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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables
Ursus Capcinés.

Ursus Capcinés.

Toujours pas de nouvelles ce matin ?

Alors, c'est que tout va bien !

Un viel ours bourru et tellement déçu de ses congénères vivait reclus non pas au fond de sa caverne mais dans la peau d'un autre animal...

Chaque mois, de cet hiver qui n'en finissait pas de finir, il sortait pour aller visiter allentours. Ailleurs il redécouvrait ce qu'il connaissait ici et chacun de ses regards revenait chargé d'une lumière toute neuve.

Non pas que c'était mieux ailleurs, car partout les mêmes causes provoquent les mêmes effets. Non, ce qui était nouveau, c'était de voir de l'extérieur ce qui se passait à l'intérieur. Finalement, ce qui nous parait usé et coutumier chez nous, devient presque magique quand il est redécouvert sous le vécu d'un autre angle de vision.

Cependant, les maux restent les maux et s'ils se reconnaissent, il est d'autant plus dur de les admettre lorsqu'ils vous concernent personnellement sur votre territoire.

En celà, l'ours l'avait compris et chaque voyage lui parlait de lui autant que de ses proches là haut, endormis.

L'ours est un prédateur qui saisit ce qu'il prend avant de le toucher. Il vous laisserait vous noyer plutôt que de manger un repas bien trop fâde qui le dégoûterait.

Sa stratégie était de vivre en laissant venir à lui ses proies destinées, qui longuement observées, tout en croyant le fuir, se jetaient dans ses bras.

Bien des animaux, se croyant intelligents et par là dominer autrui, autant que leur milieu. Par l'endroit où ils pêchaient, se trouvaient être des proies plus faciles que d'autres. Venant à point nommé se livrer d'elles même et qui, de fuyant un danger qu'elles croyaient passé, s'y jetaient de plus belle sans ne plus voir où elles allaient.

La logique de l'ours est plus faite d'observations, en silence parfait, que de remue méninges inutiles et surfaits. Il chasse avec le coeur ce que d'autres se meurent par l'esprit. Cependant, si l'ours dévore ce qui l'intéresse, il fuit pour autant l'attitude faite de mauvaises habitudes.

Digérant dans sa grotte, sous les replis de la montagne Capcinoise, il délaisse alors son habit d'homme et reprend sa fourrure qui le protége du froid.

Seul en fait, il ne l'est pas. Vous le croyez ici et il vous attend là bas. Devançant l'inconnu, plutôt que de le suivre, il inove sans cesse et pour lui, ni le temps ni la distance ne sont obstacles qu'il vive en les contournant d'un sommeil illusoire de sens primaires qu'il laisse aux rêveurs que nous sommes parfois.

Sous le creu de sa mère, le seul deuil qui le frappe est celui salutaire qui lui montre la voie. Plus que sous le midi, sa grotte est éclairée et c'est bien en celà qu'il perçoit mieux que quiconque en pleine obscurité. Il se nourrit de l'ombre que génère vos pas et par magie, se permet ce que nous nous interdisons au soleil et qui brûle nos vies en un triste combat. L'ours sait se pardonner autant que de s'aimer. S'il partage un repas d'airelles ou de framboises, le miel dont il raffole l'ennivre au point de ne laisser à nul autre la chance d'en profiter. Il en est solitaire par la sagesse de ce qui lui est personnel et qui l'enrichit plus que ne le nuit.

Dehors, la neige volette encore et ce mois de Mai qui touche à sa fin ne voit en rien venir Juin et sa lumière au plus haut. Patience cependant, l'ours sort de sa caverne et saura bien assez tôt prouver son renouveau.

Mon conte est terminé à moins que de le suivre, il ne vous ait trouvé et que sur les sentes encore enneigées, il ne vous attende dans la vallée du Galbe, sur les pentes de Madres ou encore au détour d'une Lladure qui s'égare déjà.

Plutôt que de surprendre, laisser vous donc aller à être la victime qui par la mort de l'homme retrouve enfin sa peau.

Sans juger ni médire, vous découvrirez que l'ours en vous est encore bien né. Si vous le pensiez sauvage, alors, avez vous deviné qui de lui ou de vous est le plus civilisé ?

G.

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