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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Je viens de supprimer le premier jet de cette fable pour la retravailler plus précisément.

Je recherche donc tout élément qui se rapporte à une période entre 1212 et 1400 environ...

Toute aide sera la bien venue.

Dès que je le pourrais, je publierais cette épopée dûment corrigée...

En attendant voici l'ébauche...

Elvira.

Cette fraîche matinée, perlée de diamants et dont les voiles de brumes légères s'accrochaient encore aux reliefs de la plaine, ne se lassait pas d'imprégner de magie cette haute terre Capcinoise.

Le tapis émeraude atténuait sous la fraîcheur son agressive volonté florale.

Sous un ciel d'azur profond, visité de quelques hauts nuages immaculés, même l'air semblait retenir son souffle. L'immense étendue forestière demeurait immobile et sous son couvert, les hardes paisibles de biches et de chevreuils rentraient d'une nuit au gagnage.

Un renard s'attardait sur un monticule, une grosse taupe posée devant lui. Toute la nuit il n'avait cessé de se relayer avec sa renarde d'allers et venues riches de mulots et autres petites proies.

Six petits dévoreurs engloutissaient joyeusement l'abondante récolte de cette belle nuit estivale.

Dans quelques heures, lorsque la terre se serait ressuyée, ils sortiraient de la tanière pour une multitude de jeux.

Dans cette pause, le renard observait la plénitude paisible des prairies et la lenteur de chaque mouvement animal. Tout n'était qu'en délicatesse et d'une précision économe du moindre bruit. Seule la Lladurre bruissait en rappelant l'orage de la veille et celui qui ne manquerait pas de se manifester cet après midi.

Un long rayon solaire vint frapper les cimes des pins sylvestres et commença de glisser le long des écorces orangées.

Un écureuil, se sentant poursuivi par cette lumière intruse, se dissimula derrière une énorme souche occupée par un pic noir et sa nichée de becs affamés.

Peu de temps après, la forêt résonnait des mitraillades répétées.

La journée commençait et chaque oiseau tenait à pousser son allégresse la plus bruyante dans cette mélodie sauvage marquant le réveil de ses diurnes habitants.

Une chauve souris attardée sous l'épaisse frondaison papillonnait en cherchant son chemin de retour vers la caverne du clan.

Le renard redressa soudain la tête, ses oreilles pointées vers l'orée toute proche. Ses yeux perçants exploraient minutieusement chaque détail sans déceler l'origine quasiment imperceptible de ce qui captivait toute son attention.

Tiraillé par l'envie et le besoin, il hésitait. Là bas, la marmaille devait s'impatienter et mordillait à qui mieux mieux les oreilles de sa compagne. Cette grosse taupe devrait bien laisser un peu de répit avant la ruée vers le soleil et les courses poursuites.

Cependant, la curiosité grandissante commençait à l'emporter pour une imprudente visite vers l'orée mystérieuse. Cachant sa prise sous terre, il s'approcha d'un buisson d'où semblait venir de petits gémissements.

Dans un grand panier de noisetier tressé émergeait quelque chose de pileux.

Alors que le renard glissait furtivement vers cette chose inconnue, une main surgit du panier. Non pas de ces grosses mains velues qui posaient les collets et empoisonnaient les terriers, non, quelque chose de tout petit, de fin et qui faisait un geste rond et lent. Cette petite main semblait l'appeler...

Il se pencha craintivement et vit alors cet être si petit et fragile qu'il aurait pu n'en faire qu'une bouchée. Elle était enveloppée dans une étoffe bleutée brodée de fleurs et portant quelques signes inconnus.

Alors le renard qui ne savait pas quoi faire de cette petite chose pépiante faillit sursauter lorsqu'une deuxième menotte lui caressa la gorge.

A part son attentionnée compagne et quelques rares fois ses petits renardeaux, nul ne l'avait ému autant par un simple geste. Dans son regard de feu sauvage un voile vint troubler ses pensées.

S'il ramenait cette étrange créature, elle ne pourrait survivre longtemps au fond du terrier. Puis, pour la déplacer, seul, ce serait fastidieux et pour l'amener où, à qui ?

A ce moment d'inquiétude en suivit un autre d'autant plus sévère car des rives de l'Aude montait les aboiements d'une meute en chasse.

