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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #nature

Carcannet.

 

Sur les pentes boisées de la forêt sacrée montent de longues brumes. Porteuses d'une fraîcheur pénétrante, elles sont chargées du parfum des Sapins et de l'humus retourné par une harde vagabonde de farouches sangliers.

Soula d'Inglars 4

Carcannet, c'est la forêt magique, celle qui délivre des maux et donne refuge à la vie.

Ne croyez pas pour autant, que vos pas puissent vous mener en un quelquonque Pays enchanté rien qu'en franchissant la lisière et en plongeant sous les ramures épaisses de ses grands arbres.

Le charme ne s'opère que si elle vous invite !

Alors, si vous êtes Libre et de bonnes intentions, ne recherchant rien qui ne se prenne et respectueux de l'Esprit du Monde, alors...

Alors, tout est possible !

A qui sait faire silence en soi de toutes choses matérielles, les colonnes rugueuses et couvertes de lichens parleront avec le vent de la complainte secrète. Chaque oiseau en ajoutera de son language intime pour accompagner vôtre esprit en des lieux inconnus du commun des mortels.

Mais il en faut du temps et de la patience à celui qui abandonne pour mieux se retrouver.

Les ages sont des anges bien étranges et leur envol parfois ne laisse qu'une plume au sol. Quand on croit la saisir, c'est elle qui vous entraine.

Allons donc, sous la frondaison et laissons sur la terre nos pas les plus légers.

En fait, il n'est pas un pays, mais plusieurs. Chaque voyageur est porteur de celui qui l'anime. Il est fort à parier que mal intentionné, nul ne puisse y retrouver ce que d'autres y ont caché.

Pourtant, tout est bien là. Il suffirait de le vouloir pour s'en appercevoir.

L'écureuil est aussi curieux que le geai. Ils sont à leurs façons de bien étranges compagnons. Si l'un parait fou que de trop oublier, l'autre fait bien tapage pour que règne le silence. A moins de le savoir, qui saurait inventer ce qu' ils se disent en secret ?

Lorsque monte le jour, le calme ne dure que le temps que se ferme la porte de la nuit qui descend. Au sanglier qui retourne inlassablement la terre suivront dans les airs les voix qui saluent le soleil.

A qui sait écouter, il se peut de surprendre l'instant entre l'un et l'autre. Ce qu'il en est de magique est subtil et léger. Plus rien ne semble bouger et ce présent y parait éternel.

C'est un don de la terre suspendue au mouvement du ciel. L'heure qui semble durer, pourtant disparait et l'un reprend à l'autre ce qu'il vient de laisser. Tour à tour se suivant, c'est aux croisements du matin et du soir que glissent les espoirs de ces mondes opposés.

Capcir nuit 2

Que seraient nos jours, sans la nuit étoilée. Saisir un rayon de lune et le pas feutré du voyageur de la nuit, qui soudain se suspend pour laisser à un autre le chemin emprunté.

Là où les brigands attendaient, le vieux hêtre s'étend. Sa ramure protège les ruines du passé et le cèpe qui se fait si discret. Ailleurs cotoyant les noisetiers et les fermes abandonnées, les girolles pâles et orangées pousseront les feuilles tombées. La raiponse qui fleurit, dont la racine est si douce, voisine le sentier qui unissait les villages voisins et pourtant séparés.

Au fond de la vallée, s'y blottit une belle rivière aux truites charbonnées, dont les flancs s'étoilent de taches éclatantes d'un rouge à orangé.

Le tapis de mousses, si épais qu'il soit, demeure bien fragile. Le chevreuil y allège ses pas pour ne pas l'abimer. Remontant vers le Nord par les champs de myrtilles, il peine sa peine de son coeur si léger. Pourtant la pente y est forte et le sol raviné. Les feuilles qui s'amassent cumulent les années, préparant en secret la pousse de beaux cèpes aux couleurs si foncées. La russule délicieuse y parait prétencieuse de sa taille évasée. Au dessus, en dessous de la terre, quelques truffes dans leur nid patientent la venue du sanglier qui les ravage, voire même d'une mouche indiscrète qui pourait les révéler.

Si le temps qui voyage saute par dessus la vallée, le chemin des hommes y est bien sinueux. Les ponts effondrés annoncent quelques espaces aplanis sur les quels le charbonnier s'affairait. L'artisant disparu, il reste quelquefois des morilles aussi noires que le bois consummé semble en exhaler le mystère. Par la robe plissée en alvéoles profondes, elles en appellent au sourire du souvenir bien né où pour la première fois on les a rencontré.

La cascade rieuse aux trois ressauts surprenants cache aussi des trésors de bienfaits. Lorsque la chaleur monte du milieu de l'été, elle offre sa fraîcheur et un joli sentier. Délaissant une prade il se met en désir de nous faire voyager. Plus bas, un rocher à la tête d'aigle veille sur un champ de prêles et dans le ciel qui s'ouvre, il annonce la fin de ce rêve secret. Le Chêne remplace l'espace au hêtre élevé. C'est ici que s'effacent mes pas sur le sable doré, vous laissant le loisir de les continuer.

Je ne sais si en cherchant, vous ne trouverez pas ce que j'y ai laissé. Mais je suis sur qu'en y allant vous vous découvrirez !

GP

 

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