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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

Guerre des cieux, guerre des dieux !

L'été qui commence a fini d'étirer ses journées comme un chien lévrier. Déjà il se ramasse et fait le dos rond face à l'obscurité qui grandit.

Là haut, il s'en passe des choses !

Ça remue dans les nuages, ça gronde, ça tonne et les lances de feu traversent l'espace en irradiant le soir qui s'enflamme. Il y a du sang dans les cieux et cette pluie qui tombe devient celle de larmes innombrables sur un deuil de certitudes...

Chaque année nous ramène au seuil d'une journée. L'aurore et le crépuscule se noient dans le mélange de la pourpre et du sable qui viennent en cédant aux nuages immaculés. L'espace et le temps se convoitent la place d'une guerre qui dure depuis que l'homme a projeté son image sur tout ce qui l'entourait.

L'homme, en voulant éclaircir, a poussé la ténèbre qui s'empresse déjà d'engloutir la lumière recherchée. Plus rien n'est plus pareil et les noms se bousculent au Parthénon des dieux. La terre à trop d'amants qui se déchirent en orages et qui tour à tour vivent, pleurent, saignent et meurent que pour mieux revenir nous charmer. De ces cycles de vie, sans cesse recommencés, il en naît un dragon qui se mordrait la queue.

Chacun, alors, impuissant, n'ose lever les yeux de peur de croiser le regard des géants qui gouvernent les cieux. Pour les hommes harassés sous le joug de la fatalité, chaque jour dure une éternité. Alors, vu de là haut, ces détails qui remuent, qui naissent et se tuent, n'ont pas plus d'importance qu'un battement de cils dans l'infiniment grand. Pas de visage dans les nuages, mais cependant entre deux paysages, un temps qui mesure et définit l'ouvrage de la morte saison.

Les cieux vivaient en paix avant qu'on leur donna des noms pour les apprivoiser.

Des cieux aux dieux, une lettre changea et sous la plume, d'un trait, tout se modifia.

Plus que l'éclair déchirant, l'encre a fait des taches sur le linceul du monde. Dans les yeux effrayés, les âmes décharnées de leurs jeunes espoirs se mettent à danser. Une macabre gigue à l'allure endiablée y contraint les passants de bien vouloir se mouvoir et de gesticuler. A bout de souffle, la chair tombe des os, puis, la poussière retourne à la terre dans un dernier sanglot.

Rien pourtant ne se perd et puis tout recommence. Seuls les noms ont changé, les grimaces demeurent sur les faces tournoyantes autour des mêmes faits.

Pourtant, le fou, l'inconscient qui lève les yeux voit une lune ronde et comprend que sous ses pieds imbéciles, la terre en est de même. Si la lune se meut, nous en faisons autant. Alors, les cieux se figent et c'est la terre qui tourne et nous qui voyageons en restant immobiles. Tout comme le Soleil qui lui aussi vagabonde se croyant le centre d'un monde, il n'est lui même qu'une lune déclinante dans un ciel toujours plus grand. Nous nous croyons si forts que les autres se brûlent sous nos mains agissantes. Ce n'est qu'en vieillissant que ce qui nous aveugle devient plus transparent. Alors, s'il n'est trop tard, nous nous alanguissons aux anneaux de Saturne d'une automne qui dure pour ce qu'elle nous amène aux portes de l'hiver.

Même les fous ne sont plus ce qu'ils étaient et les sages se meurent de se voir remplacés par ceux qui mortifient les hommes au nom d'un ciel vide de toutes les espérances. Encore un nom déformé et des vies emportées sous le joug imbécile de ceux qui regardant la lune ne voient plus les cieux qui la portent.

Le rouge du couchant se mêle au sang des hommes et le silence noie la croyance d'un peuple dans la mort d'un hiver bien trop long.

Alors, dans le retour du cycle, serons nous à nouveau ceux qui se déguisent sous le poids du fardeau ?

Ce conte guerrier glisse dans la nuit d'un été qui commence. Tournera t' il la page sans cesse réécrite sur le fond d'une image insensée, que ce qui nous relie n'est pas ce qui nous défait ?

Par la mort qui revient et son rire grinçant n'y verrons nous donc pas cette farce infondée sur fond de vérité ? A l'hiver qui finit, en revient le printemps. La saison des dieux et puis celle des hommes s’infléchissent dans le cercle spiralé de notre galaxie.

Puissions nous nous surprendre et que nos âmes étonnées en saisissent la trame de cette sagesse antique enfin débarrassée de nos jeux imbéciles et de ses enfants morts nés. Alors les cieux vides de noms déformés retrouveront peut être ce pourquoi ils sont faits, la Paix et le silence dans le vide grandissant de l'univers qui s'étire comme un chien lévrier au soleil de l'été...

Gilles.

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