il vous faudrait pour pouvoir y arriver.

Tout d'abord, dit elle, sachez que vos sens vous ont trompé et que vos intentions n'étaient que par trop égoïstes. Lorsque je cuisine, ce n'est jamais pour moi et c'est bien en cela qu'est toute différence.

Votre brouet uniforme qui veut en imposer ne vaut pet de lapin.

Non en ce que vous mettez mais en ce qui n'y est pas. Car il manque un sel qui ne vient de la terre mais d'une autre mer aux vagues généreuses.

L'amour voyez vous n'est pas chose d'esprit et de le raisonner enfuit son intention qui se donne plus que ne se prend.

Écarquillant les yeux, les quatre diables se fendirent en jurant bien qu'ils trouveraient moyen de parvenir au summum incertain. Depuis, ils hantent les fourneaux et pillent alentours les livres de cuisine pour comprendre à coup sur ce que la dame fait de si étrange et qu'ils ne peuvent réussir.

En terre, feu ou eau, le vent emporte le délicieux fumet que la dame élabore aussi inimitable que sont les vérités premières, celles qui viennent du cœur et non d'un athanor construit par la pensée qui se veut unitaire.

Chaque élément y vient séparément et lorsque elle les assemble, ce n'est pas d'un seul coup mais bien l'un après l'autre.

Ainsi le chou donne son goût autant que la carotte. La pomme de terre est là sans se défaire et qui pourtant fond bien dans le palais dés qu'elle en franchit le pas.

Bonne mesure de sel n'empêche le piquant de l'épice. Ainsi tout se marie en apportant sa touche. Lorsque l'un après l'autre se dégustent les apôtres de cette comédie, il vient un doux tableau changeant qui exprime la vie dans ses ressentiments.

Merveille des merveilles qui plus qu'on imagine est une féerie dansante qui enchante l'âme autant que le palais.

Les diables sont maris et jaloux de surcroît, en remuant la queue ils en font grand sabbat, mais ne peuvent connaître ce qu'ils n'ont jamais eu, qui ne se conçoit pas en gestes inutiles, ni en paroles vaines.

Ainsi, fuyant la dame de séant, ils firent politique de manants nivelant par le bas ce qu'il est de meilleur. Pour autant que l'on sache, ces bonnes intentions sont peuplées de malheurs lorsqu'ils nous font goûter leur amère cuisine.

Car nous le savons bien, c'est affaire de cœur qu'ignore la raison de ces gens de pouvoir. Au point me diriez vous que d'ici bas ils ne savent que ce qu'ils croient réel dans ce qu'ils imaginent...

Tout en cela n'est qu'affaire de cuisine à qui sait distinguer chaque chose pour mieux l'incorporer, respectant ce qu'elle est et qu'elle nous apporte.

Les diables sont légions et rares les cuisiniers, d'autant plus que personne plus ne les écoute et dévore les plats sans saveur que nous servent tristement les pages des journaux et celles des radios...

Mondialisation disent les badauds qui ne comprennent rien à cette farce dont ils sont les dindons. Bouillie informe et sans goût qu'ils voudraient après d'autres nous rendre fous en nous faisant penser que tout est de même goût.

Fi donc les diables et cette politique agitant leurs pantins autour d'un chaudron vide !

Cuisinons de tous cœurs, sans arithmétique, ni même mots savants, sinon en quoi point de saveur que celle unique qui nous écœure tant de son manque de sel autant que de l'épice qui donne la chaleur et éloigne le vice.

Bon appétit à ceux dont la dame convie aux doux festins qui font de l'homme sain le héros manifeste et cependant si humble qu'en dégustant ce plat il incline la tête.

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Actualité

- "L'agence immobilière X ?"

-"Oui, bonjour, que peut on pour vous ?"

-" Je désirerais vendre ma résidence secondaire."

-"Où est elle située, pied de pistes ?"

-"Non, dans le village de Puyvalador."

-"Aaaah !"

-" Pourquoi cette exclamation ?"

-"Je ne vous dis pas que ce soit impossible de vendre, mais...Il va vous falloir sérieusement réviser votre prix."