Il vint une idée aussi saugrenue qu'audacieuse à notre renard de la Matte. Au lieu de fuir avec sa taupe et de laisser là cette petite chose, il fonça droit vers la chasse en cours. Sans perdre le fil de son plan ingénieux, il redoubla la voie de lièvre que les chiens suivaient avec fort tapage. Il la tripla en lâchant ses odeurs les plus fortes. Les chiens de race Ariégeoise confondirent bientôt les émanations et laissèrent la piste du capucin. En bas le meneur s'en aperçut mais il était trop tard, le dernier chien venait de disparaître sous le couvert forestier. Il fallait courir au plus droit et tenter d'arrêter l'équipage avant que ce maudit renard ne l’entraîne sur les terres paroissiales des Angles. Coupant par les genets, il fut trop court cependant pour arriver à bonne portée. Le jeune noble qui suivait la scène de son fidèle destrier, le lança aussitôt sur la voie bruyante de la meute en folie.

Recoupant entre les fûts à l'écorce rugueuse et ébloui par de puissantes percées de soleil, il ne vit pas une branche basse qui le frappa en plein front.

Étendu, les bras en croix et la tête douloureuse, il tentait de se relever lorsque devant lui, un renard s'avançait en traînant tant bien que mal un de ces grands paniers dont se servent les paysans pour leurs récoltes de simples.

L’animal lâcha son fardeau, le regarda avec insistance et dès qu'il entendit le retour de la meute, il détala avec une grosse taupe dans la gueule.

Le jeune noble barcelonais restait là les jambes écartées et le cul dans les épines de pin qui avaient amorti sa chute. Il se releva tranquillement et s'approcha de cet étrange panier que lui avait manifestement laissé intentionnellement ce féfié renard.

Se penchant à son tour, il fondit littéralement dans une joie mêlée d'une admiration soudaine pour cette petite frimousse à l'épaisse toison dorée. De grands yeux bleu gris le fixaient et une risette s'esquissa sur le visage de l'enfant.

La meute arrivant en désordre fut immédiatement stoppée et remise en ordre de marche. Quelques coups de fouet claquèrent pour faire entrer les récalcitrants dans les rangs. L'équipage reconstitué s'ébranla derrière le meneur et le jeune noble emporta sur son destrier sa toute jeune conquête.

Un des marauds lui lança un mot qu'il ne saisit qu'à moitié. "Elle vivra" était devenu Elvira. Ce prénom résonna dans la tête du noble comme un coup de tonnerre. Il la ferait baptiser ainsi.

Cet abandon ne put être sanctionné car nul alentour ne put indiquer l'origine probable de cette enfant. Alors, après avoir trouvé une nourrice dans un village de Cerdagne, la cour retourna vers sa capitale pour y passer la morte saison.

Si elle ne venait pas d'une famille locale, alors qui ?

Ne pouvait elle pas avoir été laissée par quelques migrants fugitifs ?

Le jeune noble voulait en avoir le cœur net.

Sur les terres du conte de Toulouse, grandes désolations. La gente mercenaire payée à grand coup d'indulgences et de pillages sur le peuple, faisait régner une terreur peu commune.

Beaucoup de familles fuyaient ses persécuteurs et malgré qu'ils aient franchi la frontière, ils n'étaient pas saufs pour autant. Nulle Salveté pour les hérétiques...

Les soudards les poursuivaient au delà de toute limite raisonnable et violaient en permanence les hautes terres en débordant depuis le château de Sö et celui de Quérigut. Sous la pression, certains abandonnaient à la hâte et à la volonté de Dieu ce qu'ils avaient de plus précieux. La moindre cache était propice à dissimuler livres, méreaux et autres trésors de vérité.

Cette enfant, emmaillotée dans ce tissu azuré, brodé de fleurs, ne pouvait avoir été laissée là par hasard, ni encore moins par les paysans chasseurs du Capcir.

Pour eux toute vie était sacrée. S'ils étaient sanguinaires au combat, leur cœur les gouvernait et ils soignaient les blessés comme s'ils étaient des leurs.

Abandonner une enfant ne pouvait être de leur fait. Ils l'auraient confié à d'autres familles même ennemies plutôt qu'à la merci de bêtes sauvages.

Le jeune noble de Barcelone fit venir un de ses plus fins limiers. Guilhem était issu de longue lignée de ces peuples farouches et braves vivant sur les hautes terres.

