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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

La fée du Cirérol.

Il est une roche levée par la main et qui abrite la disparue des temps anciens.

Elle était, dit on, fée ou peut être sorcière. Fée pour les uns, sorcière pour les autres ? Son nez sans flair n'était pas celui d'une reine car elle ne sentait que par ce que lui disaient ses sbires dévoués. Elle était leur cerveau et eux en étaient les sens.

Cependant, si elle avait quelque pouvoir, elle était frappée d'un sort étrange. Ce qu'elle disait devait se faire, mais elle ne se rappelait jamais de ce qu'elle avait dit. Ce qu'elle faisait devait ne pas se dire, mais elle ne se rappelait que de ce qui plaisait et non pas de ce qui pouvait fâcher.

Sa vision sur le monde en était faussée. En ce qui était courbé elle ne voyait que droiture. Elle ne possédait aucun outil, car d'ouvrière, elle n'avait d'idée que celle que l'on se fait par l'imagination de ce que l'on ne connaît.

Le seul niveau qu'elle percevait était celui du sol et encore vu d'une certaine hauteur.

Pour l'aplomb, elle n'en manquait guère, si ce n'était que le fil de ses idées n'allait que dans un sens, le sien.

La seule règle qu'elle connaissait était celle qu'elle s'appliquait à faire respecter par les pouvoirs qui lui avaient été transmis. Donc, ses archers étaient faits d'un métal assez rigide pour qui n'allait pas dans le sens de la règle artificielle et imposée par la dite fée.

Or, un jour naquit un oiseau au plumage de feu qui bien que pourchassé ne chantait que de plus belle. Son langage parlait au cœur des hommes et les enfants savaient deviner derrière les trilles, la couleur de l'espoir et la force de la lumière.

La fée ne s'en savait que plus amère et fit taire puis brûler le dangereux volatile.

Cependant les cendres dispersées vinrent en chaque maison, en chaque rue, en chacun des habitants du pays. Alors, les paroles des hommes furent comme le chant de l'oiseau. Et, le chant de l'oiseau vivait dans la parole des hommes.

La fureur de la fée fut si grande que la terre en trembla, le ciel s'obscurcit et l'on ne voyait plus son voisin et les gens allaient en peine de voir le lendemain.

La terre fut si meurtrie de tant d'injustice et de larmes qu'elle se mit aussi à pleurer, le ciel en fit autant. A force de se vider par trop de malheurs, la terre se déchira, avalant la fée et ses archers. Lasse de les supporter en son sein elle les vomit en pierres inégales. Plantées ça et là elles gisent encore dans la forêt que la mousse de l'oubli recouvre.

Le ciel retrouva son éclat. Depuis chaque matin voit l'oiseau de feu prendre son envol pour en faire le tour. En lui l'espoir de vie et la lumière des hommes.

Méfions nous des fées dont le discours n'est qu'un enchantement que nous autres mortels, finissons par payer de nos désillusions.

Si d'aventure vous menait vers les vallons du Cirérol, un ruisseau tordu serpente entre des pierres inégales que surplombe un étrange rocher.

Méfiez vous alors des murmures du vent. D'entre les arbres montent parfois les paroles d'une fée qui par ses maléfices a tenté de détruire le phénix qui vit en nous.

Si ce n'est qu'il renaît de ses cendres, il faut du temps au temps et de la force au coeur pour retrouver l'éclat et la vigueur que l'oiseau inspira.

Sachons nous rappeler, sachons ne pas oublier.

Gilles.

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