-"C'est à dire ?"

-"Nous venons de vendre un chalet avec quatre chambres, pied de pistes, aux Angles, 280 000 €. Chez vous, un bien équivalent, c'est 150 000 € Max... Et encore, si vous êtes pressés, 130 000 €, pas plus."

-"Vous parlez sérieusement ?"

-"Vous devez savoir que les acheteurs se font rares et que tout le monde est au courant du taux d'imposition fiscale de votre commune..."

-"Bon, et si je voulais louer, que me proposez vous ?"

-"Nous ne prenons plus de biens sur votre commune, l'hiver, c'est très mal déneigé."

-"Bon, merci quand même de votre sincérité."

-"Bonjour, l'agence immobilière Y, je voudrais vendre ma maison de Puyvalador."

-"Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah !"

Cette conversation n'est hélas pas tirée du domaine de l'imagination. Elle vient de m'être rapportée par un habitant du village et ce n'est pas le seul à venir m'exposer cette dure réalité. De plus avec la Loi sur la plus valu...bonjour les dégâts !

Soit disant dans 6 ans, la dette sera résorbée, si elle ne s'amplifie pas en relation au fonctionnement d'une station de ski dont la gestion est aujourd'hui assumée directement par la commune "réunifiée".

Pour l'investissement...même pas en rêve, sinon peut être par la Com-Com...

Bref, la dégringolade continue de plus belle !

Baisser les impôts ?

Pensez donc, pour quoi faire ?

De toute façon, c'est pas possible, vu que nous en avons pour plus de 20 ans à rembourser les emprunts...

Eh,oui, s'il n'y avait que la dette !

Ne parlons pas des charges...

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Cuisine
Aux abricots, citoyens !

Sus aux rouges...du Roussillon !

Le quatorze juillet arrive avec ses lampions parce que déjà la lumière décroît. Il est temps de penser à l'hiver. Les fruits sont mûrs pour de belles et bonnes confitures.

Soyons donc réactifs et pas forcément réactionnaires....

Il en va de la traditionnelle tartine de pain gaulois agrémentée du soleil du Roussillon...

La recette est dans le blog dans la partie cuisine et déjà, pas mal l'ont consulté.

Jusqu'à présent...le fruit se laissait désirer, mais là, faut pas tarder.

Samedi matin, sur le marché de Formiguères, vous pourrez commander l'objet de tant de convoitises à ce personnage pointilleux de bonne qualité qui les produit et en fait un point d'honneur à présenter l'essence de sa conscience sur l'étal. Ses fruits viennent comme lui d'Ille sur Têt. Franchement, même, s'il vous en coûte un peu plus qu'en bas, ça vaut la peine, car non seulement ils sont top, mais ce sera votre contribution à l'animation du marché local.

Attention à ne pas arriver trop tard !

Les anciens sont là et si vous rêvez, eux pas. Tout est bon pour vous piquer la place.

Faut croire que le temps leur est compté, car bien qu'à la retraite, ils sont pressés de vous passer devant...

Mais, c'est franche rigolade et les galéjades ne manquent pas !

Bien sur, profitant de l'occase, fromages du pays, et vin du Mas Jourda !

Tout ce qui est bon est bon pour se rendre meilleur, si l'on en fait bon usage...

Petite modif, sur les conseils des cordons bleus locaux, mettre les abricots coupés en quatre, sans les noyaux, à macérer avec le sucre toute une nuit.

Allez, bonnes courses et bonnes confitures !

G.

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Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Spirale...

Les Catalans aiment les escargots...en sauce ou en "cargolade"...

Un tourbillon de particules délicieuses dans le palais, dégustées entre amis sous le regard bienfaiteur du soleil méditerranéen !

Un vent volontaire que rien n'arrête et qui change tout sur son passage. Une expansion d'amitié et de joies qui glissent d'un regard à l'autre par cette complicité du partage.

Plus même qu'un vent, l'esprit de deux courants en qui tout s'oppose et se complète.

Une force, un rythme faisant vibrer l'Univers.