Sa peau tannée sous le soleil des terres Catalanes était lézardée de cicatrices reçues dans les mêlées les plus fortes. Cependant il avait survécu par la grâce des soins dont les siens faisaient grand secret.

Son esprit de vif argent n'avait d'égal que sa loyauté sans faille.

Loin d'être un colosse comme ceux de la garde royale, sa taille basse faisait contraste parmi la gent de cour. Cependant, il était comme une anguille dans le vivier du peuple et nul ne le remarquait vraiment. Maîtrisant toutes les langues communes avec les nuances d'accent si propres aux terroirs, il pouvait aisément se faire passer pour n'importe quel rescapé de guerre, tant il en était de ceux qui n'en revenaient pas...

Guilhem avait toute la confiance du noble qu'il avait gagnée non pas par son nom mais par son assiduité à le sauver au péril de sa vie.

Leurs rapports étaient plus ceux de frères d'armes que de suzerain à vassal.

Bien que la cour soit profondément Catholique, la chrétienté dont faisait mystère ce guerrier des hautes terres relevait certainement plus de connaissances anciennes que de la pure orthodoxie. Le noble fermait les yeux, du moins un et gardait admiration et curiosité de l'autre.

De fait, il se sentait plus en accord avec Guilhem qu'avec la rigidité dogmatique de certains prélats n'affichant de la religion qu'une image de façade.

Corrompus, avides de richesses et de pouvoir, ils étaient bien loin de l'exemple que représentait leur messie.

L'étroitesse d'esprit dont ils faisaient preuve se situait bien souvent à l'inverse des ordres monastiques sur les quels reposait l'église de foi.

Guilhem s'enquit du linge qui enveloppait la petite Elvira et se mit en route vers les terres du Capcir.

Remontant la vallée de Torello vers le col de Tossas, il interrogeait alentours sur les passages des familles de migrants depuis l'été précédent.

Partout les troupes se reformaient et les rumeurs de combats s'amplifiaient.

Le Roy viendrait il en secours à ses parents et alliés d'Occitanie ?

Pour l'heure, rien de probant. Quelques rescapés étaient passés sans trop d'encombre et avaient gagné Barcelone d'où la plupart s'étaient embarqués, avec pour destination finale, la Lombardie principalement.

Quelques jours plus tard, Guilhem fut accueilli chez les M... de Cerdagne qui devaient servir de relais avec la conté. Rien de neuf non plus.

Le lendemain, après avoir convenu de codes particuliers, il fit ses adieux et reprit sa quête vers les brumes Capcinoises.

Le col de la Quillanne et la route qui le traversait vers le cours de l'Aude étaient couverts d'une surprenante couche de neige. Ici, il pouvait en tomber à tous les mois de l'année.

Il descendit par le casteillet jusqu'à la tour de Créu et y prétexta d'une faiblesse de sa monture pour consulter les familles qui vivaient là.

La veille de la fameuse chasse au lièvre pendant laquelle la petite Elvira fut miraculeusement recueillie par le jeune noble, il y eut une échauffourée avec des éléments mercenaires qui poursuivaient une famille de nobles Occitans.

Une partie avait été exterminée et il semblait que les Français n'en eussent capturé que certains pour les conduire à Carcassonne afin, dit on, de les juger et certainement de les immoler par le feu.

Or les troupes Catalanes, gardiennes du col des Hares, abattirent un certain nombre de ces soudards sans vergogne et les prisonniers rescapés purent à nouveau s'enfuir sans laisser plus d'indices que quelques effets tachés de sang.

La prochaine étape guiderait donc Guilhem vers la forteresse de Mont Réal autrefois appelée Puig Balados.

Se faisant reconnaître de la maison comtale auprès du sieur garant du château et de lui seul seulement, Guilhem essaya de récupérer une partie des effets abandonnés.

Une longue écharpe richement brodée portait en son centre un arbre aux racines apparentes et dont le branchage équivalent plongeait dans un ciel azuré.

Guilhem sentit un frisson parcourir son échine. Il connaissait cet emblème. Rien pourtant n’aurait pu le remuer aussi profondément que de savoir les siens en péril aussi grand. Elvira serait apparentée à sa maison d'origine...

Pour l'heure, si rien n'était vraiment sur, la conviction profonde qui s'établissait avec force était bien liée à cet arbre de vie qui faisait le lien entre le haut et le bas.

Retrouver les rescapés allait donner une suite périlleuse à la mésaventure de Guilhem.

