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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Cieux des Pyrénées.

Il fut une époque lointaine qui dure encore par ce qu'elle subsiste en nous en nos croyances et coutumes. Les anciens avaient bâti leur vision sur le principe que les cieux tournaient autour de la terre et que l'on passait du ciel diurne nuageux au ciel nocturne par un troisième ciel rouge le soir et le matin. Blanc, rouge et noir symbolisaient également trois mondes différents. Le ciel diurne était le monde des dieux, le ciel rouge celui du milieu et le ciel nocturne, en bas, celui des esprits. Tous trois étant la grande triade tournoyante entre l'âme, le corps et l'esprit.

L'année ramenée au même principe voyait sa période claire, sa période obscure et ses transitions. L'ensemble ne formant en fait qu'un tout, ils ne réduisaient pas leur concept en tranches mais en une entité indissociable.

Cet holisme s'appliquait également au principe de l'humain qui était, dans leur concept, tout à la fois homme et femme, père et mère. Ils ne trouvaient leur harmonie que dans une complémentarité également indissociable.

Le yin et le yang avec leurs inclusions et leur harmonie, établie comme un tout.

Posé ainsi, le concept de l'humain évolué se retrouvait dans le symbolisme du Sapin, arbre sacré des gaulois. Tout en exprimant en haut dans ses ramures ce comme étant le reflet de ce qui est en bas dans ses racines, l'inverse en était forcément le pendant indissociable. Ainsi, l'arbre humain s'imposait comme le psychopompe permettant le voyage des esprits par le monde du milieu jusqu'au ciel diurne.

L'apprentissage passait toutefois par la réduction analytique de chaque élément pour ne mieux que le resituer dans un contexte global.

Voyant les astres solaire et lunaire se succéder tout comme parfois occuper le même ciel, il devenait évident que le combat entre le sombre et le clair pouvait se prolonger au delà des apparences de la simple lumière, en empiétant l'un sur le domaine de l'autre.

Ainsi le ciel diurne était aussi la jeune épousée devenant père et mère à la fois.

Alors, assis sur le rebord du monde ou allongé dans le sable millénaire d'un désert, devant la mer immense d'un vert profond ou sous la voûte étoilée, l'humain ne se retrouvait que mieux face à l'univers qui était autant en lui qu'autour de lui.

Il vivait dans la nature qui était sa nature et elle ne lui en parlait que mieux de l'intention du principe créateur vivant, influant et liant toute chose la composant.

La mer immense et profonde, d'un vert émeraude devenait ce temple magique dans le quel se reflétaient le soleil, la lune mais aussi les représentations des éléments maîtrisés en leurs sens premiers.

Depuis les crêtes de Madres, nos ancêtres pouvaient contempler tant la mer primordiale que celle des montagnes se succédant en vagues immenses avec leurs cimes enneigées d'une écume rayonnante. Les estives printanières les attiraient cycliquement sur ces hauts lieux magiques éternellement plus proches des cieux Pyrénéens. En faisant leur transhumance, ils devenaient des dieux maîtres des esprits du temps et de l'espace. Druides et rois, ils étaient serviteurs et voyageurs éternels de ce présent qui perdure parfois sous les pas agiles de quelque isard ou dans le geste de celui qui plongeant ses mains dans la source glacée y contemple les eaux bouillonnantes comme riches d'autant de rêves venant éclater à la surface d'un monde magique.

Gilles.

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