Pourtant, un simple escargot qui laisse sa trace d'argent dans un petit matin de rosée endiamantée...

Lentement il progresse sous la lumière rasante laissait pantois cet homme, ciseau et maillet en main qui cherche à exprimer justement et discrètement la clef de l'ouvrage qu'il vient d'imprimer dans la pierre.

Longues années de complicité sur les chantiers, à tisser cette dentelle de pierre à la gloire de ce que finalement l'escargot lui montre par sa nature même.

Toute la connaissance des anciens portée en vie, là juste devant ses yeux écarquillés.

Des siècles et des siècles pour ne pas dire quelques millénaires d'hommes et de femmes avançant lentement dans la nuit des ages antiques en cultivant plus que la science mais l'Art, les Arts de la vie. Ce, alors que les fous se jalousent, s'envient en oubliant même qui ils étaient et d'où ils viennent. Le semblant prend sans cesse le dessus sur la vérité profonde, indélébile.

Quelque soit l'époque, la tendance, la religion, les dirigeants, bref toutes ces formes de dogmes intransigeants, les sages ont transmis au travers des ages par des symboles si forts et si simples qu'ils ne pouvaient mieux parler que par eux même.

Sachant que ces courants dominants ne sont qu'éphémères illusions si tenaces et gourmandes de sang autant qu'avides de mort, ils ont su glisser entre eux comme un poisson nage dans le fleuve et l'escargot sur la terre. Ils s'étaient renouvelés comme ces épis aux graines qui portent l'avenir de nouvelles générations dans la terre gelée et aride. Lorsque l'une sombrait dans l'hiver de l'histoire, ce n'était que pour mieux germer en terre génitrice de l'humanité. Le sol commande et c'est lui qui façonne les générations à venir.

Là, sur cette spirale tranquille qui trace son chemin étoilé, il y a tant de cet esprit qui traverse les ages. Tout dans l'escargot parle de la nature véritable.

Cet animal symbole qui porte en lui les deux contraires, qui est l'un sans être l'autre, qui est l'autre sans être l'un tout en étant les deux à la fois dans une montée et une descente qui réalise l'alternance. Morgane et Viviane réunies dans un château magique qui glisse sur l'herbe du matin...

Lui que le feu de la vie fait progresser sur terre par un chemin humide. Lui dont la coquille de pierre voyage, portée dans les airs par un corps semi apparent. Lui, aux yeux qui regardent simultanément, sans voir, en multiples directions et qui pourtant sent en pleine nuit jusqu'à la fraîche laitue.

Ce symbole qui grimpe au plus haut en silence et descend au plus profond des cavernes. Spirale vivante qui évolue de son centre dans le sens qui remonte le temps vers un volume toujours plus grand. Aussi, il nous montre comme ce genre humain qui partit d'un point évolua pour occuper la terre. En rentrant dans sa coquille, il nous enseigne que ce qui se fait dans un sens, se défait dans l'autre...

Ce gastéropode venu du fond des ages et qui porte la divine proportion.

Patient et tenace, ce pied qui glisse sans tomber et qui porte sa propre maison...

Lui qui sort lorsque tombe du ciel la source de vie et qui sans elle se protège dans son abri par un opercule hermétique.

Modeste et si discret, comment ne pouvait il pas être cet emblème mystérieux qui parfois orne quelque colonne sans se faire remarquer de ceux qui ne voient qu'avec leurs yeux...

Cet être magnifique et parfait comme tout ce qui vit, nous incite à mieux voir du plus grand au plus petit, du plus petit au plus grand en sachant bien que tout se tient par son centre d'origine et cette force qui le déploie.

Alors, que de respect en dégustant le gastéropode des origines.

Que ce qu'il est en dehors nous profite en dedans !

Et n'est ce pas silence, lorsque nous le déroulons et partageons simplement ce plaisir d'être ensemble réunis en une somme faite de différences ?

Décidément, celui qui se cache dans les murs ou au point de naissance des branches de la vigne n'a pas fini de glisser dans nos gamelles jusqu'au plus profond de nous !

G.

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