Il lui faudrait traverser les lignes occupées par de nombreuses troupes du Nord dont il ne connaissait pas forcément les langues et coutumes.

La nourrice avait défait son corsage et sa poitrine généreuse s'offrait à la petite Elvira. Cette jeune paysanne aux seins lourds, jadis au service d'une des plus illustres familles de Cerdagne, s'était vu choisie par le jeune noble sur la proposition expresse de ses maîtres.

Elle avait perdu son enfant en bas age et allaiter la soulageait doublement de sa peine et des nombreuses taches qui lui étaient confiées.

Cette immense ferme aux terres emblavées de seigle et de blé se voyait également le lieu de nombreux élevages. De la volaille aux chevaux lourds, l'ouvrage ne manquait pas, d'autant que le maître tentait toujours d’innover quelques expériences qu'il avait glané sur d'autres terres pendant ses voyages.

Noble certes, mais à l’œil vif et au pas alerte, il ne manquait jamais de se rendre par lui même jusqu'aux limites extrêmes des contrées connues pour tenter d'y découvrir quelque originalité.

Ses mossos cultivaient autant la crainte de ses colères froides que l'admiration de l'étendue de ses connaissances.

S'il n'avait que la parole leste, mais le geste était autant habile à ensemencer la terre que parfois quelque servante aux formes généreuses.

Elle en savait quelque chose...

Aussi, dés son malheur avéré, le maître n'avait il eu de cesse de lui trouver un remplaçant pour la tétée, dans le but tout aussi inavoué de l'éloigner aussi quelques temps.

Sait on jamais...

Avait il eu de la peine de vivre une perte qui le touchait en mettant en doute la viabilité de sa descendance ? Lui seul, ténébreux et renfermé à ses heures sur ses secrets, pouvait le savoir.

La nourice regardait la petite Elvira s'endormir aprés avoir englouti sans précipitation une quantité non négligeable de ce bon lait Cerdan.

Elle la berça en fredonnant un de ces couplets que chantent les bergers pendant leurs transhumance vers les estives.

Il y était question d'un rosier dont les fleurs ne périssent jamais et que les troupeaux contournent avec un étrange respect.

A ce moment, le jeune noble fit irruption dans la pièce.

Il se pencha sur Elvira et la regarda attentivement. Ses yeux cherchaient semble t'il quelque détail précis, comme pour se rappeler ce qui l'avait autant accaparé lors de leur première rencontre dans la forêt de la Matte.

Il ressortit avec l'air encore plus sombre qu'il n'avait en entrant...

Quelque chose l'intriguait. Était ce le regard bleu gris d'Elvira, ses cheveux d'une blondeur mêlant l'orge bien mur et la croûte de pain frais, la forme harmonieuse de son visage ou cette finesse de peau diaphane ? Peut être un peu tout à la fois...

Plus que tout, émanait de cette petite fille une douce énergie qui lui rappelait un temps lointain. Une autre époque, un autre ailleurs remontaient en langueur inassouvie. Partagé entre la joie et le regret, le jeune noble sentait son cœur vaciller devant cette enfant dont il ne savait rien de sur.

Le carré magique que lui avait laissé Guilhem était ostensiblement posé sur son bureau. Il n'aurait servi à qui que ce soit de curieux sans la liste des mots d'ouverture. Ils changeaient en fonction de la date inscrite en haut du message codé. Mais, depuis son départ, toujours rien.

Sur le soir, un cavalier dépêché par M... franchit le porche. Il lui remis un tube de cuir servant d'étui à une feuille de parchemin scellée à la cire noire. Nul doute, c'était enfin des nouvelles de Guilhem.

Il lui fallut deux longues heures pour déchiffrer de bien piètres nouvelles. Guilhem allait tenter de retrouver les survivants de la famille d'Elvira, si du moins l'étaient ils vraiment.

Il lui faudrait quelques soutiens substantiels qui devaient lui être remis par l'intermédiaire des tisserands de Mazamet. Le maître fit le nécessaire auprès d'une riche famille de Barcelone qui possédait une affaire dans cette ville ouvrière d'Occitanie. Pas de hasard, ne pouvant passer par le Sud pour fuir, ils tentaient de remonter vers le Nord pour échapper en contournant la terre dévastée par les croisés.

Guilhem tenait certainement une piste fiable.

