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Dissidences Pyrénéennes.

Dissidences Pyrénéennes.

Infos,patrimoine, politique locale, environnement,

Publié le par puyvalador-rieutort
Publié dans : #Fables

L' Anti "train train" de nos désirs...

Combien de trains passent sur les quais, tels des vaisseaux fantômes, survolant les voies ?

Combien qui ne sont pas et que l'on ne construit que par nos rêves, nos envies ?

Combien de ces trains que l'on ne prend pas ?

Combien de voyageurs leur préfèrent les rames bondées de la triste mais si rassurante utopie d'un quotidien malmené ?

Masses agglutinées, flot intarissable de l'absurdité, inertie d'un troupeau affolé qui se rue dans des compartiments étroits, aux fenêtres fermées sur un paysage qui défile trop vite...

Les rails qui imposent un chemin unique sont forgés de détermination et chaque gare n'est que résignation. Le seul terminus finit dans une impasse, un cul de basse fosse où sombrent les wagons de la terrible illusion.

Serrés dans leurs costumes, attachés à leurs ceintures qui les découpent mais les rassurent, les voyageurs de l'inutile bravent une nuit de choses futiles.

Chaque arrêt les étonne, chaque départ les surprend. Aussi lents quand le temps accélère, que pressés à se vomir lorsque vient l'étape d'une gare incertaine menant à un travail, à une étable soudaine...

Ceux de ces trains là ont loupé le seul train qui pouvait les conduire au delà des vallées, au delà des cités. Ce seul train bien réel et qui ne se révèle que parce qu'on le construit de ces envies de vivre autre chose que les mensonges d'un buffet froid, tel un hall de gare vide de toute espérance. Les distributeurs y sont toujours bien garnis, mais la monnaie manque souvent au moment de payer cette barre chocolatée, unique fourberie, qui nous sert de bâton et qui n'est que déni.

Bien que foule abêtie, ils sont seuls, égoïstes dans leur vie. Voyageurs trop prudents qui épuisent les horaires en destinations résignées, en quai de vie abandonnée...

Ce train qui n'existe que si on le réalise est bien vide de valises.

Peu s'y éternisent et chacun en descend là où il met un terme au voyage imprudent, à ce réel bonheur que de vivre ses rêves et laisser sur le quai l'absurde vérité.

Lorsque l'on a compris, peu importe la fin, tout est dans le trajet, car plutôt que mensonges, il est réalité.

Nomades solitaires, voyageurs imaginaires au pays du bonheur, toujours les mains tendues vers demain et le cœur ouvert à chaque montée. L'éternité est un leurre que vous savez déjouer d'un sourire moqueur. Rien ne vous résigne à attendre, à monter, à descendre et vous le faites pourtant lorsque le train disparaît dans un nuage blanc, ou sous un cocotier...

Un sourire d'enfant ou le mot doux d'une mère, d'une épouse, d'un frère ou d'un ami sont votre ticket gagnant à la grande loterie. Chaque fois que vous le voulez bien, vous êtes dans le train de la seule réalité, celle qui embellit la vie et accroche aux fenêtres des wagons les plus beaux paysages.

Cette seule réalité vaut tout le voyage. Elle tient lieu de bagage et ouvre vers demain les cieux au milieu des nuages.

Alors que sont ces riens de paroles futiles que débitent démagogiques et rhétoriques, de bien mauvais arbitres agitant leurs drapeaux pour donner le signal à tous ces trains trains de vie qui mènent au bourreau ?

Le voyage est ailleurs... Le bonheur est ici !

Si chacun aujourd'hui saisissait un instant la rame de la vie et celle de l'envie, plus de trains dans les gares, seulement le souffle d'un vent qui regonfle les voiles et balaye les papiers de quais abandonnés.

Devant la cheminée ronflante de plaisir, le dos tourné aux écrans fumigènes aux néons de la ville, à ces absurdités qui justifient le meurtre en seule destinée, nous serions des enfants souriants, qui font de cette envie de vivre l'éternel des talents.

Fini les stratégies de ces princes déchus se prenant pour des dieux, écrasant sous leur botte l'espérance et l'amour et qui de nos vies font une prison sans doute, bâtie sur le mensonge et sans plus une seule écoute.

Beau désordre rythmé aux marches des sifflets et rues enflées de toutes les rancunes, les cités interdites au sourire et aux fleurs enfin désertées s'ouvriraient au voyage immobile qui grandit en chacun, sans heure ni lendemain et qui fait une fleur épanouie au lieu de nos destins assombris par le deuil d'être déjà demain.

L'éternité insaisissable est dans l'instant qui s'enfuit, seul est au présent ce train de nos envies.

Reposez vos cartables d'étudiants obstinés et ouvrez donc la porte vers la réalité !

Laissez glisser les trains vers l'ennui de tunnels en cascades, résonnant d'un tumulte assourdissant que nul oiseau n'envie.

Redevenez sereins, alouettes ou pies qui volent au dessus des pigeons qui n'ont rien compris.

Ce train de nos bonheurs circule déjà en nous à toute heure du jour dont le soleil efface par l'amour véritable la trace de l'ennui.

Face au monstre glacé, au regard impassible, au sang froid et au sourire tordu par toute manigance, cultivez vos pensées et vivez l'espérance de ce que vos wagons demeurent plus légers que la plume qui vient de les tracer.

En voiture, voyageurs imprudents et vivez le voyage de l'aube au firmament jusqu'au delà des étoiles et des rails imbéciles. Ici, nul contrôleur que vous n'écrira le bonheur ou y fera un trou !

Souriez à la vie et vivez cette envie d'aimer, du passage d'un ange qui est réalité...

G.

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