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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables
Craquito.

Craquito le jongleur.

C'était un temps comme aujourd'hui. Un temps de pénurie.

Sur la place du village Capcinois, l'attraction attirait un public à ravir.

Petit, gros, roublard au possible, Craquito le jongleur, n'était certainement pas ce que l'on fait de mieux comme modèle de sincérité.

Comme tous les petits truands, une certaine vivacité aiguisait son regard et la moindre occasion de nuire lui échappait rarement. L'habilité naturelle de ses tours lui permettait aisément de leurrer l'attention du public pendant que ses complices détroussaient à qui mieux mieux.

La seule peur qui le hantait, c'était de se faire dévoiler, ce qui ne manquait parfois que d'arriver fatalement. Déménager en devenait vite une habitude. Si elles guident notre vie, elles sont aussi épuisantes de trop de répétitions. Vient toujours un temps, celui des bonnes résolutions et par là de durer contre ce qui épuise.

Mais le vice est souvent plus fort que la raison.

Alors, dur de résister. Dés que le créneau s'ouvrait, autant que les bouches béantes, les poches suivaient. Plus d'amis, plus de voisins, bref un vrai bonheur ce garçon !

Accouru, plus qu'arrivé, la première prudence ne dura cependant que le temps de l'illusion. Un jour, le masque tomba.

Auréolé de la certitude de ceux qui se croient au dessus des autres, ce n'était pas sans une certaine fierté qu'il était prêt à en remontrer à quiconque n'était pas assez fort pour lui tenir tête.

Donc, il gagna la confiance que pour mieux la trahir.

L’âne du village, plus sage que fainéant, l'observait en silence. Le pourpoint attractif et la parole facile ne lui avaient pas échappés. Il se mit à braire, mais nul ne l'écoutait. Dérangeant le spectacle, on s'enquit de le faire taire. Quelque homme en arme tenta de l'éloigner de la scène. Mais, l’âne revenait prévenant et lassant, il finit par se taire en attendant le propice moment.

Il se demandait si le manège joué continuerait de tourner rondement ou si par quelque soubresaut, le jongleur ne laisserait pas choir ce qu'il faisait voler.

N'ayant point de poches, les complices ne pouvaient lui ravir que quelques maigres chardons piquants à souhait.

Tournant le dos à l'amuseur, du coin de l’œil, l’âne espérait le temps et l'ouverture pour, d'une ruade, briser l'illusion et qu'à cet instant, les voleurs surpris autant que le public, fassent quelques mauvaises manœuvres.

Tout vient à point à qui sait attendre !

Ce qui ne manqua point...

Cependant, Craquito voyait l’âne et savait que celui ci le voyait. Donc, il se mit à tourner s'éloignant et glissant en entraînant aussi la foule dans une spirale infernale.

L’âne, lui ne bougeait pas.

A force de valser, il en vient une ivresse faisant perdre toute lucidité. Alors qu'il le croyait égaré dans le flou d'une vision tournoyante, il reçu la décharge qui le fit trébucher. Roulèrent alors au sol, les couleurs du mensonge, les quilles et les boules.

Le sort était brisé et sentant la main d'un maraud, chacun se ravisa autant qu'il le put.

Il devint évident ce qui ne l'était pas et ses complices sacrifièrent Craquito comme commanditaire plutôt que de se voir suspendus en de hautes futaies.

Mis au ban de la société, Craquito du encore déménager et les voleurs par d'autres moyens, de voler.

Plus que le spectacle, une bonne ruade est parfois salutaire.

M'en voudriez vous vraiment si par ce qui vous assoie, je provoque le réveil d'une sensibilité endormie par l'illusion.

Depuis, si l’âne braie, le voleur se méfie de ce qui le renverrait à l'arbre de justice.

Sachons donc écouter la voix de la sagesse qui, si discordante qu'elle soit, révèle le larron et la foire qu'il manie.

Bien des pèlerins se voient souvent abusés en suivant un cortège que d'autres utilisent en de sourdes intentions. Si l’âne vous prévient n'attendez pas la ruade, votre bourse serait vide avant que de le dire, vous ne l'ayez senti.

L'illusion jamais ne dure et le réveil est souvent douloureux d'un rêve envolé qui vous laisse sur le cul et les poches bien vides...

Ce n'est toutefois qu'un conte et si je vous distrais, je ne vous ai rien pris qu'un peu de votre temps et peut être un sourire sorti de la grisaille.

Bonne journée à tous. Le conte est achevé et l’âne n'a pas fini de braire...n'en déplaise aux voleurs ainsi qu'à leurs complices.

G.

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