Cependant, il fallait s'occuper des affaires du Pays et du soutient que demandait le conte de Toulouse. Mobiliser l'armée à la belle saison ne se faisait pas sans préparatifs. Le ravitaillement que ce soit en vivres ou en munitions, armes ou effets, sans compter sur le campement, toute la logistique prenait une ampleur considérable. Or une armée ne peut rien sans eau pour ses racines ni forces pour ses bras.

De nombreux chariots devaient suivre avec l'intendance. Tout l'avant dépendait de l'arrière mais aussi de ses flancs. Organiser l'itinéraire comprenait une connaissance parfaite du terrain en tous temps et une surveillance organisée par avance. Sans donner suite immédiate à la demande du Toulousain, le Roy, Pierre II, avait pris les mesures de précaution. Il avait dépêché nombre de missionnaires organisés en réseau pour explorer et surveiller en permanence toutes les parties du trajet situées sur ses terres. Au delà, la tâche se devait plus discrète et tout autant coûteuse. Il fallait rémunérer les espions et leurs indicateurs.

Faire circuler les sommes requises ne pouvait se faire sans le soutient de la guilde marchande acquise à la cause et c'est par les familles de Barcelone et de Cerdagne que s'établit un solide système bancaire garanti par quelques donations de terre et la constitution d'un trésor conséquent. Pas question de pillages en terres amies et ponctionner les populations traversées ne pouvait se faire raisonnablement sans leur consentement et leur complicité. Les négliger eut pu se retourner contre l'armée si fragile en convoi et si exposée aux embuscades.

Un harcèlement bien mené aurait pu anéantir tout espoir de réussite, bien mieux que le pire des combats en terre boueuse.

Le jeune noble écrivit quelques mots destinés aux M... pour leur demander de bien vouloir s'occuper d'Elvira durant l'année qui suivrait. Évidemment ils seraient indemnisés et ce d'autant plus qu'ils ne pourraient participer aux actions glorieuses que chaque noble attendait fiévreusement pour se couvrir de gloire, mais aussi d'or...

Barcelone se préparait à la guerre et la cour serait réduite au minimum nésséssaire à la gestion et à la bonne marche des affaires.

Tous les vaillants disponibles piaffaient de partir combattre les troupes du Nord et de les repousser hors du midi sur lequel ils constituaient une sérieuse menace d'invasion vers l'Aragon et la Catalogne.

Une année de préparatifs divers occupait la morte saison. Au retour des beaux jours, les nobles renoueraient avec la tradition guerrière, délaissant les troupeaux, les terres et leurs fiefs pour chevaucher de fiers destriers équipés et parés pour donner toute chance de transformer en héros chaque cœur de brave et ainsi l'imprégner d'une immortalité légitime.

Cette épopée n'était pas sans rappeler celle de l'armée grecque en partance pour assiéger Troie. Qui serait Achille et se couvrirait de gloire ? Qui serait Pâris pour décocher quelque trait salvateur dans la partie faible du héros ?

Peu importait la tragédie qui allait se nouer. L'insouciance prenait un pas d'ivresse sur le quotidien. La vie devenait plus belle parce que chacun se mettait à vivre comme s'il allait mourir demain.

Partout l'armurerie tournait à plein régime et les forges Catalanes ne manquaient pas d'ouvrage.

Le charbon des forêts descendait en long convoi de mulets et tout ce mouvement qui se répercutait à chaque niveau des préparatifs, donnait à l'économie un véritable coup de fouet.

Le jeune noble dont les origines s'établissaient de l'autre côté des Pyrénées, dans le fief familial de Ria, s'enquit également de ses effets.

Armures et côtes de maille demandaient des essais et des réajustements quotidiens qui ne pouvaient se faire que par les observations en combat.

Aussi consacrait il une partie de chaque journée à l'entrainement avec sa garde et quelques experts recrutés pour compléter la connaissance des nouvelles techniques d'actualité.

Le Roy mènerait la stratégie, mais sait on jamais...

Aussi le jeune noble revoyait il avec avidité les mouvements de troupe que les plus illustres généraux avaient su déployer devant chaque cas de figure guerrière.

Il ne sous estimait aucune source et s'imprégnait des savoirs autant que des expériences d'anciens soldats qu'il interrogeait longuement.

Alors que la fièvre des batailles poussait à un romantisme exubérant, Guilhem se fondait dans une nature hostile...

Fin de l'ébauche première

Gilles

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